Google abuse des data centers avec Stadia ? Dégooglisons Internet !

Nous sommes désormais plus de 3,7 milliards d’internautes dans le monde (soit 51 % de la population)… Alors si vous ne le saviez pas, vous l’imaginiez bien, et un rapport du think tank The Shift Project vient de le confirmer : la consommation d’énergie du numérique augmente. De 9 % chaque année en moyenne. Et côté prévisions, ça ne rigole pas : « le numérique devrait émettre en 2020 autant de CO2 que l’Inde en 2015 », analyse le rapport. Bien sûr, l’étude prend en compte la production ET l’utilisation des technologies numériques. Et la production, on en parlera lors d’un autre boycott (teasing !).
Mais pour ce qui concerne leur utilisation, on ne peut passer à côté de Google… En vingt ans, il est devenu un géant absolu. Qui n’utilise pas le célèbre moteur de recherche ? Qui ne recherche pas une adresse sur Google Maps, qui ne regarde pas des vidéos sur Youtube ? Google est partout, et traite quelques 3,3 milliards de requêtes chaque jour (100 milliards par mois).

Les recherches pèsent sur la planète

Le problème ? Un chercheur de Harvard, M. Wissner-Gross, a calculé que chaque requête sur le moteur de recherche Google produit 7 g de C02 du fait de l’immense quantité d’énergie consommée par ses quelque 500.000 serveurs. Résultat : en France, sur la base de 45,8 millions d’internautes en mai 2017, soit 87 % des Français (chiffres Médiametrie), les émissions de gaz à effet de serre liées à cet usage de recherche représenteraient plus de 450.000 tonnes équivalent CO2… Vous voulez voir combien ça fait depuis le début de l’année en temps réel ? Attention, ça donne le vertige !

Les mails participent au réchauffement climatique

On a du mal à imaginer combien d’énergie consomme l’envoi d’un mail. Mais on a aussi de la chance, parce qu’il existe des chiffres sur tout, maintenant, et notamment grâce à l’excellent documentaire « Internet, la pollution cachée » de France 5 : avec une pièce jointe, un mail, c’est l’équivalent d’une ampoule basse consommation allumée pendant une heure (soit 24 Wh selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, Ademe), sans pièce jointe, c’est cinq fois moins : 5 Wh. Et en 2016, c’est 2 672 milliards d’e-mails (hors spam) qui ont été envoyés dans le monde. Evidemment, ça fait beaucoup. Beaucoup, beaucoup : sachez que la production électrique de 15 centrales nucléaire pendant 1 heure équivaut à l’envoi de seulement 10 milliards de mails.

Les data centers surchauffent l’atmosphère

Reste à stocker toutes les données qui circulent… Les datacenters, fonctionnant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sont des gouffres énergétiques qui doivent être refroidis en permanence. La climatisation, indispensable, représente près de 40 % de leur facture électrique globale. Aux Etats-Unis, 5 % de l’électricité de la Caroline du Nord est utilisée par les principaux centres de Google, Apple et Facebook. Le hic, c’est que cette électricité est principalement issue de centrales thermiques au charbon, et que le charbon produit 50 fois plus de CO2 que les autres énergies fossiles… Alors certes, Google arguera qu’il a ouvert un Data Center écologique en Finlande, et qu’il peut le refroidir naturellement grâce à l’énergie hydraulique et aux températures glaciales qui sévissent dans le pays. Mais ça n’en fait qu’un sur 37. Et s’il a décidé d’opter pour un plan tourné vers l’énergie renouvelable concernant ses serveurs, le géant est moins regardant lorsqu’il s’agit de ses chaînes de production, et a été épinglé par Greenpeace l’an dernier.

Stadia, la plateforme de jeu à la demande qui inquiète

Aujourd’hui même, Le géant du Web a présenté son projet de plate-forme de jeu à la demande, attendue courant 2019 en Europe. On peut redouter l’impact environnemental de cette plate-forme, qui repose sur une infrastructure particulièrement lourde, calcul à distance oblige. « Stadia fonctionne grâce à des data centers, qui sont des gouffres énergétiques immenses », prévient dans Le Monde Thomas Versaveau, ancien d’une entreprise de streaming de jeu vidéo et auteur de la chaîne YouTube Game Spectrum, qui s’est notamment illustré en enquêtant sur l’impact environnemental de l’industrie de la manette.

Les alternatives à Google

Certains s’affolent déjà : comment on fait sans Google ? Hé bien malheureusement, on ne peut pas faire sans Google, on ne va pas vous mentir. A moins de changer drastiquement de mode de vie, ce qu’on ne va pas pouvoir faire d’un coup d’un seul, en ce mercredi matin. Mais on peut déjà changer de moteur de recherche et opter pour une boîte mail plus écologique. Cela, on peut le faire très facilement, on peut le faire dans la journée, et le peu que l’on puisse faire, il faut le faire, comme le disait Théodore Monod.

Moteurs de recherche

Changer de moteur de recherche, on peut le faire très facilement, on peut le faire dans la journée, et le peu que l’on puisse faire, il faut le faire, comme le disait Théodore Monod.

