Davos : parler du climat, d’accord, mais jamais sans mon jet privé…

On pourrait presque en rire si ça ne donnait pas autant envie de pleurer : à l’heure où la planète lance ses derniers ultimatums et où les populations grondent leur colère et leur inquiétude, les dirigeants et chefs d’entreprise se rendent à Davos (Suisse) pour parler climat… en jet privé.

Jets privés, hélicoptères et limousines au programme

Selon Air Charter Service, relayé par The Guardian, le nombre de déplacements en avion privé a augmenté de 11% sur l’ensemble de l’année dernière, où plus de 1.300 vols privés avaient été recensés vers Davos, un record depuis l’établissement de statistiques en la matière. Cette année, ce sont plus de 1300 jets privés qui ont fait le déplacement

Mieux : une fois arrivés dans des aéroports tels que Zürich, à deux heures de train de Davos, les passagers de ces vols privés poursuivent souvent leur voyage en hélicoptère, pour gagner du temps. Avant de terminer en limousine.

Greenwashing et bonne conscience au menu

On pourrait se dire, au bout du bout de notre bonne volonté et de notre envie d’y croire encore, que la fin justifie les moyens, et que quelques jets de plus ne seraient qu’une goutte de pétrole de plus dans la mer, si le but des patrons était de s’atteler, enfin, au dossier brûlant du changement climatique dont ils sont très largement responsables.

Cette année ne fait pas exception à la règle : au Forum économique mondial de Davos, tout le monde se veut écolo. Nature friendly. Eco-responsable. Irréprochable. D’ailleurs, les ustensiles à usage unique ont été bannis ; les blocs de quatre poubelles à recyclage sont la norme ; les buffets proposent des plats végétariens ; les moquettes sont fabriquées à partir de filets de pêche usagés ; les peintures du décor sont à base d’algues… et tout le monde parle de planter des arbres, beaucoup et partout.

Vraiment ?
Nous, nous n’y croyons plus. Chaque année, les stars de Davos s’insurgent contre les rémunérations excessives des PDG, les excès de la mondialisation, les inégalités croissantes… Avant de revenir (en jet toujours) dans leurs beaux pays, dans leurs grands bureaux, et de reprendre, sans mauvaise conscience aucune, les commandes de leurs entreprises odieusement irresponsables.

Ah bien sûr, ils jurent leurs grands dieux : en 2008 et 2009, déjà, ils avaient promis qu’ils mettraient bon ordre aux extravagances de la finance mondiale. Les gouvernements élus ont fait leurs petits pas, les industriels ont continué à pratiquer sans vergogne l’optimisation fiscale et l’augmentation scandaleuse de leurs émoluments faramineux…

Car une chose est sûre : ce ne sont pas les chefs d’entreprise responsables de la catastrophe climatique en cours qui vont décider de s’asseoir sur leurs profits pour offrir un autre avenir aux Bangladais qui fabriquent leurs costumes, aux Chinois qui fabriquent leurs smartphones, ou aux enfants de RDC qui s’enfoncent dans la terre pour chercher leur cobalt. Les seuls à pouvoir mettre fin à ce système profondément injuste pour les hommes, et terriblement dangereux pour notre avenir, c’est nous !

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Depuis le mois d’octobre 2018, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques néfastes (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.).
Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir. Le Boycott Citoyen a également organisé 10 jours de résistance contre le plastique qui ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes dans plus 40 villes en France en mai 2019.
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Vous suivez le Boycott Citoyen ? Vous avez initié des changements dans vos modes de consommation grâce aux alternatives proposées ? N’hésitez pas à soutenir nos actions sur Tipeee !

Vendredi, grève de la jeunesse pour le climat : trouvez le rassemblement le plus proche de chez vous !

Vendredi 15  mars, la jeunesse du monde entier sera dans la rue pour dire son inquiétude face à l’inaction climatique.

