Analysez vos produits ménagers… Et fabriquez les vôtres !

 

En 2016, 60 millions de Consommateurs, consacrait sa Une aux produits ménagers, et passait au crible la liste de leurs ingrédients. Mieux : pour nous aider à y voir plus clair, le magazine propose une application gratuite, qui permet de retrouver les composants de chacune des 77 références étudiées (les ingrédients arrivant en tête des listes étant incorporés en plus grandes quantités). 60 millions de Consommateurs y inscrit en rouge, pour chaque produit, les substances les plus problématiques. Ajax, Carolin, Pliz, mais aussi Ecover, Sanitol ou Saint-Marc : allez donc vérifier, en quelques clics, si le produit que vous achetez les yeux fermés est aussi inoffensif que vous le pensez ! Il ne se trouve pas dans les 77 produits étudiés ? Pas de problème : 60 millions de Consommateurs nous aide à trouver l’information, pour les marques les plus connues, grâce à une liste de liens téléchargeable dans cet article. Parfois, il est nécessaire d’entrer le code-barres (ou le code EAN) du produit pour accéder aux données. Il est même possible de poser la question directement au service consommateurs de la marque : 60 millions de Consommateurs fournit leur numéro de téléphone, et même leur adresse postale. Alors ne nous privons pas !

Tout est bon dans le fait maison

Les produits ménagers que vous utilisez sont néfastes pour la santé et l’environnement ? Ne vous inquiétez pas : vous avez l’embarras du choix pour faire vous-même un produit d’entretien efficace, zéro déchet, pollution minimum et petit budget ! Trois produits de base : du savon de Marseille, du vinaigre blanc (le voilà) et du bicarbonate de soude (et un peu d’huiles essentielles pour l’odeur et les vertus antibactériennes). De là, avec quelques ajouts selon les recettes (acide citrique, cristaux de soude, gros sel) il est possible de remplacer intégralement tous les produits ménagers de la maison des pastilles de lave-vaisselle au nettoyant multi-usage en passant par la lessive, le pschitt à vitre, le produit W.C, le liquide vaisselle…

S’il est tout de même déconseillé de se préparer un mojito à base de cristaux de soude et de vinaigre blanc, ces produits de base ont l’avantage d’être peu onéreux, les recettes utilisent de petites quantités de chaque ingrédient et, face à un Cillit Bang votre nettoyant aura toujours l’air d’un Saint en voie de canonisation. Les recettes maison ne manquent pas sur Internet, le mieux étant de les tester (le magazine Kaizen en propose quelques-unes très efficaces, de même que la Surfrider Foundation). Et si vous voulez apprendre, Mamie and Co propose des ateliers pour fabriquer ses propres produits ménagers. Allez, courrons chercher notre petit neveu en passe de devenir le futur prix Nobel de Chimie, et proposons lui un petit atelier-labo de DIY produits ménagers.

 

 

 

Produits ménagers : Mr. Propre a les mains sales, et il n’est pas le seul…

Benzisothiazolinone, glutaral, phénoxyéthanol… Non, ceci n’est pas le nécessaire pour peaufiner la panoplie du petit chimiste de votre neveu. Avec ces substances, certaines marques proposent de laver, récurer, venir à bout des tâches tenaces, désincruster le désincrustable et mater le gras sans tracas… et sans frotter. Et nous les utilisons trop souvent les yeux fermés, et sans compter : savez-vous que la quantité de déchets ménagers par personne a été multipliée par deux en 40 ans, et atteint désormais une moyenne de 450 kg par an (soit plus d’1 kg par jour) ? Puisque Mr. Propre a été le premier pioché à la grande loterie du produit ménager toxique, ce sera lui et son crâne plus brillant qu’un diamant qui seront les premiers visés.

