Starbucks abuse du plastique et ne paie pas sa juste part d’impôts ? Nous ne boirons plus son café !

Avec près de 28 000 enseignes dans plus de 75 pays et 350 000 employés, Starbucks véhicule un discours de « responsabilité sociale ». Pourtant, il y a quelques mois, Luc Hermann et Gilles Bovon nous apprenaient dans leur documentaire Starbucks sans filtre que Starbucks, c’est un café à l’éthique contestable, une armada de bas salaires, une politique tarifaire peu transparente et une politique fiscale plus que discutable.

La recette de Starbucks ? Du café au greenwashing

Starbucks a banni les pailles à grands renforts de communication ? Génial. Cela ne compensera pas les 4 milliards de gobelets produits chaque année par la chaîne, qui partent à la poubelle une fois votre café avalé. L’entreprise a reconnu officiellement en 2008 qu’ils étaient à usage unique, à cause de la fine couche de plastique recouvrant leur surface intérieure, les rendant impossible à recycler. « Plus d’un million d’arbres sont coupés chaque année pour produire ces gobelets qui partent à la poubelle », explique Todd Paglia de l’ONG Stand.earth, dans les colonnes du magnifique magazine Usbek & Rica L’ONG rappelle l’entreprise à l’ordre depuis des années, en vain. Starbucks n’a toujours pas trouvé comment changer la fabrication de ses gobelets, alors que les solutions techniques existent…. Pour une marque qui présente ses produits comme étant à 99% issus du commerce équitable, c’est limite.

La formule magique de Starbucks ? Gonfler artificiellement ses pertes

Saviez-vous que Starbucks, qui a généré un chiffre d’affaires mondial de 19 milliards de dollars en 2015, ne paye aucun impôt sur les bénéfices au fisc hexagonal depuis son installation en France en 2004 ? Son secret : une niche fiscale qui permet, dans le calcul de l’impôt sur les bénéfices, de déduire les pertes enregistrées les années précédentes. Dans le jargon des fiscalistes, on appelle cela des « déficits fiscaux reportables ». En septembre 2017, ces déficits fiscaux reportables s’élevaient à 51,9 millions d’euros, correspondant aux pertes cumulées enregistrées en France depuis l’origine. Starbucks aurait-elle des difficultés en France ? Le PDG Howard Schultz lui-même nous dit que non : dès 2011, il déclarait que les activités françaises étaient devenues bénéficiaires… La réponse est donc à trouver ailleurs : en fait, le Groupe gonfle artificiellement ses pertes de façon à ne pas déclarer de bénéfices, et à ne pas payer d’impôt sur les bénéfices. C’est ce qu’a dit le fisc français, qui juge fictives la quasi-totalité des pertes déclarées, et donc des déficits fiscaux reportables. Par exemple, à fin 2008, les déficits fiscaux reportables s’élevaient à 24,7 millions d’euros, mais le fisc en conteste 23,8 millions d’euros. La filiale a décidé d’en payer une partie, mais de contester la totalité du redressement. Le Fisc, qui avait déjà notifié à la filiale française un redressement portant sur les années 2004 à 2013, a réitéré en lançant un autre contrôle pour les années 2015 à 2017…

L’ingrédient secret de Starbucks ? Le plombage de comptes

Le groupe américain, adepte de l’optimisation fiscale, a donc élaboré un circuit complexe pour échapper à l’impôt, et fait tout pour dégrader sa rentabilité en France et bénéficier ainsi des faveurs de la loi française.
La chaîne oblige ainsi son antenne française à payer des royalties sur « la marque, le logo, les recettes de cuisine, l’agencement des magasins », souligne BFM Business. 5,7 millions d’euros en 2015. Reste ensuite à transférer cette somme aux Pays-Bas, pays à la fiscalité avantageuse : les royalties sont versées à une société néerlandaise, Starbucks Coffee EMEA BV, qui paie elle aussi des revenus à d’autres sociétés. En fin de course, les royalties sont perçues par une société américaine, Starbucks Coffee International Inc. Ces transactions entre sociétés d’un même groupe ont un nom : le prix de transfert. « Ces transactions de l’entreprise A vers l’entreprise B ont pour conséquence de réduire le résultat de la première, expliquait l’économiste Xavier Timbeau aux Inrocks en 2013. Mais tous ces mécanismes sont légaux. »

L’assaisonnement proposé par les citoyens ? Le boycott de Starbucks !

L’équation est simple. Nous sommes en 2019, tous les voyants du climat sont au rouge, le recyclage des déchets plastiques se trouve en plein chaos depuis que la Chine a banni leur importation, on nous regarde de travers si on ne trie pas nos pots de yaourts, les pouvoirs publics ponctionnent nos impôts à la source et nous annoncent qu’ils n’ont pas les moyens de financer une transition énergétique digne de ce nom.
Et pendant ce temps, les grands groupes s’octroient la permission de jouer avec la fiscalité pour ne pas respecter les mêmes règles du jeu que nous, et continuent à produire du plastique à tort et à travers…

Parce que les multinationales doivent se préoccuper, comme nous, de l’avenir des générations futures, nous attendons d’elles qu’elles acceptent de réduire, à la marge, leurs bénéfices, pour payer leur juste part d’impôts et participer, à leur niveau, à une transition énergétique qui n’a que trop attendu.

Dès lors, et compte tenu de l’état de la planète, nous engageons à ne plus nous rendre chez Starbucks. Et puisque, malheureusement, ces articles sont presque exclusivement lus par un public d’ores et déjà sensibilisé, qui n’a probablement jamais mis un pied chez Starbucks ou presque, fixons-nous pour objectif d’informer nos proches, et les consommateurs réguliers de la chaîne, de la nécessité de boycotter un groupe qui joue avec la loi pour éviter de payer sa juste part d’impôts.

Vous n’allez plus chez Starbucks ? Faites-le savoir en affichant votre boycott !

Vous voulez entrer en résistance contre le plastique ? Participez à notre mobilisation citoyenne historique contre le plastique : rejoignez les milliers de citoyens qui se sont inscrits pour participer, à leur niveau, à notre combat contre le plastique !

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Vous suivez le Boycott Citoyen ? Vous avez initié des changements dans vos modes de consommation grâce aux alternatives proposées ? N’hésitez pas à soutenir nos actions sur Tipeee !

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Nous pouvons faire plier McDonald’s

Vous n’avez pas mis un pied chez McDonald’s depuis des années ? Pourtant, 706 clients se rendent dans un McDo chaque seconde dans le monde, soit 22 milliards de clients par an dans 118 pays ! En France, les McDo accueillent plus de 1,2 millions de clients par jour, soit 440 millions par an (cliquez sur le lien, vous verrez, ça augmente à une vitesse vertigineuse)… Si l’on a parfois du mal à comprendre l’engouement du public pour la marque de fast food planétaire, on n’a en revanche aucun mal à lister 7 raisons pour lesquelles elle devrait revoir sa copie.

1. McDonald’s prend la planète pour une poubelle

McDonald’s, l’une des principales chaînes de restauration dans le monde et même le premier distributeur de jouets à travers ses menus enfants, a  été épinglé par l’association Zero Waste France pour son modèle du tout jetable : 2,8 tonnes d’emballages jetables sont utilisés chaque minute dans le monde, 1 kilogramme par seconde rien qu’en France.