On peut ainsi utiliser Ecosia. Elaboré par une start-up berlinoise, il utilise une partie de ses revenus pour planter des arbres. Explications : comme tous les moteurs de recherche, Ecosia possède des liens publicitaires (EcoAds et EcoLinks) permettant d’obtenir des revenus pour chaque clic ou un pourcentage lors d’un achat sur un site partenaire. 80 % des bénéfices sont utilisés pour le soutien d’actions de reforestation au Pérou, en Indonésie, à Madagascar et au Burkina Faso… Soit l’équivalent de 2.000 euros par jour destinés aux arbres. Et pour neutraliser les émissions de CO2 causées par les recherches de ses utilisateurs, Ecosia fait appel à Myclimate possédant un programme de compensation de carbone.

Autre possibilité : Lilo. Ce moteur de recherche français reverse 50% de ses revenus à des projets sociaux et environnementaux. Le principe est le même que pour Ecosia : à chaque fois que l’on effectue une recherche, on gagne une goutte d’eau. Celle-ci représente l’argent que l’on génère grâce à l’affichage des liens commerciaux. Les gouttes d’eau collectées peuvent ensuite être redistribuées à l’association que l’on souhaite. Et contrairement à Google, Lilo empêche la collecte de nos données personnelles et désactive le tracking publicitaire.

Et puis il y a aussi et surtout Qwant : le navigateur européen Qwant, « 100 % protecteur de votre vie privée » en bannissant cookies et traçages publicitaires, , s’est engagé à s’alimenter exclusivement en énergies renouvelables via la signature d’un partenariat avec le groupe Akuo Energy.

Boîtes mail

Du côté des boîtes mail, il y a la messagerie Lilo, avec laquelle on peut envoyer des pièces jointes jusqu’à 5 Go avec un impact énergétique minime. Elle propose de télécharger la pièce jointe dès sa réception via un lien dédié, limitant son temps de stockage dans les data centers. Autre avantage : elle nous alerte lorsque des pièces jointes inutiles et volumineuses occupent notre espace. Finalement, les serveurs de Lilo utilisent en partie de l’électricité produite à partir d’éoliennes ainsi qu’un système de refroidissement sans climatisation.

Il y a aussi Ecomail, dont 50% des revenus provenant de la vente du service sont utilisés pour la promotion, le développement et la création de projets écologiques. Tout comme Lilo, elle incite les utilisateurs à gérer leurs courriels de façon écologique, en leur rappelant par exemple de les trier pour libérer de l’espace et limiter leur pollution.La boîte mail, qui propose 5 Go d’espace disque et 2 Go d’espace disque Cloud, coûte 12 euros par an, mais analysons que c’est à peine le prix d’un menu au resto. On doit bien ça à la planète.

Il y a finalement la française Newmanity. Elle ne finance pas de projet écologique (dans la version gratuite destinée aux particuliers), mais son mode de fonctionnement est ultra vert : l’électricité qui l’alimente est fournie par Enercoop, dont l’énergie est 100% renouvelable et son data center Evoswitch se targue d’être le premier à avoir une empreinte carbone neutre. Il est basé aux Pays-Bas et est alimenté uniquement par de l’électricité issue d’énergies entièrement renouvelables : éolien, biomasse, solaire et hydraulique. Newmanity indiquait également à LCI en 2016 avoir décidé « de ne pas enregistrer d’informations sur la vie privée des utilisateurs, ce qui fait qu’on consomme beaucoup moins d’énergie sur nos serveurs ». Chez Newmanity, l’accès est gratuit pour 1 Go d’espace de stockage ainsi qu’un cloud. L’espace est certes quinze fois plus réduit que celui de la messagerie de Google, Gmail, mais cela incite les utilisateurs à trier leurs e-mail, et non à stocker des messages inutiles indéfiniment.

Et il y en a encore d’autres, à étudier par ici ! N’hésitez plus…

Et pour tout le reste…

Le premier truc à faire ? Aller voir du côté de Framasoft, qui offre de très belles alternatives aux manips que nous faisons tous les jours sur Google, avec des centaines de logiciels et de contenus culturels libres, classés, testés et présentés dans des fiches synthétiques. Si vous ne supportez plus d’utiliser Doodle ou que Dropbox vous inspire tout le dégoût du monde, vous avez tout intérêt à vous tourner vers cette initiative qui regroupe sur un site dédié une trentaine de services alternatifs. Pour s’informer c’est par ici !

Et il y a encore OpenStreetMaps pour remplacer GoogleMaps !

Alors, prêts à boycotter Google ?

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Vous suivez le Boycott Citoyen ? Vous avez initié des changements dans vos modes de consommation grâce aux alternatives proposées ? N’hésitez pas à soutenir nos actions sur Tipeee !

Moteurs de recherche, boîtes mail, outils… Dégooglisons Internet !