Vous voulez trouver le rassemblement le plus proche de chez vous ? C’est par ici.
Vous initiez un événement  vendredi et vous voulez l’ajouter à la carte des manifestations ? C’est par ici
Vous voulez aider vos enfants écoliers à participer à l’intérieur de leur établissement ? C’est par là.
Vous êtes enseignant et vous souhaitez vous mobiliser avec vos élèves ? Par ici le kit pour vous aider dans la préparation de cette journée historique.

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Sit-in, brassards verts : la grève pour le climat dans les cours de récré

Vous êtes parents d’un enfant en école primaire, en sixième, en cinquième ? Professeur des Écoles ou de collège ? Vos enfants ont peut-être déjà entendu parler de la grève mondiale de la jeunesse pour le climat. Si ce n’est pas encore le cas, ils vont sûrement en entendre parler dans les semaines qui viennent. Certains ont vu des images, des vidéos de Greta Thunberg. D’autres ont des frères et sœurs, des cousins collégiens, lycéens, qui ont décidé de se mobiliser avec Youth for Climate. Et n’allons surtout pas croire que nos chers bambins ont leurs oreilles dans leur poche, ou qu’ils n’ont pas d’avis sur la question. Même s’ils ne sont pas en âge d’aller manifester. Et même si on ne le leur demande pas, leur avis…

Parfois, je me demande ce que font les adultes… ou plutôt pourquoi ils ne font rien ».

Julia a 9 ans. Élève en classe de CM1, elle est encore trop jeune pour prendre seule l’initiative d’aller manifester pour le climat le 15 mars. Mais elle est assez grande pour comprendre les enjeux, à son niveau : « on en parle souvent, avec mes parents, explique-t-elle. On fait attention à ce qu’on mange, on mange pas des framboises en hiver par exemple ! Et puis on va le moins possible au supermarché, et on prend pas les trucs emballés dans du plastique parce qu’il y en a trop, du plastique. Après il y en a dans la mer, ça étrangle les poissons et les tortues, et je sais qu’il y a déjà un continent énorme de déchets, on peut pas continuer comme ça ! Il faut arrêter, sinon il n’y aura plus d’animaux quand je serai grande ! Parfois, je me demande ce que font les adultes… ou pourquoi ils font rien ».

« C’est pas parce que j’ai que 10 ans que je ne vois pas ce qu’il se passe »

Léon est en CM2, et lui aussi se pose beaucoup de questions sur son avenir. Il le dit tout net : « c’est pas parce que j’ai que 10 ans que je vois pas ce qu’il se passe. Qu’est-ce que vous croyez ? J’entends les adultes parler, et quand ma mère met la télé j’écoute, moi. J’ai vu la vidéo de la suédoise, aussi… Je me demande comment on va faire pour arrêter que le climat se réchauffe. Est-ce qu’on aura la même vie que maintenant, quand on sera grand ? Est-ce qu’il y aura encore de la nature, des oiseaux ? J’ai entendu Sacha (ndlr : son grand frère de 14 ans) discuter avec ses copains de la grève du 15 mars… Moi j’ai pas le droit d’y aller, mes parents veulent pas, mais j’en ai marre qu’on fasse comme si c’était pas mon problème, alors qu’en fait, c’est vraiment mon problème! »

« Les parents veulent pas qu’on rate l’école, mais on a le droit de s’asseoir dans la cour ! »

Des Léon et des Julia, il y en a des tas. Trop jeunes pour aller manifester, mais bien assez grands pour se douter que c’est leur avenir qui est en train de se jouer. Et pleins d’idées pour faire entendre, eux aussi, leur inquiétude.
Julia, elle, s’est fabriqué un brassard vert avec un tee-shirt devenu trop petit, et a décidé de le porter le 15 mars. Elle a eu cette idée en entendant sa grande sœur parler d’Ysée, une jeune collégienne qui porte un brassard de ce type depuis plusieurs semaines, et qui est devenue ambassadrice de Little Citizens for Climate : « si on me demande ce que c’est, tant mieux : je pourrai très bien l’expliquer. C’est pour dire aux adolescents et à tout le monde que moi aussi, je veux que les adultes arrêtent la pollution et les déchets », annonce-t-elle. Quant à Léon, il a commencé à parler à ses camarades de classe. Ce qu’il veut faire ? Organiser un sit-in dans la cour de son école : « les parents veulent pas qu’on rate l’école, mais on a le droit de s’asseoir dans la cour ! Si plein de classes le faisaient partout dans la France et dans le monde au même moment, peut-être que les adultes réagiraient ? J’aimerais bien en tout cas… »