Un matin qui sent le roussi

Le nom était pourtant séduisant, fraîcheur annoncée, encore un peu et le produit de Mr. Propre aurait été vendu comme plus pur que l’air pur. Oui mais voilà, dans le Mr. Propre « Fraîcheur du matin avec Febreze », un nettoyant multi-usage (à n’utiliser que le matin… ? Merci de nous dire à quel moment de la journée nous devons faire le ménage, au passage), quatre substances classées allergisantes dans la réglementation européenne (directive 76/768 / EEC) ont été détectées. La fraîcheur du matin commence à tourner au vinaigre (ce qui tombe bien ceci dit, nous le verrons plus bas). Le matin donc, Mr. Propre propose un réveil vivifiant à base d’HICC (hydroxyméthylpentylcyclohexènecarboxaldéhyde de son petit nom scientifique), de benzisothiazolinone et de glutaral, deux conservateurs également considérés comme allergisants. Allergisant, c’est-à-dire : irritant pour la peau mais également pour le système respiratoire qui inhale des effluves par voies aériennes.

Do you speak pattes de mouches ?

Pas jojo le grand chauve ? Mais il n’est pas le seul au rayon produits ménagers : Ajax, Ariel, Canard, Carolin, Cif, Cillit Bang, Destop, Febreze, Harpic, La Croix, Mir, Pliz, Saint-Marc, Sanytol et même… Rainett (on avait pourtant bien envie de lui faire confiance à cette grenouille !)… Alors évidemment, du côté des industriels tout ceci se justifie : comment créer un produit miracle qui détruit tout sur son passage si l’on n’y met pas un peu de produit corrosif dedans ? C’est là aussi que le bât blesse. La  législation impose aux fabricants certaines mentions sur les étiquettes concernant la composition des produits mais aussi leur mode d’emploi, dosage ou  précautions d’usage. Mais à moins d’une acuité visuelle hors du commun, ces étiquettes restent tout à fait illisibles. Evidemment, le petit logo tête de mort, la mention « produit hautement inflammable » et autres pictogrammes évocateurs nous mettent sur la piste : ne surtout pas acheter ce produit !

Tolérance zéro pour les produits chimiques

En 2016, le magazine 60 millions de Consommateurs, consacrait sa Une aux produits ménagers, suite à une étude pour le moins terrifiante. Adeline Trégouët, alors rédactrice en chef déléguée, y notait que : « Contrairement aux cosmétiques, les articles des rayons entretien et droguerie sont peu étudiés. La mention de leur composition sur l’emballage n’est pas obligatoire. » Kuf kuf kuf… vous toussez ? C’est sans doute Minidou Jardin de fraîcheur qui vient de laisser s’évaporer dans l’air ses six parfums et six conservateurs allergisants. Si les risques pour la santé sont avérés (brûlures de l’épiderme, réactions allergiques cutanées, affections des voies respiratoires, maux de tête, sécheresse conjonctivale…) certaines personnes sont même devenues totalement intolérantes à ces produits utilisés au quotidien. Les « multiple chemical sensitivity » ou « sensibilité multiple aux produits chimiques » (MCS) sont des personnes ultrasensibles au moindre produit chimique, et malheureusement, les occasions ne manquent pas, notamment en ce qui concerne l’hygiène de la maison.

A ce propos, on aimerait d’ailleurs beaucoup avoir des nouvelles de Marie-Pierre Casey qui, fut un temps sur nos écrans de télévision, se lançait avec fougue sur une table en bois tel un pingouin sur la banquise. Vous vous en souvenez sûrement, c’était une publicité pour la marque Pliz…

Canard versus poissons

Comme c’est le cas assez souvent, ce qui n’est pas bon pour l’humain ne l’est pas non plus pour la nature, ni pour Marie-Pierre Casey. Ainsi, les nombreux produits ménagers qui partent dans les canalisations sont extrêmement néfastes pour l’environnement. Pour exemple, l’acide chlorhydrique contenu dans le Canard WC (qui peut brûler la peau) est très toxique pour les poissons, coquillages, crustacés et la flore aquatique. Sans compter que tous ces produits, dans leur packaging rutilant en plastique, sont souvent  à usage unique. Le gaspillage est total. La boucle est bouclée, comme vous pourrez le constater avec cette magnifique infographie

Alors comment faire, nous direz-vous ? Ne vous en faites pas, c’est facile : il nous suffit de passer au crible nos produits ménagers pour analyser leur impact… et nous convaincre de fabriquer nous-mêmes nos recettes. Très simples à réaliser, tout aussi efficaces que les produits qu’on nous vend, nettement moins chères : aucun doute, c’est à notre portée ! Par ici le mode d’emploi !