Alors que les Européens ne parviennent toujours pas à se mettre d’accord sur la fiscalité des multinationales du numérique, Google en profite. Le moteur de recherche a poursuivi tranquillement sa stratégie d’optimisation fiscale en 2017, en déplaçant artificiellement 19,9 milliards d’euros de profits vers les Bermudes, un paradis fiscal où il bénéficie d’une fiscalité quasi nulle. Révoltant… Mais comment on fait sans Google ? Hé bien malheureusement, on ne peut pas faire sans Google, on ne va pas vous mentir. A moins de changer drastiquement de mode de vie, ce qu’on ne va pas pouvoir faire d’un coup d’un seul. Mais on peut déjà changer quelques bricoles…

Moteurs de recherche

Changer de moteur de recherche, on peut le faire très facilement, on peut le faire dans la journée, et le peu que l’on puisse faire, il faut le faire, comme le disait Théodore Monod.

On peut ainsi utiliser Ecosia. Elaboré par une start-up berlinoise, il utilise une partie de ses revenus pour planter des arbres. Explications : comme tous les moteurs de recherche, Ecosia possède des liens publicitaires (EcoAds et EcoLinks) permettant d’obtenir des revenus pour chaque clic ou un pourcentage lors d’un achat sur un site partenaire. 80 % des bénéfices sont utilisés pour le soutien d’actions de reforestation au Pérou, en Indonésie, à Madagascar et au Burkina Faso… Soit l’équivalent de 2.000 euros par jour destinés aux arbres. Et pour neutraliser les émissions de CO2 causées par les recherches de ses utilisateurs, Ecosia fait appel à Myclimate possédant un programme de compensation de carbone.

Autre possibilité : Lilo. Ce moteur de recherche français reverse 50% de ses revenus à des projets sociaux et environnementaux. Le principe est le même que pour Ecosia : à chaque fois que l’on effectue une recherche, on gagne une goutte d’eau. Celle-ci représente l’argent que l’on génère grâce à l’affichage des liens commerciaux. Les gouttes d’eau collectées peuvent ensuite être redistribuées à l’association que l’on souhaite. Et contrairement à Google, Lilo empêche la collecte de nos données personnelles et désactive le tracking publicitaire.

Et puis il y a aussi et surtout Qwant : le navigateur européen Qwant, « 100 % protecteur de votre vie privée » en bannissant cookies et traçages publicitaires, , s’est engagé à s’alimenter exclusivement en énergies renouvelables via la signature d’un partenariat avec le groupe Akuo Energy.

Boîtes mail

Du côté des boîtes mail, il y a la messagerie Lilo, avec laquelle on peut envoyer des pièces jointes jusqu’à 5 Go avec un impact énergétique minime. Elle propose de télécharger la pièce jointe dès sa réception via un lien dédié, limitant son temps de stockage dans les data centers. Autre avantage : elle nous alerte lorsque des pièces jointes inutiles et volumineuses occupent notre espace. Finalement, les serveurs de Lilo utilisent en partie de l’électricité produite à partir d’éoliennes ainsi qu’un système de refroidissement sans climatisation.

Il y a aussi Ecomail, dont 50% des revenus provenant de la vente du service sont utilisés pour la promotion, le développement et la création de projets écologiques. Tout comme Lilo, elle incite les utilisateurs à gérer leurs courriels de façon écologique, en leur rappelant par exemple de les trier pour libérer de l’espace et limiter leur pollution.La boîte mail, qui propose 5 Go d’espace disque et 2 Go d’espace disque Cloud, coûte 12 euros par an, mais analysons que c’est à peine le prix d’un menu au resto. On doit bien ça à la planète.

Il y a finalement la française Newmanity. Elle ne finance pas de projet écologique (dans la version gratuite destinée aux particuliers), mais son mode de fonctionnement est ultra vert : l’électricité qui l’alimente est fournie par Enercoop, dont l’énergie est 100% renouvelable et son data center Evoswitch se targue d’être le premier à avoir une empreinte carbone neutre. Il est basé aux Pays-Bas et est alimenté uniquement par de l’électricité issue d’énergies entièrement renouvelables : éolien, biomasse, solaire et hydraulique. Newmanity indiquait également à LCI en 2016 avoir décidé « de ne pas enregistrer d’informations sur la vie privée des utilisateurs, ce qui fait qu’on consomme beaucoup moins d’énergie sur nos serveurs ». Chez Newmanity, l’accès est gratuit pour 1 Go d’espace de stockage ainsi qu’un cloud. L’espace est certes quinze fois plus réduit que celui de la messagerie de Google, Gmail, mais cela incite les utilisateurs à trier leurs e-mail, et non à stocker des messages inutiles indéfiniment.

Et il y en a encore d’autres, à étudier par ici ! N’hésitez plus…

Et pour tout le reste…

Le premier truc à faire ? Aller voir du côté de Framasoft, qui offre de très belles alternatives aux manips que nous faisons tous les jours sur Google, avec des centaines de logiciels et de contenus culturels libres, classés, testés et présentés dans des fiches synthétiques. Si vous ne supportez plus d’utiliser Doodle ou que Dropbox vous inspire tout le dégoût du monde, vous avez tout intérêt à vous tourner vers cette initiative qui regroupe sur un site dédié une trentaine de services alternatifs. Pour s’informer c’est par ici !