A bon entendeur…

15 mars : la jeunesse dans les starting blocks

Youth for Climate organise le vendredi 15 mars une grève à l’échelle mondiale pour exiger la fin de l’inaction climatique. L’invitation à y participer est publiée sur Facebook, et les mouvements climatiques se rallient à l’événement.

« Pourquoi devrions-nous étudier pour un futur qui n’existera bientôt plus, alors que personne ne fait rien pour le sauver ? » : telle est la difficile  et pertinente question posée par Greta Thunberg, devenue l’icône d’une jeunesse en perdition dans des projections impossibles.
La génération « No Future » – la vraie, l’unique, si l’on y réfléchit bien – a entendu son message. Le 18 janvier, ils défilaient par milliers en Allemagne et en Suisse, exigeant de leur gouvernement des mesures dignes de ce nom. La veille, 12.500 jeunes s’étaient fait entendre à Bruxelles autour du même message. Une semaine plus tard, le 24 janvier, leur nombre avait doublé. En janvier, ce sont plus de 150000 étudiants qui ont déclenché des grèves dans plus de 270 villes aux quatre coins du monde. Et en quelques semaines, la riposte de la génération « No Future » face à l’inertie des dirigeants s’est organisée.

Youth For Climate France : une dizaine de villes participantes

Youth For Climate (YFC) fait partie de ces mouvements qui ont poussé comme des champignons ces dernières semaines. Phénomène international, les marches « Youth For Climate » sont de plus en plus suivies en Europe, de la Scandinavie à la Suisse, en passant par les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique ou la Grande-Bretagne. Répondant à l’appel de Greta, qui a invité la jeunesse du monde à faire grève pour le climat lors d’une mobilisation sans frontières le 15 mars prochain, le mouvement Youth For Climate France est dans les starting-blocks. Surfeurs nés du web, maîtrisant les réseaux comme personne, ils ont rallié une dizaine de villes françaises autour de la grève mondiale pour le climat, baptisée « Global Strike for Future ». « Les jeunes prennent conscience de l’urgence climatique et des réels responsables de l’inaction face à celle-ci, rappelle Romaric, 23 ans, du groupe de coordination de YFC. La détermination des jeunes n’ira qu’en s’amplifiant si des actes forts ne sont pas pris pour remplacer des discours vides et des tentatives de greenwashing »

Rassembler autour d’une seule priorité : l’urgence climatique

Leurs valeurs ? Elles gravitent autour de la non-violence, mais aussi de cette détermination qui découle directement de la conscience aiguë du besoin d’agir. Farouchement indépendants, apartisans, ces jeunes ont décidé de prendre leur avenir en main, faute de pouvoir compter sur leurs dirigeants pour le faire à leur place. Loin des clivages et des dissensions classiques dans les revendications associatives, Youth For Climate, conscient de l’enjeu, se veut rassembleur : éducation populaire, désobéissance civile, mobilisations ponctuelles… Tous les niveaux d’engagement sont encouragés, dans la mesure où chacun peut apporter sa pierre à l’édifice d’un avenir à préserver, en fonction de son âge et de sa liberté d’action. Organiser un rassemblement, participer à une marche, discuter avec ses amis de l’urgence climatique, porter un brassard en allant en cours pour afficher son soutien, improviser un sit-in dans la cour du collège… Tout est encouragé, tout est permis, tout est possible.