80 millions de boîtes Happy Meal sont vendues chaque année dans l’Hexagone. Et seulement un quart des déchets produits dans les Mc Do français sont recyclés…

Les emballages représentent le deuxième poste d’émissions de gaz à effet de serre du groupe. Certes, McDonald’s évite au maximum les emballages plastiques : 90 % de ses emballages sont en papier et en carton. Le souci ? Ils sont beaucoup trop nombreux ! Chez McDo, tout est emballé, du burger à la salade en passant par le muffin et le coca… Et tout finit à la poubelle : sur le tri et la valorisation, la politique de McDonald’s est à « géographie variable« . Dans certains pays, le taux de recyclage atteint plus de 90 %, mais en France il n’est qu’à 25%.  Les ordures issues des magasins de la chaîne de restauration, fondée sur le principe de l’usage unique, seraient même en augmentation: d’environ 20% entre 2013 et 2015 en France, deuxième marché mondial de l’enseigne en termes de chiffre d’affaires, juste derrière les Etats-Unis.

Pour exiger de McDo qu’il respecte le décret du 10 mars 2016, stipulant qu’il est obligatoire pour les entreprises, notamment celles de restauration rapide, de trier le papier, le carton, le métal, le plastique, le verre et le bois, vous pouvez signer cette pétition en ligne : plus de 100.000 personnes l’ont déjà signée.

2. McDonald’s fait ce qu’il veut

Le saviez-vous ? La mairie de Dolus-d’Oléron a été condamnée à 105 000 euros d’astreintes à McDonald’s. Son délit ? Avoir cherché à défendre le territoire préservé de sa commune, entre mer et marais. Pendant des années, il a résisté au géant américain, et a refusé trois permis de construire… Avant de se faire tancer. Autrement dit, les collectivités locales n’ont en aucun cas le pouvoir de dire « non » à la multinationale.

3. L’huile de palme utilisée par McDonald’s participe à la déforestation illégale de l’Indonésie

L’huile de palme utilisée par McDonald’s est l’un des principaux facteurs de la déforestation en Indonésie. 332 hectares de forêts sont ainsi partis en fumée sur l’île de Sumatra : la superficie couverte par les forêts est passée de 240 hectares en juin 2016 à seulement 88 hectares en avril 2017. Cette déforestation intervient en dépit d’un moratoire national, datant d’avril 2016, interdisant la plantation de palmiers à huile dans cette région, qui abrite des espèces menacées d’extinction telles que le tigre de Sumatra, les Orangs-Outans, les rhinocéros ou les éléphants. « Les marques visées ont promis publiquement que l’huile de palme qu’ils achètent et vendent ne contribue pas à la déforestationElles ont tendance à se cacher derrière la complexité de leur chaîne d’approvisionnement, mais c’est une question de priorités. Quoi de plus important pour eux, les bénéfices ou la planète ? » a déclaré Gemma Tillack, directrice de la campagne agroalimentaire pour Rainforest Action Network, qui a mené l’étude.

4. L’élevage bovin de McDonald’s détruit la forêt sud-américaine

En France, les consommateurs sont exigeants concernant la provenance des produits, et McDonald’s fait des efforts pour s’approvisionner localement :  la moitié de la viande de boeuf, et les deux tiers de la viande de poulet, sont issus d’élevages français, comme 70 % des ingrédients de ses menus. C’est un bon début… Mais cela s’arrête là : selon l’ONG Mighty Earth, une bonne partie du soja qui nourrit les animaux d’élevage français est importé. Du Brésil surtout, mais aussi d’Argentine et du Paraguay, où la production industrielle de soja OGM est directement liée à la déforestation. Delphine Smagghe, vice-présidente Achats, Qualité, Logistique, Développement durable et Communication de McDonald’s France explique à RFI : « pour l’alimentation de nos poulets, notre charte impose depuis 2006 un soja non-OGM et non issu de la déforestation ». La situation est en revanche différente pour la filière bovine. « Nous sommes représentatifs de l’élevage français ». Le soja est donc importé et OGM. Le service presse du groupe a beau arguer que l’origine de ce soja serait uniquement d’origine brésilienne, c’est impossible à prouver : travaillant avec des myriades de sous-traitants travaillant eux-même avec des ribambelles d’autres sous-traitants, il est impossible pour les multinationales de savoir exactement où et comment sont produits les grains de soja qu’elles exportent… La solution ? Dans le doute, s’abstenir : de toute façon, leurs menus basés sur la viande sont passés de mode, à un moment où chacun de nous doit diminuer drastiquement, sinon, cesser sa consommation de viande

5. McDonald’s ne respecte pas la santé de ses clients

Les produits McDo, même s’ils proviennent de France, sont ultra-transformés et peuvent contenir des substances nocives pour la santé. Les frites McDo contiennent par exemple des pommes de terre et… 17 additifs alimentaires. Quant à l’emblématique Big Mac, il contient 13 additifs dangereux, en plus d’être une petite bombe calorique et environnementale (correspondant à 2.400 litres d’eau, selon Consoglobe)

6. McDonald’s joue avec la loi et ne respecte pas ses salariés

McDonald’s est régulièrement pointé du doigt pour ses pratiques fiscales et sociales.
De fait, le groupe pratique l’optimisation fiscale. Ce n’est pas illégal, mais ça consiste tout de même à utiliser les failles du système fiscal, de manière légale, pour réduire le montant de l’imposition. Ce système d’optimisation fiscale porte directement préjudice aux employés des franchises McDonald’s, comme l’explique Maître Pecoraro pour i-boycott : « les plus grands fraudeurs sont aussi ceux qui payent le moins les salariés, donc ces mêmes salariés vont avoir recours plus que les autres aux aides publiques ». De plus, l’enseigne McDonald’s profite déjà de certaines aides françaises, d’après le ReAct et la CGT : « McDonald’s touche un crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) – l’équivalent de 0,7% de son chiffre d’affaires en 2013 pour « création d’emploi » alors même que le groupe connaît un turn-over de près de 60%. »… Si bien que McDonald’s et ses « flexi-jobs » sont dans le viseur des eurodéputés.

7. McDonald’s fait beaucoup de promesses… et ne les tient pas toujours

Actuellement, la production bovine, l’utilisation et l’approvisionnement énergétique des restaurants, l’emballage et les déchets représentent près de 64 % des émissions de gaz à effet de serre de l’entreprise. McDonald’s a annoncé publiquement vouloir réduire de 36 % les émissions de gaz à effet de serre dans ses restaurants dans le monde, et de 31 % dans toute sa chaîne d’approvisionnement d’ici à 2030. Leur réduction va passer notamment par un éclairage led dans tous les restaurants, la conception d’un emballage « durable », le recyclage des déchets« Nous encouragerons les énergies renouvelables et les utiliserons d’une manière efficace. Mais aussi, nous réduirons les déchets et augmenterons le recyclage », explique Steve Easterbrook, président directeur de McDonald’s…. Mais parler au futur, c’est un exercice facile. Tenez, regardez : « nous allons régler le problème du réchauffement climatique dans les deux ans ». Voilà, c’est du futur, du presque conditionnel, ça n’engage à rien.

McDonald’s France « ne rend publiques que des informations extrêmement parcellaires sur les résultats de sa politique de gestion des déchets », selon l’ONG Zero Waste France

L’ONG appelle à davantage de transparence, notamment concernant les quantités totales de déchets produits et le nombre de restaurants ayant mis en place le tri…

Nous avons le pouvoir de faire changer ces pratiques

Cela vous a convaincu d’arrêter de donner votre argent durement gagné à la marque ? Vous voulez passer à l’action ? Du 24 mai au 2 juin, Le Boycott Citoyen, Plastic Attack France, Zero Waste France, SurfRider Foundation, United4earth, Youth for Climate, Les Désobéissants, Il est Encore Temps, Cleanwalker, Désobéissance Ecolo, Citoyens pour le Climat et Je Suis le Climat vous proposent de lancer ensemble ce que les Etats ne se décident pas à imposer, et ce que les multinationales se refusent à faire : une guerre totale contre le plastique. Et chacun peut y participer à son niveau en choisissant sa mission !

