Sea Watch : la puissance de la solidarité face à la lâcheté des Etats

À bord du Sea-Watch, il y a 42 migrants qui ont fui via la Libye. Depuis deux semaines, ils attendent, bloqué par les vedettes des garde-côtes italiens…

La capitaine allemande du navire humanitaire Sea-Watch a d’ores et déjà forcé, mercredi 26 juin, le blocus des eaux territoriales italiennes pour tenter de débarquer les migrants. Une initiative louable : « j’ai décidé d’entrer dans le port de Lampedusa. Je sais ce que je risque, mais les 42 naufragés à bord sont épuisés. Je les emmène en lieu sûr », a déclaré sur Twitter Carola Rackete, 31 ans, engageant ainsi un bras de fer avec le ministre populiste italien. « En 14 jours, aucune solution politique ou juridique n’a été possible, l’Europe nous a abandonnés », a ajouté Sea-Watch, l’ONG allemande dont le navire bat pavillon néerlandais.

L’initiative a échoué, et Mercredi soir, le ministre de l’Intérieur Mateo Salvini a répété que les migrants qui sont à bord ne sont pas autorisés à débarquer.

Ce que les dirigeants ont du mal à saisir, c’est que leurs administrés n’ont pas, comme eux, perdu leur humanité, et refusent leur politique scandaleuse de non-assistance à personnes en danger : à chaque maillon de la chaîne, on choisit la solidarité avec les migrants. Et cette chaîne de solidarité a une puissance inimaginable : celle de peuples qui s’unissent contre l’injustice.

Voici une traduction du message que les dockers de Gênes ont adressé au Sea Watch (si vous parlez l’italien, c’est par ici) : « En ce qui nous concerne, le Sea Watch 3 peut appareiller pour notre port, il sera le bienvenu pour nous. Nous pouvons bloquer les ports, mais aussi les ouvrir ». Le post a été publié sur la page Facebook du collectif autonome des dockers de Gênes cette nuit, quelques heures avant que le navire battant pavillon néerlandais, transportant 42 migrants, force le blocus au large de Lampedusa.

Le navire, écrivent les dockers, « devra trouver une solidarité concrète et active ainsi que toute la force dont les travailleurs et les anti-racistes seront capables. Nous ne sommes ni des héros ni des politiciens. Certains nous ont appelé des » fauteurs de troubles  » du port de Gênes, mais justement parce que nous sommes des travailleurs, nous ne pouvons nous reconnaître que dans les valeurs fondatrices du mouvement ouvrier: fraternité entre les êtres humains, solidarité internationale « .

Les « camalli » se rappellent que « ces dernières semaines, nous avons bloqué, et non pas par nous-mêmes, deux fois plus d’une entreprise spécialisée dans le trafic d’armes, tout comme nous étions dans la rue pour expliquer aux fascistes et à leurs protecteurs que ils ont aucun espoir. Nous approchons du plan Juin et Salvini 30 pour faire une autre visite à Gênes, nous ne pouvons que rappeler à tous, et d’abord à nous-mêmes, un autre bastion de la tradition de travail est la lutte. nous savons comment bloquer les ports, on peut le refaire « .

A Gênes, divers groupes de paix ont organisé une garnison de 19 h à minuit, solidaire avec un titre évocateur « et nous dormons sous la préfecture », pour rejoindre la manifestation du curé de la paroisse de Lampedusa qui exige le débarquement de migrants. Même la CGIL a annoncé son adhésion…

Publié par

Carol Galand

Journaliste free-lance, responsable d'une super asso (assoswane.com), colorieuse de trucs (carolalune.com), collectionneuse de sourires, maman poule fière comme un coq, acrobate mentale, superpositionniste de vêtements, court-circuiteuse de circuits, contradictionniste professionnelle, ravisseuse de robes de bal, amoureuse de feux d'artifices sans artifice, tiers de femme parfaite et autres curiosités.

4 réflexions au sujet de “Sea Watch : la puissance de la solidarité face à la lâcheté des Etats”

  1. Je viens de lire la BD documentaire « A bord de l’aquarius », publiée l’année passée… c’est poignant, et ça serre le coeur de savoir les difficultés traversées depuis par toutes ces associations

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  2. Les mots qu’on choisit sont importants. Pourquoi les médias parlent de migrant? Parce que ça fait peur et ça légitime aux yeux de certains le refus de les accueillir. Or ces gens ne sont pas des migrants (qui quitteraient leur pays pour venir travailler ou simplement vivre en Europe), ce sont des réfugiés (qui quittent un pays en guerre, où leur vie est directement en danger). Ne faite pas le jeu des médias et des politiques racistes de notre Europe. Utilisez les bons mots pour décrire les vraies situations.

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  3. Ces gens ne sont pas des migrants, ce sont des réfugiés. Ils quittent leur pays car ils sont en danger immédiat. Il est important d’utiliser les bons mots. En utilisant le mot migrant, vous faites le jeu des médias et des politiques racistes européennes. Si on utilisait le bon terme, réfugié à la place de migrant, peut être que les citoyens ouvriraient plus facilement leur bras pour sauver ces familles de la noyade et de la guerre, et on ne verrait pas des bateaux humanitaires attendre devant des ports fermés.

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  4. Les migrants ont quitté leurs pays parce que nous pillions leurs minerais leurs richesses ils se sont faits colonisés ..mis en esclavage par notre consommation abusive dévastatrice : vous voulez les aider : arreter de consommer .point barre .A chaque fois que nous commandns sur internet à Claque habit acheté made in Taïwan ..Roumanie….NOUS detruisons leurs pays pire on leur renvoi notre pollution nos poubelles. Nous sommes programmés pour acheter…changez cela et nous leur rendrons leur pays leur liberté .

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