Et il y a encore OpenStreetMaps pour remplacer GoogleMaps !

Alors, prêts à boycotter Google ?

Allo Apple ? Ne compte plus sur nous avant d’avoir lancé un i-phone durable et réparable (et payé ta juste part d’impôts)

Derrière ses vitrines, ses téléphones et sa communication graphiquement irréprochables, Apple applique une politique fiscale et écologique qui laisse à désirer.

Sa première filiale française, Apple France SARL déclarait, fin septembre 2017, un chiffre d’affaires de 89 millions d’euros pour un impôt de 14,5 millions. La seconde, Apple Retail France EURL, qui compte plus de 2.100 salariés, a déclaré, à la même période, un chiffre d’affaires de 711 millions d’euros et un impôt de 4,6 millions d’euros. Or, les estimations réelles du chiffre d’affaires enregistré par les filiales d’Apple en France se situent, a minima, à 4 milliards d’euros…
Scandaleux ? Peut-être, mais strictement légal…
Le problème, c’est que les GAFA sont des championnes de l’optimisation fiscale. Une entreprise n’est en effet assujettie à l’impôt d’un pays que si elle y détient un « établissement stable ». Pour y échapper, les géants du web transfèrent de manière artificielle leur activité dans des pays où la fiscalité est plus accueillante, comme l’Irlande ou le Luxembourg… Et ne gardent en France que des filiales avec le moins de salariés possible.
Parce que nous exigeons des règles fiscales équitables et transparentes, qui obligent les GAFA à payer leur juste part d’impôts et de taxes, nous, citoyens, avons décidé de boycotter les mastodontes.

Mais si Apple restera tout particulièrement dans notre ligne de mire, c’est parce que l’entreprise cumule injustice fiscale, et désastre environnemental : smartphones, tablettes, ordinateurs, télévisons, appareils électroménagers… En 2016, les humains ont généré près de 44,7 millions de tonnes de déchets électroniques, soit l’équivalent de 4500 tours Eiffel. Ce que ces déchets deviennent ? Rien : 80 % ne font l’objet d’aucune traçabilité, et terminent dans des incinérateurs, ou dans des décharges. Pire : des experts estiment que la masse de ces déchets devrait augmenter de 17 % d’ici à 2021… Une progression plus rapide que n’importe quelle autre ordure ménagère et dont l’impact écologique est désastreux.

Dans ce contexte, l’ensemble des acteurs prenant part au cycle de vie des produits sont concernés, et doivent contribuer à faire évoluer la situation. A commencer par les constructeurs de produits high-tech ! En intégrant des principes d’éco-conception à leurs produits, ils permettraient la simplification du recyclage. Par exemple.

Le font-ils ? Pas tous. Et certainement pas Apple.
Apple qui a annoncé des résultats financiers pour le troisième trimestre de son exercice fiscal 2018 s’élevant à 53,3 milliards de dollars, soit une hausse de 17 % par rapport au troisième trimestre 2017. « Nous sommes ravis d’annoncer qu’Apple a enregistré le meilleur troisième trimestre de son histoire ainsi qu’une croissance à deux chiffres de son chiffre d’affaires pour le quatrième trimestre consécutif », a déclaré Tim Cook, CEO d’Apple.

Il est ravi, donc.

Sait-il que l’extraction de la cinquantaine de métaux présents dans la composition d’un smartphone (deux fois plus que pour un portable d’ancienne génération) génère des exploitations humaines honteuses, et participe à la formation de troubles politiques, comme en République démocratique du Congo, autour de l’exploitation du tantale notamment ? Sait-il que l’extraction et la transformation de ces ressources polluent, produisent des déchets radioactifs et détruisent les paysages, comme le rappelle le reportage d’Arte « Terres rares : le high-tech à quel prix ? » ?

Sait-il que ces matériaux restent difficilement recyclables, du fait qu’ils soient, pour la plupart, sous forme d’alliage ?

Sait-il que sur les 849.450 iPhone vendus par jour (soit 35.393 toutes les heures, ou 590 toutes les minutes), seuls 15 % sont recyclés en fin d’usage, selon une étude réalisée conjointement par l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et l’ONG France Nature Environnement ?

Il le sait probablement.
Mais cela ne le dérange pas au point d’utiliser une infime partie de ses profits pour mettre en pratique des principes d’éco-conception, ou pour mettre en place des circuits simples et efficaces de recyclage en fin de vie.
Apple, bien au contraire, préfère proposer régulièrement de nouvelles versions plus sophistiquées ou des mises à jour incompatibles avec les précédents modèles, privilégiant l’obsolescence esthétique et logicielle. La firme préfère réduire toujours plus la durée d’utilisation de ses téléphones, avec des batteries ne pouvant supporter qu’un nombre limité de cycles de charge (300 à 400 cycles soit deux à trois ans d’utilisation). Et elle préfère rendre toujours plus complexe la réparation, avec des produits quasi indémontables et des pièces de rechange indisponibles, autant de cas d’obsolescence technique.

