Rébellion des consommateurs : quittons massivement les banques irresponsables !

Dans le contexte actuel, les banques irresponsables d’un point de vue climatique et social devraient se voir réprimées sévèrement par nos dirigeants. En l’absence d’action de leur part, nous avons le pouvoir, en tant que citoyens consomm’acteurs, de signifier notre désaccord : ensemble, changeons massivement de banque !

Extinction Rebellion a déclaré la Rébellion internationale pour le vivant, et contre les systèmes qui le détruisent : depuis le début de la semaine, des actions pacifiques de blocage sont simultanément organisées dans des dizaines de capitales dans le monde ! En tant que consommateurs et consommatrices, nous pouvons apporter notre contribution et soutenir le mouvement par nos actes d’achat.

Or 33 grandes banques internationales continuent de financer massivement les énergies fossiles : c’est la conclusion du rapport « Banking on climate change 2019 » publié par un collectif d’ONG (Rainforest Action Network, BankTrack, Indigenous Environmental Network, Oil Change International, Sierra Club et Honor the Earth).

Ces banques qui jouent avec notre avenir

Alors que les banques clament leur engagement pour le développement durable, et malgré la signature de l’accord de Paris fin 2015, les grandes banques ont investi quelques 1.700 milliards d’euros dans l’industrie du charbon, du pétrole et du gaz… Une hérésie, quand on sait que les énergies fossiles, responsables de 80 % des émissions de gaz à effet de serre, sont la première cause du changement climatique.

Trois banques américaines (Wells Fargo, Citi et JPMorgan Chase) sont en tête du classement, mais le rapport révèle aussi le rôle prépondérant de grandes banques européennes (HSBC et Barclays), et pointe du doigt des banques françaises :  de 2016 à 2018, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natixis ont investi plus de 125 milliards d’euros dans les énergies fossiles.

Récemment visée par des actions de militants climatiques, Société Générale est aujourd’hui le deuxième financeur mondial de terminaux de gaz naturel liquéfié, à la fois émetteurs de CO2 et responsables d’expropriations massives, notamment au Mozambique.

BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole financent par ailleurs en Guinée l’extension d’une des plus grandes mines de bauxite de la planète, dont l’extraction altère la santé et la sécurité des habitants, détruit l’environnement, réduit la part des terres agricoles des communautés rurales, pollue les rivières et les puits…

Greig Aitken, du réseau international BankTrack, souligne :

Certaines de ces banques avaient pourtant pris des engagements forts, comme par exemple BNP Paribas sur un désengagement vis-à-vis du pétrole de schiste et des sables bitumineux… »

Changer de banque mode d’emploi

Vous souhaitez montrer votre désaccord ? C’est possible, et c’est même très simple : si vous êtes client de BNP Paribas, de la Société Générale, ou du Crédit Agricole, vous pouvez changer de banque en expliquant vos motivations à votre agence dans un petit courrier: vous trouverez tous les argument dont vous avez besoin dans nos articles de boycott concernant BNP Paribas et la Société Générale.

S’il y a peu de banques éthiques, elles ont le mérite d’exister. Les Amis de la Terre ont eu l’excellente idée de créer le site Finance Responsable sur lequel vous trouverez une étude très poussée des 9 plus grandes banques françaises, selon différents critères : environnement, climat, transparence, paradis fiscaux… Autre mine d’information : la Fédération Européenne des Finances et Banques Ethiques et Alternatives (FEBEA), qui rassemble des institutions financières de 15 pays européens avec pour objectif de développer la finance éthique et solidaire en Europe. Finalement, pour étudier le sujet plus en profondeur, n’hésitez pas à télécharger le guide « Climat, comment choisir sa banque ? » des Amis de la Terre.