NB : ce qui est vrai pour McDonald’s l’est aussi pour nombre de chaînes de fast-food : boycotter McDonald’s, c’est bien, changer sa façon de s’alimenter, c’est encore mieux. Alors si vous avez une furieuse envie de burger… Faites-en vous-mêmes, c’est tellement meilleur !

Coca-Cola produit 200.000 bouteilles en plastique par minute ? N’en achetons plus une seule !

La marque est une légende. Omniprésente sur tous les continents, répondant à l’appel dans toutes les épiceries de tous les villages de tous les pays. Elle est l’image même de la puissance et de la prospérité et a toujours veillé à porter haut et fort des valeurs très sympathiques, telles que la liberté, la coolitude et le fun. Première de la classe des entreprises florissantes, l’entreprise n’en est pas moins le pire cancre que l’école n’ait jamais vu passer… Voici 5 raisons pour lesquelles nous souhaiterions que Coca-Cola revoit sérieusement sa copie.

1/ Coca-Cola est un fanatique de plastique
Chaque seconde dans le monde, nous produisons 10 tonnes de plastique, et toutes les 2 secondes, 1 tonne finit dans les océans. Or Coca-Cola a lui seul produit 3 millions de tonnes de bouteilles plastique par an. En s’appuyant sur ce chiffre mesuré en 2017, le Guardian estime que cela représente 180 milliards de bouteilles en plastique chaque année soit 200.000 par minute et plus d’un cinquième de la production mondiale. Parallèlement, la proportion de bouteilles recyclées ne cesse de baisser, de 63 % en 2013 à 59 % en 2015… En dix ans, la proportion d’emballages jetables aurait progressé de 12 %.

Alors que le Boycott Citoyen vient de lancer une mobilisation citoyenne historique contre le plastique, Coca-Cola, par la quantité de bouteilles en plastique à usage unique qu’elle produit, constitue notre cible numéro 1.
Signez et partagez notre pétition, qui exige de Coca-Cola qu’elle revienne à un système de bouteilles en verre consignées.

2/ Coca-Cola cultive le mensonge
La marque met en avant la possibilité d’un recyclage à l’infini du plastique ? C’est impossible, dans la mesure où la qualité du plastique se dégrade au fil du processus de recyclage… Il en faut donc toujours plus pour produire la matière finale. Finalement, l’intérêt de Coca-Cola serait d’encourager la consommation pour disposer de plus de plastique recyclé. Belle feinte.
Evidemment, la marque se targue, sans rougir, d’avoir une vraie volonté de réduction des déchets. Mais alors que son objectif était d’intégrer 25 % de plastique recyclé dans ses bouteilles en 2015, le compteur n’est qu’à 7 % en 2018. Grâce à la fuite de courriers internes de Coca-Cola, nous savons désormais qu’en 2016, l’entreprise comptait parmi ses priorités le fait de se battre contre toutes les réglementations qui pourraient être mises en place en Europe pour augmenter le taux de collecte et de recyclage. Coca-Cola avait également pour but de se dresser contre toutes les propositions de systèmes de consigne…  Merci Coca !

3/ Coca-Cola pille les ressources en eau des populations
La consommation annuelle d’eau de Coca-Cola est estimée à plus de 300 milliards de litres tous continents confondus. Vous voulez voir en temps réel ? Allez donc faire un petit tour sur ConsoGlobe, attention ça pique les yeux… La fabrication d’un litre de Coca-Cola nécessite six litres d’eau, et 6 litres d’eau, ce n’est pas rien dans certains pays. Un exemple ? Selon Reporterre, le Mexique compte 119 millions d’habitants… dont 12 millions n’ont pas d’accès à l’eau potable (dans le même temps, et c’est notable, le Mexique est le premier consommateur au monde de Coca-Cola, avec l’équivalent de 728 bouteilles de 25 cl par an et par habitant, contre 406 pour les Etats-Unis ou 149 pour la France). Dans ce pays, la compagnie pompe plus de 100 millions de litres d’eau chaque année. Plusieurs associations ont dénoncé la catastrophe environnementale et humaine que représente l’usine. En Inde, mêmes problématiques d’eau, mêmes combats de la population, même stratégie de Coca-Cola : là-bas, c’est 1,5 millions de litres d’eau que la firme pompait chaque jour dans le Kerala, jusqu’à ce que le chef du gouvernement du Kerala ordonne la fermeture de l’usine d’embouteillage sur son sol après une mobilisation massive des citoyens. L’argument de Coca-Cola ? « Grâce à une utilisation plus efficace de l’eau dans ses usines et à la restitution des eaux usées – une fois traitées – vers les bassins hydrologiques et les municipalités, Coca-Cola est en mesure de renouveler un volume d’eau équivalent à celui qu’elle utilise dans ses boissons et leur production. » Autrement dit, Coca-Cola estime que rejeter des eaux usées préalablement traitées compense l’utilisation de l’eau pure des nappes phréatiques minéralisée naturellement.

4/ Coca-Cola est une aberration pour notre corps
Soyons honnêtes : une boisson capable de décaper la carrosserie de nos voitures ne peut pas être un cadeau pour nos corps… Une canette de 33 cl de Coca-Cola contient 35 grammes de sucre (soit 7 morceaux). Autant dire que si vous vous privez de votre demi-sucre au café, vous devriez changer de stratégie. Vous buvez du Coca zéro ? Contenu dans les gammes light des sodas, l’aspartame serait, selon plusieurs études récentes, nocive pour la santé.

5/ Coca-Cola a le choix
Coca-Cola est riche… Très riche : 38 milliards d’euros de chiffre d’affaire annuel. Autrement dit, elle peut faire un effort, en se résignant à perdre une partie infime de son chiffres d’affaires pour remettre en place un système de bouteilles en verre consignées, et ainsi contribuer à la sauvegarde de notre environnement pour préserver le vivant et le bien-être des générations futures. Elle ne veut pas ? Arrêtons de boire du Coca-Cola. Clairement, nous n’en mourrons pas. Nous nous en porterons même mieux, à vrai dire. Et si nous sommes suffisamment nombreux, très nombreux, exceptionnellement nombreux, outrageusement nombreux… Coca-Cola sera bien obligée de prendre quelques-uns de ses milliards d’euros durement gagnés pour mettre son département R&D sur une stratégie un peu plus respectueuse de la nature et du vivant.

Vous voulez signer la campagne i-boycott pour inciter Coca-Cola à revoir ses pratiques ? C’est par ici !

Accros au Coca ? Il existe des alternatives par ici, et une recette par là !

Vous voulez boycotter intégralement la Coca-Cola Company ? Voici la liste de ses marques qui participent aux pillages des ressources naturelles en eau de la planète :

  • Finley – Limonade
  • Coca-Cola – et tous ses dérivés
  • Fanta – et tous ses dérivés
  • Capri Sun
  • Powerade
  • Minute Maid
  • Hawaï Tropical
  • Ocean Spray
  • Nestea – thé glacé (en partenariat avec Nestlé)
  • Sprite – et tous ses dérivés
  • Monster Energy
  • Burn – Boisson énergisante
  • NALU Energizer – boisson énergisante
  • Chaudfontaine – Eau thermale

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Exploitation des enfants, déforestation… à Pâques, pas de label, pas de chocolat !

Après Noël, les soldes, la Saint Valentin, c’est parti pour une nouvelle fête de la surconsommation et de l’excès : Pâques ! Son week-end de trois jours, ses repas riches en famille… Et surtout ses chocolats à outrance !

Bon, entendons-nous bien, il n’est pas question de se priver de chocolat cette année. On en croquera bien quelques uns.
Sauf que.

PS : MERCI à Idécologie pour leurs géniales petites infographies, qui nous permettent d’illustrer et de compléter notre article avec quelques chiffres pertinents ! 