L’an dernier, Greenpeace épinglait le géant, en pointant du doigt des réparations impossibles, des batteries irremplaçables, et des coûts de réparation exorbitants. En décembre 2017, Halte à l’obsolescence programmée (Hop) lançait un pavé dans la mare du commerce français des smartphones, en déposant une plainte contre Apple.  L’association y accusait la société américaine de brider ses anciens modèles d’iPhone via une mise à jour du système d’exploitation, et ce, au moment même de la sortie de l’iPhone 8, afin de pousser ses clients à acheter le nouveau modèle.

Apple s’est-il saisi de la question ? Absolument pas. Il a préféré réitérer : en novembre dernier, un nouveau scandale a émergé au sujet de la marque à la pomme. Selon HOP, les ordinateurs MacBook Pro et iMac Pro seraient dotés d’une puce T2 capable de bloquer des appareils si ceux-ci ont été réparés par des entreprises non agréées. Selon plusieurs sources, cette puce permettrait en effet de bloquer les réparations n’ayant pas eu recours au logiciel Apple Service Toolkit, utilisé par les réparateurs agréés.

Le résultat ? Alors que notre vieux Nokia 3310 sorti en 2000 a fonctionné pendant des années sans poser de problème, le dernier iPhone 6 demande une attention toute particulière pour dépasser deux ans. Si bien que nous changeons de téléphone portable environ tous les 20 mois, alors qu’en réalité ces produits ont une durée de vie moyenne de 4 ans selon l’UNEP (Programme des Nations Unies pour l’environnement).

Pour obliger Apple à revoir sa copie et à relever le défi face aux enjeux climatiques phénoménaux qui nous attendent, boycottons la marque. Lorsque Apple réalisera que le critère de la durabilité devient important pour ses consommateurs, il finira par agir. Mais attention : il ne s’agit pas de répercuter notre achat sur un autre téléphone portable coûteux pour l’environnement : les alternatives existent, et des entreprises telles que Fairphone ont montré qu’il était possible de fabriquer des téléphones portables responsables : soutenons-les !

Les médias annoncent prématurément la taxe sur les GAFA : Parisiens, RDV jeudi devant le siège d’Apple

Le Figaro, France 24, RTL, Libération, et moultes autres titres de presse l’ont annoncé avant-hier, avec tambour et trompettes : « la France n’attendra pas la mise en place d’une taxe européenne, freinée par l’Allemagne et l’Irlande, pour accroître la fiscalité des géants du numérique dans l’Hexagone. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a annoncé que l’impôt sera prélevé dès le 1er janvier prochain pour un montant évalué à un demi milliard d’euros. »

Sauf que.
Sauf que dans notre pays, le ministre de l’Economie ne décide pas seul des lois, qui doivent suivre un processus législatif rigoureux (et fort heureusement). Or, en cherchant bien, voilà ce que nous apprenons sur le site de Marie-Noëlle Lienemann qui est à l’initiative de l’amendement : « le Sénat avait adopté dans la nuit du 28 au 29 novembre 2018 un amendement présenté par Marie-Noëlle Lienemann, au projet de loi de finances, permettant de taxer les géants du numérique (dont le produit espéré pouvait atteindre plusieurs milliards d’euros) créant ainsi l’article 18 bis D. Le gouvernement avait manifesté son désaccord et émis un avis défavorable.

La commission des finances de l’Assemblée nationale, dominée par la majorité LREM, a demandé la suppression de la mesure votée par le Sénat lors de sa réunion du vendredi 14 décembre 2018. Une fois de plus les députés de la majorité ont manifesté leur incapacité à entendre les Français, alors même que le gouvernement annonce des mesures similaires à intégrer dans le projet de loi Pacte qui ne sera pas adopté avant plusieurs semaines.

Si le gouvernement veut prouver la réalité de son engagement, il doit demander à sa majorité parlementaire de ne pas suivre l’avis de la commission des finances de l’Assemblée nationale et donc de maintenir dans le projet de loi de finances pour 2019 la mesure adoptée par le Sénat pour taxer les GAFA (article 18 bis D). »

Autrement dit, rien n’est fait, et la déclaration de Bruno Le Maire est très prématurée.

Nous nous pencherons un autre jour sur l’irresponsabilité des médias qui n’hésitent pas à divulguer des informations anticipées, biaisées et erronées. Nous le ferons, mais aujourd’hui, ceux que nous avons dans le viseur, ce sont les GAFA, petit surnom donné aux mastodontes Google, Apple, Facebook et Amazon.

Depuis le mois d’octobre, trois d’entre eux sont ciblés par le Boycott Citoyen, qui leur reproche, pêle-mêle, d’encourager l’obsolescence programmée, de ne pas prendre en compte l’urgence climatique dans leur stratégie, mais aussi de ne pas payer leur juste part d’impôts.

De fait, selon le magazine Capital, Google France, qui compte 639 salariés, n’a payé qu’un impôt de 14 millions d’euros en 2017 pour un chiffre d’affaires déclaré de 325 millions d’euros. Mais selon une étude du cabinet PwC pour le Syndicat des Régies Internet et relayée par BFM TV, rien qu’à lui seul, le marché de la publicité sur les moteurs de recherche Internet, très largement dominé par Google, atteignait en 2017 2 milliards d’euros.