En France, deux banques se distinguent :

  • La NEF : cette coopérative financière offre des solutions d’épargne et de crédit orientées vers des projets ayant une utilité sociale, écologique et/ou culturelle. D’après les Amis de la Terre et le cabinet de conseil Utopies, la Nef est l’établissement qui émet le moins de gaz à effet de serre par euro investi parmi toutes les banques françaises. Le plus ? Vous choisissez vous-même l’orientation de votre épargne parmi 4 secteurs (agriculture biologique ou bio-dynamique, développement social et solidaire, formation art et culture, écologie et environnement). Enfin, cerise sur le gâteau, vous pouvez faire don de tout ou partie de vos intérêts à une association partenaire de la Nef, incluant entre autre Amnesty International, Colibris ou encore Zero Waste France. La NEF ne propose pas encore de compte courant, et donc vous ne pouvez retirer d’argent sur votre compte avec une carte bancaire, mais c’est la banque qui représente la meilleure solution pour ceux qui ont un peu d’argent de côté et des économies à placer.
  • Le Crédit Coopératif : il dispose d’une offre « L’Essentiel Agir », qui propose d’affecter les sommes déposées sur le compte au financement de projets à plus-value sociale et environnementale. Le Crédit Coopératif vous laisse également la possibilité de choisir le domaine d’action que vous souhaitez soutenir : la planète, une société plus juste (aides aux personnes fragiles ou en situation de précarité), ou entreprendre autrement (coopératives, insertion professionnelle, commerce équitable), ou même ces trois à la fois. De plus, chaque fois que vous utilisez votre CB Agir, le Crédit Coopératif verse un don d’au moins 6 centimes d’euro à une association partenaire de votre choix.

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Vous suivez le Boycott Citoyen ? Vous avez initié des changements dans vos modes de consommation grâce aux alternatives proposées ? N’hésitez pas à soutenir nos actions sur Tipeee !

Occupation du siège de la Société Générale : bravo les jeunes !

Peu avant 9h, environ 140 étudiants et activistes de l’association ANVCOP21 sont entrés au siège de la Société générale, à La Défense. L’entrée s’est faite de façon fulgurante, au moment où les salariés entraient dans la banque pour y travailler.Les étudiants se sont placés bras dessus bras dessous dans le grand hall, devant les tourniquets et ont chanté « On est plus chauds que le climat » et « Et un, et deux, et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité ».

En tant que pourvoyeurs de fonds de l’industrie fossile, les banques ont un rôle clé à jouer dans la transition énergétique. Mais loin de montrer l’exemple, elles ignorent les impératifs climatiques et continuent à financer les énergies fossiles les plus polluantes dans le monde. Charbon, sables bitumineux, gaz de schiste, forages en Arctique et en eaux profondes, Société Générale est la première banque française à financer les énergies sales… Elle soutient notamment le développement du terminal d’exportation de gaz de schiste Rio Grande LNG et du gazoduc Rio Bravo Pipeline au Texas, qui contribueraient à émettre autant que 44 centrales à charbon, et menacent les conditions de vie des communautés locales et des peuples autochtones.

Le 8 septembre dernier, plus de 700 activistes des Amis de la Terre et d’ANV-COP21 avaient déjà nettoyé 40 agences locales de Société Générale, appelant la banque à mettre fin à ses soutiens aux énergies fossiles, et à se retirer du projet Rio Grande LNG. Interpellée par les militants et sollicitée par les médias, Société Générale a publié sur son site internet une réponse présentant ses engagements climat : alors que l’Accord de Paris a pour objectif de limiter le réchauffement bien en-deçà de 2°C et de tendre au maximum vers 1,5°C, Société Générale se réfère pour sa politique climat non pas au scénario « Beyond 2°C », mais au scénario « Sustainable Development » de l’Agence Internationale de l’Énergie qui a vocation à suivre une trajectoire 2°C, insuffisant pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Société Générale se défend en mettant en avant ses financements verts, qui ne peuvent constituer une réponse à l’urgence climatique s’ils ne sont pas accompagnés d’une remise en cause de ses financements noirs. Cette stratégie permet à la banque de soutenir le développement de nouvelles infrastructures qui poussent en amont l’extraction d’énergies fossiles, y compris l’ouverture de nouvelles réserves, et impliquent en aval la construction de nouvelles centrales électriques, alors que toute nouvelle infrastructure électrique carbonée construite après 2017 se situe déjà hors budget carbone.