Le soutien des mouvements climatiques

Les ONG et mouvements citoyens qui s’organisent eux aussi depuis la marche du 8 septembre dernier ne s’y sont pas trompés. Nombreux sont ceux qui ont décidé de travailler main dans la main avec Youth For Climate, pour participer à donner de l’ampleur à la voix de la jeunesse. « Tout le mouvement climat se réjouit que la jeunesse s’organise pour montrer son engagement et sa détermination à lutter contre le dérèglement climatique », confirme Florent Compain, président des Amis de la Terre France.
Fort de leur soutien, le mouvement Youth For Climate travaille à l’élaboration d’une interface rassemblant la sphère écologique et la sphère étudiante, et qui permettra de faire le lien entre les mouvements internationaux, nationaux et locaux. Au programme : un réseau qui permettra à tous les collégiens, lycéens et étudiants de s’impliquer à son niveau, et un outil de structuration des mobilisations, mettant à disposition des tutoriels et des informations pour faciliter leur organisation.

Le 15 mars, la génération No Future entre en scène

La vague qui se présente est exceptionnelle, si ce n’est inédite. La mobilisation qui s’annonce veut affirmer l’importance du rôle des collégiens et des lycéens dans notre civilisation en déclin : ils sont l’avenir de nos sociétés, et l’avenir de notre planète est leur avenir. L’éducation comme moyen d’émancipation est aussi interrogée. Comment concilier le besoin de penser et d’agir ? Les grèves scolaires, par leur singularité, ne seraient-elles pas un levier pour la prise de conscience globale qui s’avère nécessaire ? Au-delà de l’éducation au développement durable, une partie de la jeunesse semble avoir trouvé sa propre action pour protester et mettre les gouvernants face à leurs responsabilités… Rendez-vous le 15 mars pour prendre le pouls de cette jeunesse qui a toutes les raisons du monde d’être révoltée.

Vous aussi, vous voulez vous investir ?
Pour en savoir plus sur Youth For Climate France, c’est par ici
Pour en savoir plus sur les mobilisations du 15 mars en France, c’est par là

 

 

Mobilité, alimentation, résidentiel… Ce qui nous attend pour rester en dessous de la barre des 1,5°C

Le scénario climatique est plus sombre que jamais. Selon un nouveau rapport de l’Onu, le monde s’éloigne de son objectif de maîtrise du réchauffement climatique. Le fossé entre les émissions de gaz à effet de serre et l’ambition de l’Accord de Paris ne cesse de grandir… Alors, comment rester alignés sur une trajectoire de réchauffement de 1,5°C ? Le cabinet B&L évolution s’est appuyé sur le rapport 2018 du GIEC pour lister les mesures concrètes à mettre en œuvre en France…
Chaque dixième de degré compte pour « conserver des modes de vie décents à moyen terme nous évitant d’entrer dans l’inconnu ». « C’est une véritable économie de guerre qu’il faut mettre en place, une économie de rationnement, d’efforts intenses qui nous sortent de notre monde de confort. Outre les classiques rénovations énergétiques des logements et développement des énergies renouvelables, la plupart des mesures apparaissent drastiques comme l’interdiction d’acheter une voiture neuve, de prendre un vol long-courrier ou encore la mise en place d’un couvre-feu thermique pour abaisser la température dans les logements. Cela demande un effort important de la part de tous sur une décennie ou deux. »

Infographie réalisée par Novethic
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NB : Cette infographie n’est qu’un résumé qui ne présente pas l’ensemble des mesures proposées ni la méthodologie de l’étude et sa visée.

– Le but n’est pas d’être exhaustif dans la présentation de toutes les mesures qui permettraient de faire baisser les GES mais de proposer un ensemble de mesures qui mises bout à bout permettent d’atteindre l’objectif 1,5°C.

– La contrainte de temps liée à l’objectif est tellement resserrée que de nombreuses mesures pouvant paraître intéressantes à long terme (démographie par exemple) sont d’office écartées.

– Ceci n’est ni un programme politique, ni une étude de faisabilité. L’objectif de l’étude est d’objectiver l’ampleur des mesures à mettre en place vis à vis du « budget CO2 » associé à la limite des 1,5°C. Il s’agit donc d’une étude essentiellement technique qui s’appuie sur les données climatiques du dernier rapport du GIEC et sur des calculs d’émissions de GES.