La déforestation fait mal au ventre

L’amère déforestation du chocolat  : c’est le nom de l’enquête menée en 2017 par l’ONG Mighty Earth, et qui pourrait bien vous donner une indigestion avant même d’avoir croqué dans le moindre chocolat de Pâques. Selon l’ONG, une quantité importante du cacao avec lequel Mars, Nestlé, Hershey, Godiva et d’autres grandes marques fabriquent leur chocolat est cultivée illégalement en Côte d’Ivoire et au Ghana, les plus grands producteurs de cacao au monde. Plusieurs parcs nationaux et aires protégées ont ainsi vu 90 % de leur surface, voire davantage, convertie en cultures de cacao. En Côte d’Ivoire, la déforestation a chassé les chimpanzés qui vivent aujourd’hui dans des petites poches de forêts, et a contribué à réduire drastiquement la population d’éléphants à quelques centaines de spécimens, quand le pays pouvait s’enorgueillir jadis d’en compter plusieurs dizaines de milliers.

Trois sociétés, Cargill, Olam et Barry Callebaut, contrôlent à elles seules près de la moitié du marché mondial du cacao. L’enquête de Mighty Earth a remonté la filière du cacao, des cultivateurs installés dans les parcs nationaux aux intermédiaires et jusqu’aux négociants qui vendent ensuite ce cacao en Europe et aux États-Unis, là où les grandes sociétés de chocolaterie le transforment en tablettes, barres, pâtes à tartiner et en-cas. « Le degré d’implication de marques célèbres de chocolat comme Mars dans la destruction des parcs nationaux et des aires protégées est choquant », a déclaré Etelle Higonnet, Directrice juridique et Directrice de campagne pour Mighty Earth. 

Idécologie Infographie cacao 1- La planète

Conséquences de la production de cacao en masse sur la planète, Idécologie.

L’exploitation des travailleurs fait mal au coeur

« L’industrie du cacao poursuit son exploitation des forêts et des communautés d’Afrique de l’Ouest pour un cacao vendu pour une bouchée de pain », a déclaré Sindou BAMBA, Coordinateur général de Regroupement des acteurs ivoiriens des droits humains (RAIDH). « Mais ce cacao bon marché coûte en revanche fort cher à la Côte d’Ivoire en matière de déforestation et d’abus des droits humains. Il est grand temps que ce secteur achète le cacao à un prix décent aux agriculteurs et qu’il mette en œuvre des pratiques de production durables afin d’assurer la résilience des écosystèmes locaux. » De fait, les cultivateurs de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana gagnent en moyenne moins de 0,82 $ par jour et travaillent dans des conditions dangereuses. Par ailleurs, le travail des enfants reste encore une pratique courante pour ce secteur, malgré les promesses de nombreux chocolatiers d’éliminer cette pratique. Selon Le Forum International des Droits du Travail, plus de 500 000 enfants travaillaient encore dans des plantations d’Afrique de l’Ouest en 2015, au détriment de leur éducation et de leur santé. Ils seraient encore aujourd’hui au moins 250 000 (CF infographie ci-dessous). 

Idécologie Infographie cacao 2

Conséquences de la production de cacao en masse sur les humains, Idécologie.

Notre remède : le boycott citoyen

La plupart des entreprises chocolatières ont lancé ces dernières années des programmes de développement durable, avec un accent important sur l’augmentation de la productivité de la culture du cacao. Mais selon l’ONG Oxfam, la chute des prix du cacao leur a permis d’augmenter leurs profits d’environ 4,7 milliards de dollars (le prix du chocolat à la consommation restant pratiquement inchangé). En 2017, il s’est avéré qu’aucun des nombreux programmes de développement durable ne pourrait avoir un impact sans que ne soit fixé un prix stable, garantissant un revenu décent aux petits producteurs et productrices.

Dans l’attente, l’enquête de Mighty Earth conclut que Mars, Hershey, Mondelēz et Ferrero font partie des poids lourds du chocolat qui achètent du cacao cultivé illégalement sur des aires protégées. Et c’est la raison pour laquelle nous, boycotteurs et boycotteuses citoyennes, nous engageons à ne plus acheter de chocolat appartenant à ces marques.

Mais pas de panique : boycotter ces marques ne reviendra pas à nous priver de chocolats ! Les alternatives responsables se trouvent par ici 😉

Ouf, il existe des chocolats qui ne font mal ni à la planète, ni aux travailleurs (à notre ventre, c’est une autre histoire)

En France, on adore le chocolat. Plus précisément, on l’engloutit : 405.000 tonnes de chocolat ont été consommées par les Français en 2015, soit environ plus de 12 kilos par seconde. La France est le 7ème pays consommateur de la fève de cacao en Europe avec 6,7 kg par an et par habitant, et il y a dans notre pays 97 % de gourmands qui consomment du chocolat au moins… une fois par semaine ! Mais le meilleur moment pour déguster du chocolat, ça reste sans aucun doute Pâques…

Idécologie Infographie cacao 1 - Les français

Alors, on se demande, quand même : savourer des chocolats à Pâques sans gâcher la fête, c’est possible ? Du cacao qui ne provient pas de la déforestation et de l’exploitation des hommes et des enfants, c’est de l’ordre de l’envisageable ? Rangez vos mouchoirs, la réponse est oui ! L’ONG Green America a réalisé en 2018 un classement des marques de chocolat les plus vertueuses et celles à éviter. Evidemment, la plupart sont américaines, mais on peut retenir dans le top du top la marque équitable Alter Eco (on s’en doutait, les moins bien classées sont les marques Ferrero et Godiva).

De fait, pour acheter du chocolat en étant certain de ne pas contribuer au travail des enfants, le mieux reste de choisir du chocolat labellisé. Aujourd’hui, le principal label qui garantisse des conditions de travail décentes et le respect de l’environnement est le label de commerce équitable Max Havelaar. Les garanties ? Un juste prix pour les producteurs, et le respect des droits humains, notamment des enfants. Certaines marques se sont spécialisées dans le commerce équitable, comme Puerto CacaoArtisans du Monde ou Ethiquable. Ethiquable par exemple, travaille, pour ses chocolats, avec une coopérative de producteurs haïtiens. Le chocolat d’Haïti est un grand cru de particulièrement bonne qualité et peu présent dans l’offre classique des distributeurs. Ce partenariat garantit de nouvelles plantations dans un pays dévasté par la déforestation et les séismes meurtriers, et le différentiel « permet de payer le cacao aux paysans 30 % de plus que les intermédiaires locaux, tout en couvrant des investissements (séchoirs, locaux…) et des actions de formation et d’animation », rapporte Ethiquable.

Alors certes, ces marques sont un peu plus chères, mais on oublie pas que le chocolat doit rester un produit qui se croque occasionnellement (ne serait-ce que pour notre ligne), on aura d’autant plus plaisir à le déguster !

Vous avez tout bien suivi ? Petite infographie récap’ pour mieux consommer ses chocolats de Pâques et même les remplacer, merci Idécologie !

Idécologie Infographie cacao 3

(1) Chiffres : Planetoscope

Il était un Petit Navire qui allait être boycotté jusqu’à ce qu’il arrête de pêcher des bébés thons

En 40 ans, l’homme a éradiqué la moitié des populations marines. Et parmi elles, le thon albacore, l’une des espèces les plus menacées au monde. 5 millions de ces poissons – qui représentent un marché mondial de 33 millions d’euros – sont capturés chaque année. Notamment dans l’Océan indien et plus particulièrement aux Seychelles où l’an dernier, des thoniers de plus de 100 mètres de long en ont débarqué plus de 318 000 tonnes. Destination : nos boîtes de thon, produits phares de nos cuisines, avec 8 ménages sur 10 qui en achètent chaque année. Selon Cash Investigation, les derniers chiffres s’élèvent à 69 000 tonnes de thon en conserve consommées dans l’Hexagone en 2017. C’est bon, facile à cuisiner et bon marché… Mais à quel prix, exactement ? Le magazine « Cash Investigation » (Facebook, Twitter, #cashinvestigati), présenté par Elise Lucet, est allé à la pêche aux informations.