Le cas Amazon est parlant lui aussi. La plateforme de Jeff Bezos a multiplié ces dernières années ses implantations en France : ses huit entreprises emploient au total 5.500 salariés en CDI, et réalisent des dizaines de millions d’euros en chiffre d’affaires. Amazon France Logistique SAS, qui regroupe plus de 3.800 salariés de l’effectif d’Amazon en France, a enregistré en 2017 un chiffre d’affaires de 380 millions d’euros. Son impôt sur les sociétés ? Il s’est élevé à 8 millions d’euros.

Autre grande cible des critiques : Apple et ses deux filiales en France. La première, Apple France SARL déclarait, fin septembre 2017, un chiffre d’affaires de 89 millions d’euros pour un impôt de 14,5 millions. La seconde, Apple Retail France EURL, qui compte plus de 2.100 salariés, a déclaré, à la même période, un chiffre d’affaires de 711 millions d’euros et un impôt de 4,6 millions d’euros. Or, les estimations réelles du chiffre d’affaires enregistré par les filiales d’Apple en France se situent, a minima, à 4 milliards d’euros…

Scandaleux ? Peut-être, mais strictement légal…
Le problème, c’est que les GAFA sont des championnes de l’optimisation fiscale. Une entreprise n’est en effet assujettie à l’impôt d’un pays que si elle y détient un « établissement stable ». Pour y échapper, les géants du web transfèrent de manière artificielle leur activité dans des pays où la fiscalité est plus accueillante, comme l’Irlande ou le Luxembourg… Et ne gardent en France que des filiales avec le moins de salariés possible. En 2012, le fisc avait déjà visé Amazon, le géant américain de commerce en ligne un redressement de 250 millions d’euros. Amazon avait contesté l’estimation de l’administration fiscale française, en expliquant que ses activités en France étaient pilotées depuis son siège européen au Luxembourg. Un pays où la fiscalité est plus légère… Résultat : le contentieux fiscal – autour de 200 millions d’euros – a donné lieu à un « accord de règlement d’ensemble » avec le fisc français. Sur les détails de la transaction entre l’Etat et le géant du e-commerce, la direction générale des Finances publiques s’est refusée à tout commentaire, se retranchant derrière le secret fiscal.

Parce que nous exigeons des règles fiscales équitables et transparentes, qui obligent les GAFA à payer leur juste part d’impôts et de taxes, nous, citoyens, avons décidé de boycotter les mastodontes, et de le leur dire : demain jeudi 20 décembre, les Parisiens ont rendez-vous dès 17h devant l’Apple Store d’Opéra (pour info, l’événement facebook est par là). Ailleurs, vous nous suivez ?

A vos affiches !

affichette apple

 

Boycott d’Amazon : hier, aujourd’hui et à jamais

Agir maintenant : c’est l’injonction de l’étude spéciale du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) rendue publique en octobre. Pourtant, l’Europe ne semble pas s’inquiéter au point de passer à l’action : pas un seul État membre de l’UE ne figure parmi les 16 pays sur 197 qui, selon une étude réalisée par un centre de recherche américain et deux centres de recherche britanniques, ont pris les mesures politiques appropriées promises dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat.

Et nous, pendant ce temps-là, nous apprenons que le Brésil sombre dans l’extrême droite, entre une vidéo nous annonçant que 60% des animaux sauvages ont disparu en 44 ans, et un article nous informant du dégel flippant et néanmoins silencieux du pergélisol. Alors, comme nous faisons partie des 5% de la planète à pouvoir, à devoir le faire, nous tâchons, avec les moyens du bord, de privilégier  le bio et le local, nous évitons le gaspillage, nous boycottons le plastique… Mais nous savons pertinemment que la portée de nos petits gestes du quotidien, aussi indispensables soient-ils, est annihilée par les conduites irresponsables de multinationales qui ont un impact autrement plus colossal que le nôtre. Disons-le tout net : l’inquiétude nous gagne, la folie nous guette et l’impuissance nous terrasse.

Pourtant, toutes les infos alarmantes n’ont rien changé à l’affaire : dès le début du mois de novembre, sans ciller, prévisibles à vomir, dédaigneux du naufrage de ce monde et certains de s’en mettre plein les poches, les fabricants de consommables ont mis le cap sur Noël.

Utiliser notre pouvoir de consommateurs
Pourtant, tout n’est pas complètement foutu. Tout pourrait ne pas être phénoménalement gâché. Car nous sommes des consommateurs et des consommatrices, dont dépendent directement les entreprises qui se moquent de nous, des autres, de tout et de la terre entière. Nous avons le pouvoir de faire évoluer leurs pratiques scandaleuses, et comme visiblement ce n’est pas de gré, nous avons le pouvoir de décider que ce sera de force. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un exercice de longue haleine, courageux et coûteux : en fait, les fêtes de fin d’années pourraient suffire ! Il suffit de jeter un oeil à une animation en temps réelle pointant les habitudes de consommation des Français et les chiffres d’affaires de grandes enseignes pour se faire une idée plus précise du business de Noël. On peut aussi rendre une petite visite à ConsoGlobe pour achever de se remettre les idées en place.