Lien pour télécharger l’étude complète : http://www.bl-evolution.com/…/181208_BLevolution_Etude-Traj…

La Base : quand climat et justice sociale unissent leurs forces

Un collectif d’organisations et de mouvements citoyens s’associe pour créer un espace de travail, de rencontres et d’activisme à Paris, à deux pas de la place de la République. La base (pour Base d’Action Sociale et Écologique) accueillera citoyens, entreprises, mais aussi entreprises et citoyens engagés, dans des bureaux, des salles de réunions, des espaces d’informations et un café/bar. Une première en Europe que vous pouvez participer à faire naître en cliquant par ici !

Alors que l’ONU exhorte les peuples à se mobiliser autour des enjeux climatiques, et face aux inégalités provoquées par un modèle économique injuste, la mobilisation citoyenne s’organise.

Persuadés que justice sociale et environnementale se rejoignent sur bien des points, et qu’elles ne peuvent être atteintes dans un système injuste et dangereux pour notre planète, des organisations et mouvements citoyens – dont Alternatiba, ANV-COP21, le Mouvement, le Consulat, Nature Rights, Partager C’est Sympa, Mouvement Utopia, et Notre Affaire à Tous – ont décidé d’associer leurs efforts autour des enjeux de la justice sociale et du climat.

Un lieu pour donner un ancrage au mouvement
Pour passer à la vitesse supérieure sur ces questions, le collectif d’organisations et de mouvements citoyens a décidé de se doter d’un lieu pour donner un ancrage au mouvement, au-delà des marches et des actions organisées ponctuellement.
Espace d’information, de réunion, de travail et d’action, la Base (pour Base d’Action Sociale et Écologique) est au service de l’engagement citoyen, ouvert à tou-t-e-s, et se veut un accélérateur de l’activisme social et écologique. C’est est un lieu où les citoyen-ne-s engagé-e-s ou qui souhaite s’engager pour le climat et pour la justice écologique et sociale se rencontrent et agissent.

Un accélérateur de la lutte sociale et écologique
La Base sera un accélérateur de la lutte sociale et écologique, avec trois objectifs :

  • Mobiliser massivement pour le climat et la justice sociale, par l’échange, la formation, et l’organisation d’actions
  • Proposer des actions à celles et ceux qui cherchent à s’engager pour la première fois
  • Promouvoir les alternatives et les solutions qui permettent de construire une société soutenable, plus juste, plus solidaire et plus conviviale.

L’échange et l’émulation au cœur du projet
Le fonctionnement du lieu est pensé pour créer le lien entre citoyen-ne-s et résident-e-s, à travers l’organisation de temps d’échange et de convivialité. Des organisations construisant la mobilisation citoyenne (Alternatiba, Notre Affaire à Tous, le GANG…) y auront leurs bureaux ; des places dans un espace de coworking seront également disponibles pour les professionnel-le-s souhaitant profiter de l’émulation du lieu, et le Boycott Citoyen a d’ores et déjà prévu d’y installer son QG. La Base sera également dotée d’un bar, et proposera la location de salle de réunion ou la privatisation d’une partie de ses espaces pour des événements.

Un projet participatif à soutenir pour passer à la vitesse supérieure
Un crowdfunding est lancé aujourd’hui pour participer à financer le fonctionnement de ce lieu unique en Europe. Parce que ce projet appartient à tou-te-s, les citoyen-ne-s concerné-e-s peuvent participer à la hauteur de leurs moyens à la concrétisation de la Base. L’argent récolté servira principalement à payer le loyer, la caution et les travaux. La Base pourra à terme générer des revenus grâce à la location de bureaux, de salles de réunion, au bar et à des privatisations. L’ouverture de cet espace est prévue courant mars.

Nous partageons la conviction que la mobilisation citoyenne est la clé pour créer un monde dont la justice sociale et écologique seront les valeurs cardinales. Ensemble, faisons naître La Base, pour faciliter les rencontres et les échanges qui seront le cœur de notre lutte.