C’est la méthode de pêche au thon tropical qui est en cause. Les « dispositifs de concentration de poissons » (DCP), plus exactement. Ces radeaux flottants sont munis de petites cavités attirant les poissons qui viennent s’y réfugier, avant que les thoniers ne jettent leur filet à la mer pour capturer les thons, albacore ou listao en tête… En plein essor depuis les années 1980, elle est en train de décimer les océans. D’autant que ces dispositifs attirent massivement des poissons encore juvéniles, qui n’ont pas eu le loisir de se reproduire… Le phénomène avait déjà été dénoncé : il y a quelques années, Greenpeace avait fait campagne. Et même Yvon Riva, président d’Orthongel, l’un des principaux armateurs de thoniers tropicaux, le reconnaît : les requins sacrifiés, c’est « un dégât collatéral », estime-t-il. Et les thons trop jeunes, « un gâchis ». S’il affirme dans l’émission que la profession s’est « auto-limitée », il reconnaît qu’il y a « trop de DCP utilisés ».« On diminue la capacité de reproduction de l’espèce, c’est une vérité, elle est scientifique, elle est établie », ajoute-t-il.

Petit Navire : à éviter

Sophie Le Gall, réalisatrice de l’enquête de Cash Investigation, s’est rendue dans le centre stratégique de ce secteur d’activité, aux Seychelles. A Victoria, elle visite l’une des plus importantes conserveries du monde, qui met notamment en boîte le thon obèse et l’albacore, surpêché à plus de 90 % à l’ouest de l’océan Indien. Au commandes : Thai Union, géant de la filière qui détient des marques comme Petit Navire, Mareblu, et John West (les journalistes de « Cash » épinglent au passage le montage financier qui aurait permis au groupe thaïlandais d’acquérir la marque française via le Luxembourg, sans régler au fisc tout ce qu’il aurait dû… Passons).

Pour encourager Petit Navire à changer de fournisseurs, nous pouvons boycotter la marque. Et, pourquoi pas, écrire un petit courrier à son directeur pour lui rappeler qu’en tant que consommateurs et clients, nous pouvons et devons, par nos choix de consommation, pousser les grands groupes à améliorer leur traçabilité, et à nous proposer des produits qui respectent la nature et l’homme (puisqu’ils ne sont pas capables de le faire sans qu’on boycotte leurs produits).

Les poissons à privilégier

Pour le thon en boîte, Greenpeace a effectué son classement : en tête des boîtes de thon les plus responsables, Phare d’Eckmühl, la marque U, Connétable et Monoprix. Et pour les poissons en général, certaines plateformes, comme le programme européen Mr. Goodfish, sensibilisent le public et les professionnels à une consommation plus durable des produits de la mer. Son slogan : « Choisissez les poissons durables et de saison ! ». Sur ce site, on retrouve les espèces à privilégier cet hiver (rendez-vous sur ce lien). Pour une liste plus complète des poissons à complètement éviter, ceux à consommer avec modération et ceux à privilégier, direction le conso-guide de l’organisation mondiale de protection de l’environnement WWF sur ce lien. Tout y est précisé espèce par espèce en termes de biologie, de situation des stocks et de conséquences écologiques. Il y a également Bloom Association qui donne des conseils très pertinents sur le sujet.

 

Nous avons reçu une réponse de Amaury Dutreil, Directeur Général de Petit Navire, suite à la publication de notre article. Vous trouverez ci-dessous son message :

Bonjour,

Nous avons eu connaissance de votre appel à boycott suite à la diffusion de l’émission Cash Investigation cette semaine, et souhaitions apporter un certain nombre de précisions sur ce reportage.

Nous comprenons l’émotion que vous avez pu ressentir à la vue des images diffusées, notamment à bord du bateau de pêche en début de reportage. Elle est légitime. Mais le reportage nous parait montrer les choses de manière parcellaire et biaisée.

Tout d’abord, sachez que Petit Navire ne possède pas de bateau de pêche mais se fournit auprès de sociétés de pêches ; en revanche nous sommes très attentifs à la fois aux techniques utilisées par nos fournisseurs, et à leurs impacts sur la préservation de l’espèce, car une pêche durable est indispensable à la pérennité de notre activité.

Nous ne pouvons mettre en boîte que du thon adulte et celui ci est très majoritairement péché en banc libre et non sous DCP.

Il est vrai que les bateaux qui pêchent du thon Listao (l’espèce la plus pêchée et la plus vendue au monde mais peu présente en France où les consommateurs lui préfèrent l’Albacore) attrapent également du petit Albacore. Une fois pêché, ce poisson n’est pas rejeté à l’eau (c’est parfaitement illégal et cela n’aurait aucun sens) mais il est utilisé pour certains marchés, comme l’Italie par exemple.

Nous pensons qu’il est important de ne pas trop puiser globalement dans la ressource. C’est la raison pour laquelle nous avons recommandé et nous soutenons la mise en place depuis 2017 de quotas dans l’océan Indien qui réduisent de 15% les prises d’Albacore. 

Nous menons de nombreux projets en collaboration avec Greenpeace et le WWF, vous pouvez le vérifier sur leurs sites.

Nous espérons que ces éléments vous aideront à construire votre opinion sur la situation de la pêche dans l’Océan Indien et sur notre position en la matière. 

Je reste bien entendu à votre disposition si vous souhaitez poursuivre le dialogue avec nous ou si vous avez des questions à nous poser.

Bien à vous

Amaury Dutreil
Directeur Général de Petit Navire

Vous reprendrez bien une petite tasse de pesticides ?

L’heure du raffiné tea time deviendrait-elle une séance d’empoisonnement collectif ? Adulé par les Anglais, adoré par les Français (deux tiers de la population en consomme), le thé ne laisse malheureusement pas infuser que de douces fragrances de jasmin et d’orange. L’enquête menée par 60 millions de Consommateurs en novembre 2017 a de quoi nous laisser hébété devant notre mug fumant : certaines marques affichent jusqu’à 17 pesticides différents dans un seul sachet. Le thé risque d’avoir un goût… plutôt amer. Les thés les plus populaires sont les premiers touchés, avec en ligne de mire le bon vieux Lipton. Oui oui, celui-là même qui propose des thés glacés archi sucrés pour se « désaltérer » en été. Mais il n’est pas le seul.

Laisser infuser les pesticides

Sur les 26 thés testés (16 noirs, 10 verts) par  l’étude de 60 millions de consommateurs, un seul ne contenait pas de traces de pesticides. Et les thés bio n’étaient pas toujours mieux lotis que les autres. Neuf marques de thé sur 26 affichent des traces à peine quantifiables de pesticides, quatre marques présentent des résultats très insuffisants ils contiennent des traces de pesticides dépassant les limites réglementaires, ou affichent un nombre important de résidus de pesticides. Record : certains thés noirs Dammann Frères comptent jusqu’à 17 traces de pesticides différentes ! Et même si, comme le précise Benjamin Douriez, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, les quantités sont la plupart du temps inférieures aux limites autorisées, on se demande pourquoi il semble si difficile de faire du thé sans pesticide ?

Evidemment, ce n’est pas chez Lipton et les autres grandes marques du thé industriel que nous trouverons une réponse : sur le site de Lipton, on vante un engagement sincère pour l’environnement, des thés bien-être… Une petite infusion de greenwashing saveur vanille. Mais n’ébouillantons pas Lipton plus qu’il ne le faut ; certains thés du très sélect Palais des Thés ne valent pas beaucoup mieux… De fait, pour garder leur saveur, les feuilles de thé ne sont nettoyées ni au cours de leurs récoltes, ni lors de leurs préparations. Or seule une petite quantité de thés provient de plantations jouissant d’un savoir ancestral et de pratiques équitables. La demande en thé ayant bondi ces dernières années, on produit beaucoup et pour éloigner les oiseaux, les maladies et bactéries d’un coup d’un seul… Et on traite avec des produits chimiques qui viennent troubler l’eau de notre moment plaisir.