 

Vous reprendrez bien une petite tasse de pesticides ?

L’heure du raffiné tea time deviendrait-elle une séance d’empoisonnement collectif ? Adulé par les Anglais, adoré par les Français (deux tiers de la population en consomme), le thé ne laisse malheureusement pas infuser que de douces fragrances de jasmin et d’orange. L’enquête menée par 60 millions de Consommateurs en novembre 2017 a de quoi nous laisser hébété devant notre mug fumant : certaines marques affichent jusqu’à 17 pesticides différents dans un seul sachet. Le thé risque d’avoir un goût… plutôt amer. Les thés les plus populaires sont les premiers touchés, avec en ligne de mire le bon vieux Lipton. Oui oui, celui-là même qui propose des thés glacés archi sucrés pour se « désaltérer » en été. Mais il n’est pas le seul.

Laisser infuser les pesticides

Sur les 26 thés testés (16 noirs, 10 verts) par  l’étude de 60 millions de consommateurs, un seul ne contenait pas de traces de pesticides. Et les thés bio n’étaient pas toujours mieux lotis que les autres. Neuf marques de thé sur 26 affichent des traces à peine quantifiables de pesticides, quatre marques présentent des résultats très insuffisants ils contiennent des traces de pesticides dépassant les limites réglementaires, ou affichent un nombre important de résidus de pesticides. Record : certains thés noirs Dammann Frères comptent jusqu’à 17 traces de pesticides différentes ! Et même si, comme le précise Benjamin Douriez, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, les quantités sont la plupart du temps inférieures aux limites autorisées, on se demande pourquoi il semble si difficile de faire du thé sans pesticide ?

Evidemment, ce n’est pas chez Lipton et les autres grandes marques du thé industriel que nous trouverons une réponse : sur le site de Lipton, on vante un engagement sincère pour l’environnement, des thés bien-être… Une petite infusion de greenwashing saveur vanille. Mais n’ébouillantons pas Lipton plus qu’il ne le faut ; certains thés du très sélect Palais des Thés ne valent pas beaucoup mieux… De fait, pour garder leur saveur, les feuilles de thé ne sont nettoyées ni au cours de leurs récoltes, ni lors de leurs préparations. Or seule une petite quantité de thés provient de plantations jouissant d’un savoir ancestral et de pratiques équitables. La demande en thé ayant bondi ces dernières années, on produit beaucoup et pour éloigner les oiseaux, les maladies et bactéries d’un coup d’un seul… Et on traite avec des produits chimiques qui viennent troubler l’eau de notre moment plaisir.

Pas de quoi tuer un espion russe

Alors, tout en sirotant votre infusion caramel des bois, vous vous direz peut-être qu’il n’y a quand même pas de quoi s’affoler, que c’est n’est pas non plus l’affaire Litvinenko (l’ancien lieutenant- colonel des services de renseignement soviétique passé à l’ouest, empoisonné au polonium 210 distillé dans son british tea). Mais dans ces sachets de thé infusent aussi insidieusement d’autres petits produits dans lesquels une madeleine refuserait de se plonger !

Les analyses menées par 60 Millions de Consommateurs ont ainsi relevé des traces de métaux toxiques tels que l’arsenic et le mercure. De même, le magazine a alerté sur la présence dans certains thés d’alcaloïdes, une molécule toxique et cancérigène que l’on trouve naturellement dans certaines herbes sauvages. « Lors de la récolte, si le thé est mal trié, des mauvaises herbes peuvent rester parmi les feuilles et secréter ces substances alcalogènes qui sont cancérigènes pour l’homme », expliquait ainsi Patricia Chairopoulos, journaliste à 60 Millions de Consommateurs. Et de poursuivre : « Le problème que nous dénonçons, c’est qu’il n’y a pas d’encadrement réglementaire pour ces alcaloïdes, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de valeur limite ». La marque Kusmi Tea s’était déjà faite épinglée en janvier 2017 pour la présence d’alcaloïde dans ses infusions à la camomille, et s’était vue dans l’obligation de retirer ce produit du marché.