Pour participer au crowdfunding c’est par ici
Pour en savoir plus sur le projet c’est aussi par ici

Climat : la génération « No Future » passe à l’action

Nos générations n’ont qu’à bien se tenir, la vraie génération « No Future » entre en scène, et elle n’a vraiment rien à perdre…

Les multinationales entravent toute action climatique ambitieuse ? Le lobby du patronat minimise les efforts environnementaux ? Les groupes agro-alimentaires continuent à déforester à tout va ? L’ONU nous prévient que nous n’avons plus que deux ans pour réagir avant une menace existentielle ? Toutes ces infos nous alertent, nous révoltent et nous attristent ? Les jeunes aussi. Face à l’inaction de leurs aînés, ils ont décidé de prendre les choses en main.

Greta Thunberg, la figure de proue

Greta Thunberg a été la première. La jeune suédoise de 15 ans a commencé à aller manifester à Stockholm, toute seule, devant le Parlement de son pays, au lieu d’aller en cours. Elle s’y est rendue pendant trois semaines avant les élections de septembre 2018, pour demander au Premier ministre de se conformer à l’Accord de Paris. Puis elle a décidé de renouveler son action chaque vendredi, en twittant avec le hashtag #ClimateStrike. Elle a fait une intervention remarquée lors de la COP 24. Et puis, il y a quelques jours, elle s’est rendue en train à Davos.

La jeunesse s’organise

« Si quelques enfants à travers le monde peuvent faire la Une en ne fréquentant pas l’école, imaginez ce que nous pourrions faire ensemble si nous le voulons vraiment. » Voilà ce que Greta Thunberg a déclaré lors du sommet international sur le climat en Pologne. Et les jeunes ont commencé à s’organiser. Pendant que les adultes échangeaient des photos de chatons et des Instagram de déjeuners parfaits, pendant que les grands de ce monde discutaient économie verte entre deux jets privés, et tergiversaient sur des pailles en plastique, les jeunes sont passés à l’action. Partie de Suède à la rentrée, la mobilisation a essaimé en Australie, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse, et puis en Belgique, au Canada, aux Etats-Unis, en Irlande, au Royaume-Uni… Le mois dernier, plus de 150000 étudiants déclenchaient des grèves dans plus de 270 villes aux quatre coins du monde. En Belgique, la mobilisation a rassemblé quelques 35.000 lycéens et étudiants sous l’étendard « Youth for Climate ».

Le 15 mars, jour de grève pour la génération « No Future »

La France aussi se réveille : dès le 15 février, les étudiant.e.s et lycéen.ne.s réuni.e.s ont choisi de se mettre en grève avec Désobéissance Ecolo Paris . Chaque début de semaine, les jeunes présenteront au gouvernement une mesure à mettre en oeuvre immédiatement pour empêcher la continuation du désastre écologique. Si rien n’est fait, une action de désobéissance sera menée chaque vendredi. Leçon n°1 : cette semaine, il est demandé au gouvernement de déclarer l’état d’urgence écologique et sociale, et de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour respecter les accords de Paris . Le 15 mars prochain, c’est Youth for Climate France qui appelle les collégiens, les lycéens et étudiants à faire une Grève pour le Climat, à la veille des Marches pour le Climat organisées le samedi 16 mars sur tout le territoire. Plus de 30 villes sont prêtes à organiser une manifestation.
A Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Troyes, Nancy, Caen, Annecy, Rouen, et aux quatre coins de la France, les jeunes s’apprêtent à prendre la relève, sidérés de l’inaction de leurs aînés. Ils ont un certain nombre de cartes en main : surfeurs nés du web, ils maîtrisent les réseaux comme personne. Et si les « adultes » sont dans un déni sociétal phénoménal, eux ne le sont pas. Ils voient leur monde couler, ils ont la fougue de la jeunesse, et l’énergie du désespoir. Nos générations « No Future » n’ont qu’à bien se tenir, la vraie génération « No Future » entre en scène, et elle n’a vraiment rien à perdre… Elle a même tout intérêt à tirer son épingle du jeu, parce que son épingle du jeu c’est la vie.