Pas de quoi tuer un espion russe

Alors, tout en sirotant votre infusion caramel des bois, vous vous direz peut-être qu’il n’y a quand même pas de quoi s’affoler, que c’est n’est pas non plus l’affaire Litvinenko (l’ancien lieutenant- colonel des services de renseignement soviétique passé à l’ouest, empoisonné au polonium 210 distillé dans son british tea). Mais dans ces sachets de thé infusent aussi insidieusement d’autres petits produits dans lesquels une madeleine refuserait de se plonger !

Les analyses menées par 60 Millions de Consommateurs ont ainsi relevé des traces de métaux toxiques tels que l’arsenic et le mercure. De même, le magazine a alerté sur la présence dans certains thés d’alcaloïdes, une molécule toxique et cancérigène que l’on trouve naturellement dans certaines herbes sauvages. « Lors de la récolte, si le thé est mal trié, des mauvaises herbes peuvent rester parmi les feuilles et secréter ces substances alcalogènes qui sont cancérigènes pour l’homme », expliquait ainsi Patricia Chairopoulos, journaliste à 60 Millions de Consommateurs. Et de poursuivre : « Le problème que nous dénonçons, c’est qu’il n’y a pas d’encadrement réglementaire pour ces alcaloïdes, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de valeur limite ». La marque Kusmi Tea s’était déjà faite épinglée en janvier 2017 pour la présence d’alcaloïde dans ses infusions à la camomille, et s’était vue dans l’obligation de retirer ce produit du marché.

Si l’on ajoute à cela le traitement des sachets du thé et le packaging, le thé perd tout à coup une bonne part de son aura de bien-être et de santé. Néanmoins, ses bienfaits sont nombreux… D’ailleurs, du côté des polyphénols, connus pour leurs propriétés antioxydantes, les résultats de l’étude de 60 millions de consommateurs sont satisfaisants. En moyenne, 40% des polyphénols contenus dans les thés noirs se retrouvent dans l’eau après infusion, 50% pour les thés verts. Pour en profiter pleinement, les spécialistes conseillent de varier les plaisirs, et de privilégier le thé en vrac plutôt qu’en sachet.

Voici la liste des thés soumis à l’étude de 60 millions de consommateur (et oui, Lipton sait aussi faire du thé sans pesticide !) :

27 thés avec pesticides à fortes doses et plomb (contenant du fenvalérate au-delà de la valeur limite autorisée (0,05 mg/kg- par la réglementation européenne)
Albert Ménès : Chinese dinner au jasmin, Asamiya Sencha : Thé vert, Auchan : Thé vert de Chine, Camel : Spécial Gunpowder, Cereal : Lucha de Zhejiang, Dayang : Fei Tian véritable Yunnan, Destination saveurs : Spécial Gunpowder, Emami : Spécial Gunpowder, Fauchon : Japon natural leaf, Fine Tonic : Yunnan Tou thé La minceur, Hédiard : Thé vert de Chine, Hong Lien : Thé vert au jasmin, Juvaflorine : Gunpowder, Shii-ta-ké, La tisanière : Thé vert, Le savoir des saveurs (U) : Long Jing, Les jardins de Gaïa : Ying Gou, Mariage Frères : 424 Japon Fuji Yama, Pagès (Neture et Jardin) : Spécial Gunpowder, Taille de guêpe : Tuocha supérieur, Temple du ciel : Spécial Gunpowder, Thés de la pagode : Grand cru, Tian Ran Mei : thé de Chine spécial minceur, Tuocha Distriborg : Tuocha nid, Tuocha Distriborg : Yunnan Tuocha, Twinings of London : Jade, Twinings of London : Yunnan Impérial, Yunnan Tea : Pu Erh T700

6 thés à éviter (contenant du DDT au-delà de la valeur limite autorisée (0,2 mg/kg) par la réglementation française)
Fujian tea : 2066 au jasmin
Jian Fei Cha : Thé vert
Leader Price : Gunpowder
Sun Flower : 1030 au jasmin
Tuocha Distriborg : Chongqing tuo tea
Twinings of London : oriental Jasmine

11 thés un peu limite (contenant des résidus de pesticides mais sans dépasser les limites réglementaires)
Daïgo : sencha
Fauchon : Gunpowder
La route des comptoirs : Sencha Yamato bio
Leader Price : Abeille d’Or Tuocha
Les jardins de Gaïa : Gunpowder bio
Lima : Kukicha bio
Mariages Frères : 2226 Montagne Kong Ming
Palais des thés : Lotus sacré
Qi : Thé vert bio
Salus : Thé vert

16 thés sans reproches (sans résidus de pesticides et à teneur très faible en métaux lourds)
Bjorg : Thé vert bio
Floressance (Vital) : Yunnan
Guayapi : Thé vert bio
La route des comptoirs : bio au jasmin
La vie claire : Jardin Koya bio
Les jardins de Gaïa : Yunnan bio
Lord Nelson (Lidl) : Thé vert
Naturland Artisans du monde : Darjeeling bio
Plantasia : Sérénité bio au jasmin
Romon nature : Thé vert
Tchaé Lipton : au jasmin
Tchaé Lipton : Gunpowder
Tchaé Lipton : Orient
Tetley : Thé ver
Twinings of London : Jade
Vitathera : Thé vert bio.

Cible numéro 10 : Nestlé

Nestlé, déjà, c’est Nespresso. Et rien que pour ça, il faudrait le boycotter. D’ailleurs, on l’explique en long, en large et en capsules par ici.

Mais Nespresso n’est que le début du petit bout de la lorgnette de Nestlé, qui n’est rien de moins que la première entreprise agroalimentaire au monde, avec un chiffre d’affaires de 95 milliards de dollars. La multinationale attire les enfants avec Kitkat, Crunch, Smarties, Lion, ou encore Lanvin, elle fait croire aux femmes qu’elle les embellit avec l’Oréal, elle abreuve les foules avec San Pellegrino, Vittel, Perrier, et Pure Life, elle fait dans le luxe avec Ralph Lauren, Gorgio Armani, Diesel et Yves Saint Laurent, et elle cherche même à séduire nos chats avec Purina… Nestlé est partout. Et partout, elle propose une vision de la vie et des valeurs qui font mal aux hommes et à la planète.

Lait en poudre : scandale et aberration
Nestlé est le leader du marché du lait en poudre pour nourrissons. Dès les années 70, Nestlé fait la promotion de son lait en poudre en tant que substitut de lait maternel dans certains pays d’Afrique. Une idée très limite, quand on sait que l’accès à l’eau potable et les conditions sanitaires n’y sont pas toujours garantis… Et que le lait en poudre doit être mélangé à l’eau, pas toujours tout à fait potable, et c’est peu dire… Ajoutez un léger sous-dosage des quantités, une mauvaise aseptisation de la formule en biberon, des mères illettrées et inconscientes des risques encourus… Mélangez, et vous obtiendrez le drame : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’un million et demi de nouveau-nés meurent chaque année, faute d’avoir été nourris correctement au sein.… Evidemment, un code international de marketing à été dicté, mais Nestlé le contourne ingénieusement, proclamant par exemple que le lait de suite n’est pas concerné par les textes, et qu’il peut donc être promulgué tous azimuts et sans limitation. En 1996, une étude conduite par l’IBFAN en Pologne, au Bangladesh, en Thaïlande et en Afrique du Sud, avait interrogé 3200 femmes enceintes et mères et 800 agents de santé. Dans les quatre pays, des femmes avaient reçu des échantillons gratuits. La proportion allait de 0,3% des mères au Bangladesh, à 26% en Thaïlande. Dans ces pays, des «visiteuses» étaient venues vanter les mérites du lait en poudre, y compris dans les hôpitaux.