La mobilisation se poursuivra pour dénoncer les activités destructrices de Société Générale : les Amis de la Terre et ANV-COP21 appellent à mener une « opération nettoyage » massive de l’agence centrale parisienne de Société Générale le 14 décembre, jour de la clôture de la COP24, si celle-ci ne revoit pas d’ici-là sa politique.

Vous aussi, vous souhaitez dire à la Société Générale ce que vous pensez d’elle ? Le modèle de courrier se trouve par ici ! Si nous sommes des centaines de milliers à l’envoyer, la banque finira peut-être par comprendre qu’elle doit agir !

Source : le rapport “Société Générale, plein gaz sur les fossiles” publié par les Amis de la Terre en mars 2018.

« Cher BNP Paribas… » : vous avez changé de banque ? Faites-le leur savoir !

Vous boycottez BNP Paribas pour ses agissements irresponsables ? Vous avez décidé de changer de banque ? Vous ne retirez plus d’argent dans les distributeurs BNP Paribas ? C’est le moment de le lui faire savoir. Voici un modèle de lettre à copier, et à diffuser en masse, pour que BNP Paribas sache que nous, citoyens, n’encouragerons plus jamais, par nos choix de consommation et d’épargne, les comportements mettant notre avenir en danger.

Madame / Monsieur XX
Directeur / Directrice
Agence BNP Paribas XX

À XX, XX décembre 2018

Madame, / Monsieur,

Depuis le 8 octobre dernier, 25.000 boycotteurs citoyens ont décidé de ne plus accorder leur confiance à BNP Paribas, et ce pour plusieurs raisons.

Nous interpellons BNP Paribas sur les soutiens financiers massifs qu’elle accorde à des industries fossiles extrêmement destructrices pour le climat global, ainsi que pour les communautés et les écosystèmes locaux.
BNP Paribas clamait encore en septembre dernier, lors du One Planet Summit, son engagement en faveur de la transition énergétique. Mais comme le rappelle une enquête des Amis de la Terre, vous continuez d’accorder votre soutien aux entreprises les plus agressives dans le développement du charbon, et cela même en Europe. Depuis la COP21, vous avez ainsi financé à hauteur de près de 600 millions de dollars les entreprises qui développent des centrales à charbon sur le vieux continent. Deux exemples :
– Vous avez soutenu RWE, qui prévoyait de raser la forêt de Hambach en Allemagne pour étendre une mine de lignite à ciel ouvert (projet qui vient finalement d’être interdit par la justice)
– Vous avez soutenu Energa qui a donné son feu vert début septembre pour la construction d’une centrale à charbon de 1GW Ostroleka C en Pologne.

Nous condamnons également fermement votre politique fiscale.
L’ONG Oxfam, dans son rapport « Banques en exil : comment les grandes banques européennes profitent des paradis fiscaux » a rappelé que les vingt plus grandes banques européennes déclarent un quart de leurs bénéfices dans des paradis fiscaux.  BNP Paribas a ainsi déclaré 3,2 milliards d’euros de bénéfices dans les paradis fiscaux en 2015.
Vous êtes présente aux Iles Caïmans, où vous réalisez 134 millions d’euros de bénéfices, sans employés, et sans payer un seul euro d’impôt.
Visée par une plainte pour « complicité de génocide » au Rwanda, vous avez été condamnée à une amende de 10 millions d’euros pour blanchiment, et à une autre amende de 350 millions de dollars pour manipulation des changes l’an dernier, ce qui ne vous a pas empêché de continuer : vous avez à nouveau été sanctionnée cette année pour manipulation de taux de change, et condamnée à verser 90 millions de dollars il y a quelques mois… Un casier digne des plus gros braqueurs.

A l’heure où le GIEC appelle les Etats à des « transformations sans précédent » pour tenter de limiter le réchauffement climatiques, les banques financent allègrement des activités très coûteuses pour l’environnement, tout en clamant leur engagement pour la transition énergétique.

Nous, citoyens, refusons de faire seuls des efforts qui ne porterons leurs fruits que si les grands groupes acceptent de faire leur part. Dès lors, et parce que l’avenir de nos enfants dépend de la conduite de tous, nous avons décidé de changer de banque, et d’opter pour un établissement plus respectueux de l’environnement et finançant exclusivement des projets à plus-value sociale et environnementale.