L’union fait la force contre l’inaction climatique

Et c’est précisément là, à ce point exact, que tout peut basculer. Les générations au-dessus peuvent s’intéresser au mouvement, le critiquer ou s’émouvoir, en profiter pour échanger de vieilles photos de mai 68, analyser la montée de la crise sociale, sociétale, et vaquer à ses occupations. Ou elles peuvent se rallier à cette jeunesse abasourdie, soutenir son ascension, saluer sa détermination, lui prêter main forte. La bonne nouvelle ? Les mouvements climatiques, les uns après les autres, se joignent à la lame de fond pour participer à donner de l’ampleur à la voix de la jeunesse. « Tout le mouvement climat se réjouit que la jeunesse s’organise pour montrer son engagement et sa détermination à lutter contre le dérèglement climatique », confirme Florent Compain, président des Amis de la Terre France.
Vos enfants veulent eux aussi être acteurs du changement pour participer à rendre leur avenir possible ? Parlez-leur de Greta Thunberg et des rassemblements organisés le 15 mars. C’est peut-être eux les super héros qui nous sortiront de ce pétrin.

La France attaquée pour inaction climatique : signez la pétition de l’Affaire du siècle !

« Les changements climatiques sont là : ils affectent déjà nos vies et n’épargnent personne. Nous assistons à la montée des eaux, à la fonte des glaces, à la multiplication des événements météorologiques extrêmes, tandis que les espèces animales et végétales disparaissent inexorablement. Les sécheresses et inondations sont de plus en plus dévastatrices. Nos exploitations agricoles sont en danger. L’air que nous respirons est pollué. Le prix de nos factures énergétiques explose. Partout, dans les pays du Sud comme dans les pays du Nord, les populations vulnérables sont les plus exposées.

Obnubilés par les enjeux du court terme, les Etats et les acteurs économiques restent sourds aux innombrables cris d’alarme des plus fragiles, des scientifiques, des associations. Alors que les investissements nécessaires pour remédier à la catastrophe devraient être financés majoritairement par les plus aisés, les classes moyennes et les plus démunis y contribuent aujourd’hui de manière indifférenciée. La lutte contre les changements climatiques ne doit pas se faire au détriment des plus fragiles. »

Pour dénoncer des mesures insuffisantes pour garder le réchauffement sous contrôle, les recours en justice se multiplient dans le monde… Et la France n’échappe pas à la règle ! Les associations y travaillaient depuis longtemps, et au lendemain d’une conférence climat de l’ONU (COP24) qui a déçu par l’incapacité des Etats à renforcer leur action, quatre ONG plaignantes ont adressé lundi un document préalable au président Emmanuel Macron et au gouvernement, annonçant leur intention d’attaquer l’Etat français pour inaction climatique. Greenpeace, Oxfam, la Fondation pour la nature et l’Homme (FNH) et l’association Notre affaire à tous sont les chefs de file de cette action historique : « on pressentait l’issue de la COP24 », a expliqué Cécile Duflot à La Croix. « Même sur leurs engagements initiaux, les États n’arrivent pas à dégager des modes d’action, et notamment pas la France ». Les plaignants soulignent que la France, dont les émissions de GES sont reparties à la hausse en 2015, ne respecte notamment pas ses objectifs de court terme. Ils se fondent sur la Constitution et la Convention européenne des droits de l’homme, qui garantissent la protection des citoyens. Ils dénoncent aussi « une violation de plusieurs engagements de la France en matière de lutte contre le changement climatique au titre du droit international ».

Selon la procédure, l’État a deux mois pour répondre. Les ONG prévoient dans un second temps, en mars probablement, d’introduire un recours juridique devant le tribunal administratif de Paris. L’idée est de « le contraindre à agir », dit Cécile Duflot, pour Oxfam : « l’urgence et l’inaction l’exigent. Ce n’est pas anecdotique que des ONG, qui ont toujours participé aux négociations, au Grenelle… disent : maintenant ça suffit! »

Pour soutenir la demande de Greenpeace, Oxfam, la Fondation pour la nature et l’Homme (FNH) et l’association Notre affaire à tous, et montrer vous aussi à l’Etat votre mécontentement face à son inaction climatique, signez la pétition !