Commerce de l’eau : pas de scrupule, pas d’éthique
Nestlé, c’est aussi l’eau en bouteilles. Plus de 70 marques d’eau en bouteille… Une pollution plastique qu’on ne développera pas (mais on rappelle quand même que 89 milliards de litres d’eau en bouteille sont bues – et jetées ? – chaque année), alors que l’eau du robinet est bonne à la consommation dans la plupart des pays dits « développés » (parfois, on a un doute sur le terme), et que la production de l’eau en bouteille vient assécher les nappes phréatiques des pays où elle manque cruellement. Or M. Brabeck-Letmathe, président de la multinationale, estimait en 2012 que la question de la privatisation de l’eau pouvait être abordée de deux manières : « L’une est extrémiste, défendue par quelques ONG qui considèrent que l’eau est un bien public. » Balayant cette thèse, il précise son idée : « L’eau est une denrée alimentaire comme les autres et doit avoir une valeur marchande » (empruntée au documentaire We Feed the World). Dans une société où tout peut avoir une valeur marchande, où la majorité des terres ont été privatisées et où les entreprises des pays industrialisés achètent les droits d’émissions de CO2 aux entreprises qui rejettent moins de CO2 dans l’atmosphère, Nestlé considère que l’eau peut assurer la croissance de l’entreprise, dans notre monde où 2,4 milliards d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable. D’ailleurs, en ce moment et ici même, la nappe phréatique de Vittel est en train d’être asséchée par la firme. Bravo Nestlé.

Huile de palme : zéro de conduite
Les Kitkat, il faut bien les fabriquer. Et pour le faire à bas coût, Nestlé n’hésite pas à détruire des dizaines d’hectares de forêt, en Indonésie notamment, au mépris de ceux qui y habitent. Greenpeace a fait en 2010 la lumière sur cette autre ignominie signée Nestlé, qui s’est engagée à rompre ses relations commerciales avec les producteurs qui détruisent les forêts. L’enquête publiée par Greenpeace le mois dernier confirme ce que l’on aurait pu soupçonner, quand on connaît la firme : Nestlé a rompu sa promesse, Et aujourd’hui encore, 25 producteurs d’huile de palme ont détruit plus de 130 000 hectares de forêts tropicales depuis 2015. Et il ne s’agit pas uniquement de destruction des forêts : exploitation de travailleuses et des travailleurs, conflits avec les communautés locales, plantations sans permis, plantations dans des zones censées être protégées, feux de forêts liés à des défrichages sauvages… Pourquoi être éthique quand on peut faire absolument n’importe quoi ? Merci Nestlé.

C’est le matin, et un surplus de mauvaises nouvelles pourrait nuire à notre équilibre mental, alors on va résumer la suite :  pollution illégale de cours d’eau, trafic d’enfants d’Afrique amenés en Côte d’Ivoire pour travailler sur les plantations de cacao de la firme, lait contaminé à la mélanine en Chine… Tout cela, c’est Nestlé. Merci encore !

Cela vous a convaincu d’arrêter de donner votre argent durement gagné à la marque ? Inscrivez-vous à la campagne i-boycott et rejoignez le mouvement, nous sommes plus de 25.000 à vouloir donner plus de poids à nos décisions de consommateurs, et à nos convictions de citoyens… Chaque jour, Boycott Citoyen ajoute une marque à la liste noire des produits dont nous ne voulons plus, au nom de notre avenir. Pour participer à la magie des réseaux sociaux, c’est par ici !

Cible numéro 9 : Danone

Ne comptons pas sur Emmanuelle Wargon, secrétaire d’Etat à l’Environnement, pour interdire la commercialisation de l’eau en bouteille plastique à usage unique, ou autre mesure prenant en compte l’urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons actuellement. A voir le fonctionnement et l’éthique de l’entreprise qu’elle quitte, les générations futures ne sont probablement pas pour elle un sujet de préoccupation majeur…

Il y a d’abord les vieilles casseroles de Danone : en 2015, l’émission « Cash Investigation » exposait la stratégie marketing de la filiale indonésienne de Danone, accusée de commercialiser du lait en poudre dans un pays où l’eau n’est presque jamais potable.

Et puis il y a eu l’épisode de la COP21 : militants et agriculteurs avaient manifesté devant le siège de Danone pour dénoncer son modèle d’agrobusiness « climaticide ». De fait, l’objectif principal de l’entreprise ne contenait aucun engagement concernant son mode d’agriculture, pesant pour près de 60 % de son empreinte carbone. Et avec une échéance à 2025 pour arrêter d’augmenter ses émissions réelles globales, l’entreprise s’autorisait à émettre des quantités encore plus importantes de gaz à effet de serre pendant les 10 prochaines années… “Il est consternant de voir Danone, une des plus importantes entreprises françaises,  faire un tel flop sur le climat avant la COP à Paris”, avait déclaré Jean-Cyril Dagorn, responsable de plaidoyer à Oxfam France. “Danone se contente de mesurettes. La planète ne peut pas se permettre d’attendre 10 ans pour que les entreprises agissent sur la crise climatique en cours aujourd’hui.”

Et depuis ? Danone a bien vu que tout cela pouvait lui porter préjudice… et a montré qu’elle voulait rectifier le tir, à grands renforts de communication. Le 21 septembre dernier, le géant français de l’agroalimentaire reversait ainsi tout son chiffre d’affaires réalisé en France ce jour-là, soit environ 5 millions d’euros, au Fonds Danone pour l’écosystème, un « fonds de dotation pour soutenir des activités d’intérêt général », selon l’entreprise. Et puis Danone a diffusé une petite vidéo (qui a dû coûter quoi ? 5 millions d’euros peut-être ?) avec une baseline très, très arrogante pour qui connaît le Groupe : « chaque fois que nous mangeons et buvons, nous votons pour le monde dans lequel nous voulons vivre ». L’objectif annoncé par Danone avec ce coup de comm grossier ? Soutenir une « agriculture régénératrice », sans pour autant en préciser exactement le sens. « Nous travaillons avec le WWF France et Pour une agriculture du vivant pour en définir les principes pour notre amont agricole », a signalé Danone. Qu’il n’hésite pas à nous tenir informés lorsqu’il aura défini ce dont il voulait parler…

En attendant d’être le champion de l’agriculture régénératrice, Danone, c’est surtout le champion de l’aliment ultra-transformé. Quatre représentants de Danone étaient auditionnés cet été à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur l’alimentation industrielle et les produits ultra-transformés, lesquels sont soupçonnés d’être une cause de diabète, d’obésité et de certains cancers… Alors que le groupe agroalimentaire n’a de cesse de communiquer sur ses « alicaments », des aliments censés apporter un véritable « plus » en matière de santé pour qui les consomme régulièrement.