Boycotter Amazon, spécialiste de la fast consommation
Alors on se relève les manches et on passe à l’action, en boycottant Amazon. Et ce aujourd’hui, et demain, et tant qu’à faire, pour toujours.
Il faut dire que l’an dernier, les Français ont acheté 2 millions de produits sur le site d’Amazon en une seule journée, lors du Black Friday… Ce n’est donc pas du tout par hasard, si l’on choisit cette cible à cette période de l’année. Nous n’allons pas rappeler tous les vices d’Amazon, Vice l’a déjà fait et plein d’autres encore. Donnons simplement quelques chiffres :

– En 2017, Amazon a livré plus de 5 milliards de colis en Prime (livraison gratuite le jour même)
– Tous ces colis, stockés dans des entrepôts pour pouvoir être livrés rapidement, ont auparavant transité depuis leur lieu de production, le plus souvent par la voie maritime, qui voit circuler plus de 90 % des marchandises acheminées dans le monde.
– Or les navires qui portent ces marchandises polluent énormément : les experts estiment  qu’un seul navire génère autant de pollution aux particules ultrafines qu’un million de voitures, à cause de la teneur en soufre de leurs carburants, jusqu’à 3 500 fois plus élevée que le diesel des voitures.
Pas très étonnant, dès lors, que Greenpeace ait épinglé Amazon l’an dernier pour son impact environnement : l’entreprise a opté pour les énergies renouvelables pour ses serveurs, et construit des panneaux solaires mais lorsqu’il s’agit de ses chaînes de productions, l’électricité consommée pêche, de même que son origine. En matière de matériaux, de traçabilité, de transparence et de design, le géant de Seattle est aussi gravement à la traîne. Finalement, selon le rapport, il n’existe pas de positions réellement bénéfiques pour l’environnement de la part de la firme : à l’exception de son rôle de soutien public à l’accord de Paris, Amazon ne dévoile aucune statistique sur le recyclage de ses produits et sa part d’énergie renouvelable. Elle ne montre en outre aucun effort particulier dans aucun des domaines soulignés par le rapport.
– Tout cela n’a pas l’air de déranger Jeff Bezos : le fondateur de l’entreprise trône toujours en tête des plus grosses fortunes du monde. Avec les 16% d’Amazon qu’il détient, sa fortune est estimée à 116 milliards de dollars
– Pire : Jeff Bezos a avoué l’an dernier « ne pas savoir quoi faire de sa fortune ». On lui suggèrerait bien de faire un peu moins fortune en respectant un peu plus les hommes et la terre, mais apparemment, cela demande trop d’imagination. Voilà qui devrait faire plaisir aux 80% de la population mondiale qui vivent avec moins de 10 dollars par jour, et n’ont pas le loisir de se poser ce genre de questions…
– Et tout cela, en ayant le culot de donner à sa société le nom de la plus incroyable forêt, de la plus phénoménale réserve de biodiversité que la terre ait à nous offrir

Déconstruire l’opération “lecture + cadeau = Amazon”
Commander un bouquin sur Amazon, c’est simple comme “je n’ai pas le temps d’aller chez un libraire indépendant pour acheter un livre qu’il n’aura probablement pas, il faudra le commander, ça va être compliqué alors qu’en deux clics je peux gérer le truc entre midi et deux au boulot”. Mais déconstruire l’opération “lecture + cadeau = Amazon”, c’est très simple aussi.

Voici quelques idées :

  • Il y a des plateformes de librairies indépendants qui font exactement la même chose qu’Amazon. Comme par exemple lalibrairie.com, ou Leslibraires.fr, un véritable réseau de libraires indépendants, qui vous proposeront un très large choix de livres neufs, mais aussi de livres anciens, rares ou d’occasion.
  • Autre option : Chez Mon Libraire, site collectif mis en place par les libraires de l’association Libraires en Rhône-Alpes en Novembre 2014. A partir de la rentrée 2016, il a été ouvert aux libraires auvergnats de LIRA. Aujourd’hui ce sont plus de 100  librairies qui, dans un esprit solidaire, ont fait le choix d’un service commun.
  • Dans la catégorie “l’arroseur arrosé”, on a aussi Amazon Killer, qui permet de faire la recherche sur Amazon puis de trouver le libraire indépendant qui vend le bouquin près de chez vous
  • On peut toujours se tourner vers Gibert.com pour acheter ou vendre des libres neufs ou d’occasion
  • De nombreux sites dont www.donnons.org proposent des livres d’occasion, gratuits !
  • Vous pouvez tester Scribd, un site de partage de documents en ligne actif depuis mars 2007. Scribd offre un lecteur gratuit de documents de 160 ko qui se charge dans les navigateurs, et les documents iPaper sont obtenus après conversion en PDF et peuvent être partagés. Ce lecteur supporte les zooms, la recherche de texte, différents modes de visualisation, l’utilisation de l’imprimante. Toutefois, le téléchargement des ouvrages reste réservé aux utilisateurs inscrits et ayant souscrit à un passe limité dans le temps.
  • Sinon, aussi, il y a l’imagination : appeler le libraire qui se trouve à côté de chez votre tata à qui vous voulez faire un cadeau, lui commander 6 livres de poche (d’occasion, même, si tata n’est pas contre le fait de toucher un livre sur lequel se sont inscrites d’autres empreintes de doigts), et offrir à tata pour noël un bon pour un bouquin tous les deux mois courant sur tout 2019.
  • Le cadeau qui dure aussi, c’est pas mal. Profitez de noël pour offrir un abonnement à un magazine indépendant. Il y en a pléthore, et ils se battent comme des braves pour essayer de vous donner de l’information intelligente, positive, différente, prospective… On ne saurait les citer tous, mais il y en a pour tous les goûts : WeDemain répertorie les avancées du monde, Usbek et Rica explorent le futur,  L’Eléphant cultive notre culture G, Kaizen fait vibrer le collectif, Les Autres Possibles cartographient les initiatives locales méritantes, Bouts du Monde fait parler les carnets de voyageurs… Non, définitivement, on ne saurait les citer tous. Mais il y en a forcément un qui pourrait faire plaisir à votre fiston, à votre femme ou à votre beau-père.
  • Ou même, même, tentez le combo imagination + cadeau qui dure : offrez à un proche une carte d’abonnement à la médiathèque de son quartier !