Nous avons également décidé de ne plus retirer d’argent dans vos distributeurs, et de sensibiliser nos proches afin qu’eux aussi changent de banque.

Par cette lettre, nous souhaitions vous présenter les raisons de notre action collective, tout en soulignant que ce n’est pas vous, employés de BNP Paribas, qui êtes mis en cause, mais bien la direction de votre groupe, ces quelques personnes qui, à elles seules, prennent des décisions mettant en danger notre avenir à tous.

Nous vous remercions pour l’attention que vous porterez à cette lettre.
Bien cordialement,

XXX, Boycotteur Citoyen

Plus d’infos : http://www.boycottcitoyen.org

Changer de banque : mode d’emploi

Voilà quelques semaines que BNP Paribas est ciblée par notre Boycott Citoyen, et depuis aujourd’hui la Société Générale est également sur notre liste noire…. Les autres ? Elles ne font pas beaucoup mieux : Oxfam vient de publier un nouveau rapport « Banques françaises, les fossiles raflent la mise » après avoir étudié les financements de 6 banques françaises (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Banques Populaires Caisse d’épargne, le Crédit-Mutuel CIC et la Banque Postale) en direction de 290 entreprises et 89 projets d’énergies renouvelables. Résultat : alors que les scientifiques s’accordent à dire qu’il est urgent d’agir, pour préserver le climat, de rester sous la barre fatidique des 1,5 °C de réchauffement climatique, les banques continuent de soutenir massivement les énergies qui produisent le plus de gaz à effet de serre, comme le charbon, le pétrole et le gaz. De 2016 à 2017, elles ont réduit leurs financements à destination des énergies renouvelables (moins 1,8 milliard d’euros) d’un montant équivalent à l’augmentation de leurs financements vers les énergies fossiles (plus 1,8 milliard d’euros).

Alors on fait quoi ? On change de banque !

S’il n’y a pas des masses de banques à peu près éthiques, elles ont le mérite d’exister. Les Amis de la Terre ont eu la bonne idée de créer le site Finance Responsable sur lequel vous trouverez une étude très poussée des 9 plus grandes banques françaises, selon différents critères : environnement, climat, transparence, paradis fiscaux… Autre mine d’information : la Fédération Européenne des Finances et Banques Ethiques et Alternatives (FEBEA), qui rassemble des institutions financières de 15 pays européens avec pour objectif de développer la finance éthique et solidaire en Europe. Finalement, pour étudier le sujet plus en profondeur, n’hésitez pas à télécharger le guide « Climat, comment choisir sa banque ? » des Amis de la Terre.

En France, deux banques se distinguent :

  • La NEF : cette coopérative financière offre des solutions d’épargne et de crédit orientées vers des projets ayant une utilité sociale, écologique et/ou culturelle. D’après les Amis de la Terre et le cabinet de conseil Utopies, la Nef est l’établissement qui émet le moins de gaz à effet de serre par euro investi parmi toutes les banques françaises. Le plus ? Vous choisissez vous-même l’orientation de votre épargne parmi 4 secteurs (agriculture biologique ou bio-dynamique, développement social et solidaire, formation art et culture, écologie et environnement). Enfin, cerise sur le gâteau, vous pouvez faire don de tout ou partie de vos intérêts à une association partenaire de la Nef, incluant entre autre Amnesty International, Colibris ou encore Zero Waste France. La NEF ne propose pas encore de compte courant, et donc vous ne pouvez retirer d’argent sur votre compte avec une carte bancaire, mais c’est la banque qui représente la meilleure solution pour ceux qui ont un peu d’argent de côté et des économies à placer.
  • Le Crédit Coopératif : il dispose d’une offre « L’Essentiel Agir », qui propose d’affecter les sommes déposées sur le compte au financement de projets à plus-value sociale et environnementale. Le Crédit Coopératif vous laisse également la possibilité de choisir le domaine d’action que vous souhaitez soutenir : la planète, une société plus juste (aides aux personnes fragiles ou en situation de précarité), ou entreprendre autrement (coopératives, insertion professionnelle, commerce équitable), ou même ces trois à la fois. De plus, chaque fois que vous utilisez votre CB Agir, le Crédit Coopératif verse un don d’au moins 6 centimes d’euro à une association partenaire de votre choix.