Les aliments ultra-transformé ? Selon 60 millions de consommateurs, ce sont des aliments « dont la particularité est d’être fabriqués avec très peu de matières premières brutes (fruits, lait, viande…) et beaucoup d’additifs ou d’ingrédients reconstitués dans le but de leurrer le goût du consommateur et d’obtenir un produit facile à utiliser ». On reconnaît l’aliment ultra-transformé à sa liste sans fin d’ingrédients d’origine industrielle, indéchiffrable pour le consommateur, illisible tant c’est écrit petit. Ces denrées qui représentent la moitié de l’offre en supermarché, Anthony Fardet les appelle « fake food » (« fausse nourriture », en français). Et des produits ultra-transformés, Danone en produit beaucoup : Danette, Actimel, Activia fruits, Danacol 0% pêche abricot, yaourt à boire Danao, Taillefine aux fruits… En guise d’exemple, le Taillefine 0% fraise de Danone ne contient pas moins de neuf additifs sous son joli packaging. Et le hors-série de « 60 Millions de consommateurs » paru en avril sur « Les aliments qui nous empoisonnent » épingle également le yaourt de Danone M&M’s Mix pour son nombre impressionnant d’additifs : commercialisé en Europe mais pas en France, il compte quelques 16 additifs…

Evidemment, Danone se défausse sur la question des additifs : selon la firme, chaque additif a une « fonctionnalité spécifique » et ceux utilisés par le groupe sont autorisés. Mais « autorisé » signifie-t-il « bon pour la santé » ? Point du tout. Car il y a « l’effet cocktail » : un additif présent dans le produit peut exacerber les effets négatifs d’un autre additif, et quand on sait que 338 additifs différents sont autorisés dans les plats cuisinés, on ne sait pas trop ce qui se retrouve dans notre corps après un yaourt Danone au petit déjeuner, un sandwich sous plastique au déjeuner, une pâtisserie industrielle au goûter et un plat cuisiné réchauffé au micro-ondes au dîner (et oui, ce n’est peut-être pas le cas pour vous, mais c’est le cas, malheureusement, pour beaucoup). Bref, on ne sait pas trop mesurer l’effet cocktail… Faute d’étude sur le sujet, même si l’INRA et l’INSERM ont commencé à plancher sur le sujet. Il est d’ailleurs intéressant de réaliser qu’une firme comme Danone, qui emploie des scientifiques sur-diplômés et effectue un important travail de veille sur la recherche au niveau international, ne cherche pas à en savoir plus sur la question… Et c’est d’autant moins rassurant méthodologiquement parlant, alors que l’on vient d’apprendre la nomination d’Emmanuelle Wargon, directrice des affaires publiques et de la communication de Danone, comme secrétaire d’Etat à l’Environnement…

Une dernière petite nouvelle pour la route ? Suite à la tenue de 239 nettoyages et enquêtes de marques dans 42 pays et sur 6 continents, Greenpeace et Break Free From Plastic viennent de répertorier 187.000 déchets plastiques, et de déterminer leur provenance. Résultat de l’étude  ? Danone est le 4ème des 10 plus grands pollueurs au monde après Coca-Cola, PepsiCo, et Nestlé… Cela ne vous étonne pas ? Nous non plus. Evian, Volvic, Badoit, Salvetat… Tout ça, c’est Danone. On vous donne juste les chiffres pour Evian ? Chaque année, près de 2,2 milliards de bouteilles d’Evian sont consommées dans le monde. Autrement dit, 6 millions de bouteilles quittent chaque jour le site d’Evian, filiale de Danone… Et finissent, un jour sur les plages, et puis dans l’océan, et jusque dans l’estomac de la faune qui n’y habitera bientôt plus si ça continue. Et ça a toutes les chances de continuer, puisque Danone n’a pas l’intention de sortir de sa politique du plastique jetable et d’éliminer sa production du plastique à usage unique, ou d’investir dans des systèmes de livraison basés sur des modèles de récupération et de réutilisation, ou de prendre quelque responsabilité que ce soit pour gérer le cycle de vie de ses produits…

Cela vous donne envie de réagir ? Rejoignez le mouvement, nous sommes plus de 25.000 à vouloir donner plus de poids à nos décisions de consommateurs, et à nos convictions de citoyens… Chaque jour, Boycott Citoyen ajoute une marque à la liste noire des produits dont nous ne voulons plus, au nom de notre avenir. Pour participer à la magie des réseaux sociaux, c’est par ici !

Cible numéro 3 : Nespresso

Dans Nespresso, il y a Georges Clooney. Soit. What else ?

Hé bien tout le reste.

1/ Dans Nespresso il y a Nestlé
Pour ne pas oublier de le rappeler, mentionnons-le en premier : Nespresso, c’est Nestlé. Nestlé dont les émissions du département laitier correspondent à la moitié de la production de gaz à effet de serre de Suisse. Nestlé qui assèche les nappes de Vittel sur fond de conflit d’intérêt, Nestlé dont le PDG pense que l’eau doit avoir une valeur marchande, Nestlé qui se fournit en huile de palme dont la culture détruit les forêts indonésiennes. Nestlé. Arrêtons-nous là, c’est le matin, un peu de respect pour le matin.

2/ Dans Nespresso il y a le poids de l’accessoire
En 2016, le marché des dosettes a représenté 1,1 milliards d’euros en France, contre seulement 434 millions d’euros en 2010. Les ventes de capsules ont donc quasi triplé en France en six ans. Et ça fait combien de dosettes, tout ça ? 5 millions de capsules individuelles par jour. 5 millions de capsules par jours, alors que le marché était presque inexistant il y a 15 ans ! Autrement dit, Nespresso a réussi, en 15 ans (et en embauchant Georges Clooney), à nous faire croire qu’on avait besoin de capsules pour faire notre café, une boisson qui date d’avant le VIème siècle, tout de même. Ou comment institutionnaliser l’accessoire.

3/ Dans Nespresso il y a 4 Tour Eiffel de déchets par an
L’accessoire n’est pas nécessairement problématique. Il le devient lorsqu’il pèse inutilement. Sur la planète, par exemple. Parce que certes, le métal (plus précisément l’aluminium, dont l’impact écologique est considérable) présente l’avantage d’être recyclable à 100 %, et ce à l’infini. Mais sur les 58 000 tonnes d’aluminium consommées en 2014 dans les emballages domestiques, seulement 32 % ont été recyclés. Un chiffre fourni par Éco-Emballages, qui témoigne de l’insuffisance des équipements de collecte, de tri et de recyclage dédiés aux petits déchets métalliques. Destinées à un usage unique, et de trop petites tailles, les capsules ne sont pas collectées par les centres de tri sélectif, et finissent inévitablement à la décharge… Pour pallier ce scandale écologique, Nespresso a mis en place dans ses boutiques un système de collecte des capsules usagées. Mais si la marque prétend être en mesure de recycler 75 % des capsules qu’elle vend, le taux de capsules recyclées dépasse rarement les 25 %. En mai 2013, dans un documentaire diffusé sur France 5, un employé de la marque précisait que seule une capsule sur cinq était recyclée… Résultat, les capsules en aluminium représentent aujourd’hui 40 000 tonnes de déchets annuels, soit l’équivalent de 4 Tours Eiffel. Et il n’y a même pas d’exposition universelle en vue.

Les alternatives existent !
Non, vous n’avez pas réellement besoin d’un paragraphe détaillant comment vous pourriez faire du café autrement qu’avec une machine utilisant des capsules en aluminium à usage unique contenant du café que vous pourriez mettre dans un filtre en papier recyclé.
Après avoir lu ce billet, vous aurez bien compris que Nespresso, occupé comme il l’est à préparer la prochaine pub avec Georges, ne changera pas ses pratiques à moins d’y être obligé… Chiche ? Invitez vos amis buveurs de Nespresso à rejoindre le mouvement du Boycott Citoyen, pour mettre fin à l’absurdité des capsules à usage unique. Hier, le boycott d’Engie a mobilisé 25.000 personnes, et plusieurs centaines de consommateurs ont décidé de changer de fournisseur d’énergie et ont migré, dans la journée, vers un concurrent plus respectueux. Plusieurs centaines, c’est peu ? A nous de faire grossir nos rangs, pour donner plus de poids à nos décisions de consommateurs, et à nos convictions de citoyens… Chaque jour, Boycott Citoyen ajoute une marque à la liste noire des produits dont nous ne voulons plus, au nom de notre avenir. Pour participer, c’est par ici !

Vous voulez aller plus loin et boycotter tout Nestlé d’un coup ? Rendez-vous sur la campagne de notre partenaire i-boycott.org !

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