Il n’y a pas que Gmail dans la vie ! Messageries écolos mode d’emploi…

On a du mal à imaginer combien d’énergie consomme l’envoi d’un mail. Mais on a aussi de la chance, parce qu’il existe des chiffres sur tout, maintenant, et notamment grâce à l’excellent documentaire « Internet, la pollution cachée » de France 5 : avec une pièce jointe, un mail, c’est l’équivalent d’une ampoule basse consommation allumée pendant une heure (soit 24 Wh selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, Ademe), sans pièce jointe, c’est cinq fois moins : 5 Wh. Et en 2016, c’est 2 672 milliards d’e-mails (hors spam) qui ont été envoyés dans le monde. Evidemment, ça fait beaucoup. Beaucoup, beaucoup : sachez que la production électrique de 15 centrales nucléaire pendant 1 heure équivaut à l’envoi de seulement 10 milliards de mails. Et Google dans tout ça ? On estime à 5,6 milliards le nombre de comptes Gmail… Rien que ça.

Mais… comment on fait sans Google ? Hé bien malheureusement, on ne peut pas faire sans Google, on ne va pas vous mentir. A moins de changer drastiquement de mode de vie, ce qu’on ne va pas pouvoir faire d’un coup d’un seul, en ce mercredi matin. Mais on peut déjà changer opter pour une boîte mail plus écologique. Cela, on peut le faire très facilement, on peut le faire dans la journée, et le peu que l’on puisse faire, il faut le faire, comme le disait Théodore Monod.

Du côté des boîtes mail, il y a la messagerie Lilo, avec laquelle on peut envoyer des pièces jointes jusqu’à 5 Go avec un impact énergétique minime. Elle propose de télécharger la pièce jointe dès sa réception via un lien dédié, limitant son temps de stockage dans les data centers. Autre avantage : elle nous alerte lorsque des pièces jointes inutiles et volumineuses occupent notre espace. Finalement, les serveurs de Lilo utilisent en partie de l’électricité produite à partir d’éoliennes ainsi qu’un système de refroidissement sans climatisation.

Il y a aussi Ecomail, dont 50% des revenus provenant de la vente du service sont utilisés pour la promotion, le développement et la création de projets écologiques. Tout comme Lilo, elle incite les utilisateurs à gérer leurs courriels de façon écologique, en leur rappelant par exemple de les trier pour libérer de l’espace et limiter leur pollution.La boîte mail, qui propose 5 Go d’espace disque et 2 Go d’espace disque Cloud, coûte 12 euros par an, mais analysons que c’est à peine le prix d’un menu au resto. On doit bien ça à la planète.

Il y a finalement la française Newmanity. Elle ne finance pas de projet écologique (dans la version gratuite destinée aux particuliers), mais son mode de fonctionnement est ultra vert : l’électricité qui l’alimente est fournie par Enercoop, dont l’énergie est 100% renouvelable et son data center Evoswitch se targue d’être le premier à avoir une empreinte carbone neutre. Il est basé aux Pays-Bas et est alimenté uniquement par de l’électricité issue d’énergies entièrement renouvelables : éolien, biomasse, solaire et hydraulique. Newmanity indiquait également à LCI en 2016 avoir décidé « de ne pas enregistrer d’informations sur la vie privée des utilisateurs, ce qui fait qu’on consomme beaucoup moins d’énergie sur nos serveurs ». Chez Newmanity, l’accès est gratuit pour 1 Go d’espace de stockage ainsi qu’un cloud. L’espace est certes quinze fois plus réduit que celui de la messagerie de Google, Gmail, mais cela incite les utilisateurs à trier leurs e-mail, et non à stocker des messages inutiles indéfiniment.

Et il y en a encore d’autres, à étudier par ici ! N’hésitez plus…