 

Cible numéro 5 : BNP Paribas

A l’heure où le GIEC appelle les Etats à des « transformations sans précédent » pour tenter de limiter le réchauffement climatique, les banques financent allègrement des activités très coûteuses pour l’environnement, tout en clamant leur engagement pour la transition énergétique. En 2015, un lycéen l’avait déjà très bien expliqué lors d’un petit concours financé par BNP Paribas, en mouchant la banque au passage : voici ce qu’il faut savoir sur ce géant de la finance, en trois actes, un boycott et des alternatives.

En entrée : la spéculation financière

C’est le matin, et c’est dur de devoir se frotter à la réalité, mais nous le savons : grâce à nos dépôts d’argent, les banques ont accès à des ressources qu’elles utilisent pour faire des profits. Certes, il existe des lois pour protéger les clients, comme par exemple la réserve fractionnaire, que la banque est tenue de conserver auprès de la banque centrale… Mais elle ne représente que 1% pour la plupart des dépôts.
Bref, la banque investit, et potentiellement, votre argent peut servir pour un prêt à une entreprise pétrolière ou agroalimentaire que vous honnissez… Un exemple ? En 2016, Les Amis de la Terre France, Oxfam France, en partenariat avec Fair Finance France, ont accusé BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Natixis de complicité de violations des droits humains. Leur tort ? Ces banques avaient participé au financement (à hauteur d’environ 120 millions de dollars tout de même) du projet de pipeline « Dakota Access » (DAPL), dans le Dakota du Nord. Soit un projet d’oléoduc souterrain devant traverser quatre États américains et acheminer chaque jour un demi-million de barils de pétrole jusque dans l’Illinois… On doute que la flore et la faune de ces quatre Etats apprécient mais comme elles ne parlent pas l’humain, les banques s’en fichent.

En plat principal : les paradis fiscaux

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’ONG Oxfam, dans son rapport « Banques en exil : comment les grandes banques européennes profitent des paradis fiscaux »: les vingt plus grandes banques européennes déclarent un quart de leurs bénéfices dans des paradis fiscaux. Les cinq plus grandes banques françaises – BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC et Société Générale – ont ainsi déclaré 5,5 milliards d’euros de bénéfices dans les paradis fiscaux. Quatre d’entre elles sont notamment présentes aux Iles Caïmans, où elles ont réalisé… 174 millions d’euros de bénéfices bien qu’elles n’y emploient personne.

Et pour le dessert : des frais bancaires indécents

Là encore, c’est pas moi qui le dit, c’est 60 millions de consommateurs (et c’est pas plus mal, il ont fait deux trois études pertinentes) : selon eux, un client standard verse en moyenne chaque année 34 € de frais liés à un solde débiteur. Et pour le consommateur en difficulté, c’est presque dix fois plus : 296 € en moyenne… Ce n’est pas tout : lorsqu’un paiement se présente sur un compte dont le découvert va être dépassé, la banque l’honore, car elle y gagne gros : elle prélève des agios proches de l’usure, et surtout une commission d’intervention de 8 € censée rémunérer l’analyse de la situation par le conseiller. Or cette commission est… automatique ! Au bout de dix commissions, le plafond légal est atteint, et la banque passe aux rejets des paiements… Et ça fait combien d’argent, tout ça ? Hé bien beaucoup : l’ensemble des frais liés aux incidents de fonctionnement représenteraient 30 à 35 % du chiffre d’affaires des banques de détail, soit 6,5 milliards de chiffre d’affaires chaque année. Le résultat net est estimé à… 4,9 milliards !