Si l’on ajoute à cela le traitement des sachets du thé et le packaging, le thé perd tout à coup une bonne part de son aura de bien-être et de santé. Néanmoins, ses bienfaits sont nombreux… D’ailleurs, du côté des polyphénols, connus pour leurs propriétés antioxydantes, les résultats de l’étude de 60 millions de consommateurs sont satisfaisants. En moyenne, 40% des polyphénols contenus dans les thés noirs se retrouvent dans l’eau après infusion, 50% pour les thés verts. Pour en profiter pleinement, les spécialistes conseillent de varier les plaisirs, et de privilégier le thé en vrac plutôt qu’en sachet.

Voici la liste des thés soumis à l’étude de 60 millions de consommateur (et oui, Lipton sait aussi faire du thé sans pesticide !) :

27 thés avec pesticides à fortes doses et plomb (contenant du fenvalérate au-delà de la valeur limite autorisée (0,05 mg/kg- par la réglementation européenne)
Albert Ménès : Chinese dinner au jasmin, Asamiya Sencha : Thé vert, Auchan : Thé vert de Chine, Camel : Spécial Gunpowder, Cereal : Lucha de Zhejiang, Dayang : Fei Tian véritable Yunnan, Destination saveurs : Spécial Gunpowder, Emami : Spécial Gunpowder, Fauchon : Japon natural leaf, Fine Tonic : Yunnan Tou thé La minceur, Hédiard : Thé vert de Chine, Hong Lien : Thé vert au jasmin, Juvaflorine : Gunpowder, Shii-ta-ké, La tisanière : Thé vert, Le savoir des saveurs (U) : Long Jing, Les jardins de Gaïa : Ying Gou, Mariage Frères : 424 Japon Fuji Yama, Pagès (Neture et Jardin) : Spécial Gunpowder, Taille de guêpe : Tuocha supérieur, Temple du ciel : Spécial Gunpowder, Thés de la pagode : Grand cru, Tian Ran Mei : thé de Chine spécial minceur, Tuocha Distriborg : Tuocha nid, Tuocha Distriborg : Yunnan Tuocha, Twinings of London : Jade, Twinings of London : Yunnan Impérial, Yunnan Tea : Pu Erh T700

6 thés à éviter (contenant du DDT au-delà de la valeur limite autorisée (0,2 mg/kg) par la réglementation française)
Fujian tea : 2066 au jasmin
Jian Fei Cha : Thé vert
Leader Price : Gunpowder
Sun Flower : 1030 au jasmin
Tuocha Distriborg : Chongqing tuo tea
Twinings of London : oriental Jasmine

11 thés un peu limite (contenant des résidus de pesticides mais sans dépasser les limites réglementaires)
Daïgo : sencha
Fauchon : Gunpowder
La route des comptoirs : Sencha Yamato bio
Leader Price : Abeille d’Or Tuocha
Les jardins de Gaïa : Gunpowder bio
Lima : Kukicha bio
Mariages Frères : 2226 Montagne Kong Ming
Palais des thés : Lotus sacré
Qi : Thé vert bio
Salus : Thé vert

16 thés sans reproches (sans résidus de pesticides et à teneur très faible en métaux lourds)
Bjorg : Thé vert bio
Floressance (Vital) : Yunnan
Guayapi : Thé vert bio
La route des comptoirs : bio au jasmin
La vie claire : Jardin Koya bio
Les jardins de Gaïa : Yunnan bio
Lord Nelson (Lidl) : Thé vert
Naturland Artisans du monde : Darjeeling bio
Plantasia : Sérénité bio au jasmin
Romon nature : Thé vert
Tchaé Lipton : au jasmin
Tchaé Lipton : Gunpowder
Tchaé Lipton : Orient
Tetley : Thé ver
Twinings of London : Jade
Vitathera : Thé vert bio.