BNP Paribas, un menu à boycotter

BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC, Société Générale, Natixis… Elles sont nombreuses, les banques irresponsables. Alors pourquoi BNP Paribas ? Parce qu’elle bloque tout bonnement la sortie européenne du charbon… BNP Paribas clamait il y a encore 15 jour, lors du One Planet Summit, son engagement en faveur de la transition énergétique. Mais comme le rappelle une enquête des Amis de la Terre, BNP Paribas continue d’accorder son soutien aux entreprises les plus agressives dans le développement du charbon, et cela même en Europe. Depuis la COP21, la banque a ainsi financé à hauteur de près de 600 millions de dollars les entreprises qui développent des centrales à charbon sur le vieux continent. On vous donne deux exemples :
– son soutien à RWE, qui prévoyait de raser la forêt de Hambach en Allemagne pour étendre une mine de lignite à ciel ouvert (projet qui vient finalement d’être interdit par la justice)
– son soutien à Energa qui a donné son feu vert début septembre pour la construction d’une centrale à charbon de 1GW Ostroleka C en Pologne.
Et on ne parle même pas du reste : visée par une plainte pour « complicité de génocide » au Rwanda, la banque a par ailleurs été condamnée à une amende de 10 millions d’euros pour blanchiment, et à une autre amende de 350 millions de dollars pour manipulation des changes l’an dernier, ce qui ne l’a pas empêchée de continuer sa petite cuisine : elle a à nouveau été sanctionnée cette année pour manipulation de taux de change, et condamnée à verser 90 millions de dollars il y a deux mois… Un casier digne des plus gros braqueurs.

Alors on fait quoi ? On choisit un autre restaurant…

… Et on change de banque, pardi ! Car s’il n’y a pas des masses de banques à peu près éthiques, elles ont le mérite d’exister :

  • La NEF : cette coopérative financière offre des solutions d’épargne et de crédit orientées vers des projets ayant une utilité sociale, écologique et/ou culturelle. D’après les Amis de la Terre et le cabinet de conseil Utopies, la Nef est l’établissement qui émet le moins de gaz à effet de serre par euro investi parmi toutes les banques françaises. Le plus ? Vous choisissez vous-même l’orientation de votre épargne parmi 4 secteurs (agriculture biologique ou bio-dynamique, développement social et solidaire, formation art et culture, écologie et environnement). Enfin, cerise sur le gâteau, vous pouvez faire don de tout ou partie de vos intérêts à une association partenaire de la Nef, incluant entre autre Amnesty International, Colibris ou encore Zero Waste France.
  • Le Crédit Coopératif : il dispose d’une offre « L’Essentiel Agir », qui propose d’affecter les sommes déposées sur le compte au financement de projets à plus-value sociale et environnementale. Le Crédit Coopératif vous laisse également la possibilité de choisir le domaine d’action que vous souhaitez soutenir : la planète, une société plus juste (aides aux personnes fragiles ou en situation de précarité), ou entreprendre autrement (coopératives, insertion professionnelle, commerce équitable), ou même ces trois à la fois. De plus, chaque fois que vous utilisez votre CB Agir, le Crédit Coopératif verse un don d’au moins 6 centimes d’euro à une association partenaire de votre choix.
  • La Banque Postale : elle constitue une banque atypique dans le paysage des “grandes banques” françaises : elle ne dispose pas à proprement parler d’une branche de financement et d’investissement typique des autres grands groupes (Crédit Agricole CIB, SG – CIB, BNP Paribas, CM-CIB, Natixis). Et en 2011, si elle se dote d’une branche de financement des entreprises et des professionnels, celle-ci est en effet limitée aux PME et TPE. Vous voulez vous faire votre propre opinion ? Rendez-vous sur le site de la Fédération Européenne des Finances et Banques Ethiques et Alternatives (FEBEA), ou sur le site Finance Responsable : créé par les Amis de la Terre, il a réalisé une étude très poussée des 9 grandes banques françaises, selon plusieurs critères : environnement, climat, transparence, paradis fiscaux. 

    Tout ça vous donne envie de vomir de bon matin et vous n’êtes même pas enceinte ? Vous voulez faire bouger les lignes ? Rejoignez notre mouvement de Boycott Citoyen, nous sommes déjà plus de 25.000 à priver BNP Paribas de ses clients pour l’obliger à changer de comportement… c’est par ici !

    Et quand on est journaliste on cite ses sources, non mais !

    La Carotte Masquée
    Monsieur Mondialisation
    Bastamag
    La Tribune
    Agoravox
    60 millions de consommateurs
    Oxfam
    Les Amis de la Terre