La fast fashion, ce concept démodé #boycottH&M

Ahhhh, l’industrie de la mode… Pour proposer aux fashion addicts des coupes et des couleurs différentes à chaque saison, elle n’hésite pas à produire 150 milliards de vêtements par an, une quantité qui a triplé ne serait-ce qu’entre 2000 et 2014

Coton, viscose, polyester, teinture… un poids considérable sur l’environnement
Pour les produire, il faut 79 milliards de mètres cubes d’eau qui servent notamment à la culture du coton, souvent cultivé dans des régions arides. Résultat : de graves conséquences environnementales, telles que la disparition à 90% de la mer d’Aral. La viscose ? C’est pas mieux : elle nécessite l’utilisation de produits chimiques et de gaz nocifs tout au long de la chaîne d’approvisionnement, et les eaux usées non traitées sont déversées dans les lacs et cours d’eau à proximité, contaminant les populations locales et causant une désertification de la faune. Le polyester ? Encore pire : il représente 60% des fibres textiles utilisées dans le monde, libère à chaque lavage en machine des micro-particules de plastique qui finissent dans l’océan. Et pas qu’un peu : au final, ces micro-plastiques représentent 90% des déchets retrouvés dans l’océan… Et dans l’estomac des poissons. Miam.
Et ce n’est pas tout, malheureusement. Après le matériau en lui-même, il y a la fabrication : pour teindre le tissu, on utilise des machines pressurisées avec un bain de teinture à plus de 100°C, dans des usines asiatiques où l’électricité est produite en brûlant du charbon ou du gaz naturel. Bravo le bilan carbone, et ce avant même de transformer tous ces tissus en petits pulls et en jolies jupes… Bref, selon le rapport Climate Works de 2018, l’industrie de la mode émet 8,1% des gaz à effet de serre du monde, soit presque autant que l’ensemble du transport routier de la planète, selon les chiffres de l’Intergovernmental Panel on Climate Change.

Des promesses impossibles à tenir
Alors tout ça, évidemment, ce n’est pas QUE de la faute de H&M. Evidemment. H&M peut d’ailleurs se targuer d’être parmi les mieux classés par Greenpeace dans leur Detox Catwalk, avec Zara et Benetton. Éthoxylates de nonylphénols, phtalates, métaux lourds, alkylphénols, formaldéhyde, amines… L’entreprise s’est engagées à éliminer 11 substances de sa production d’ici 2020. Mieux : avec leur initiative Climate positive 2040, elle affirme non seulement réduire ses émissions de gaz à effets de serre, mais devenir contributrice positive d’ici 2040 !
La vraie question, c’est de savoir comment H&M compte y parvenir… Et sa proposition – produire des vêtements à partir de fibres recyclées, comme expliqué dans le clip Close The Loop – reste très éloignée du vertueux « open loop recycling », qui consiste à recycler le plastique d’autres produits, comme les bouteilles, notamment utilisé par Patagonia, Hopaal et Ecohalf, selon Julia Faure, co-fondatrice de Loomdans un article paru dans le Nouvel Obs. Produire un vêtement à partir de fibres recyclées suppose un processus industriel très gourmand en CO2, et la technologie n’est pas au point dans la très grande majorité des cas. Résultat : même avec une hypothèse très optimiste de 40 % de fibres recyclées, on réduirait les émissions de CO2 de l’industrie de la mode de moins de 10%… Ce n’est pas tout à fait suffisant.

Des employés au rabais
Pour terminer, vous prendrez bien quelques nouvelles des petites mains qui, dans la fournaise des ateliers de confection en Ethiopie, fabriquent les sweat-shirts H&M ? Ils ne vont pas tellement mieux que l’année dernière, ni que l’année d’avant. Les marques de fast-fashion travaillent avec des sous-traitants de sous-traitants de sous-traitants… qui rendent la traçabilité très très ardue, et la responsabilité encore plus difficile à prouver, comme l’a montré le catastrophique accident du Rana Plaza. Et s’il n’est pas tout à fait exclu que H&M parvienne un jour à savoir exactement avec quoi et dans quelles conditions est fabriqué son petit top rouge à pois, on est encore très loin du compte. Le Monde nous le rappelait encore cette semaine : les salariés des usines de vêtements d’Ethiopie, qui travaillent pour des marques comme Guess, H&M ou Calvin Klein, sont les moins bien payés au monde, avec seulement 26 dollars (23 euros) par mois, selon un rapport rendu public mardi 7 mai.

Si l’industrie textile pèse tant sur l’environnement et les hommes, et à un moment où l’ONU estime qu’il ne nous reste plus que deux ans pour agir sur le climat, on se dit qu’une bonne solution reviendrait peut-être à cesser de vouloir produire toujours plus à tout prix, quitte à accepter une petite baisse de chiffre d’affaires ? Malheureusement, ce n’est pas la stratégie choisie par H&M, qui n’hésite pas au contraire à brûler ses invendus (12 tonnes chaque année tout de même, pour une valeur totale de 4 milliards de dollars)… Un bien piètre exemple à donner, de la part d’une des griffes les plus connues à travers le monde, 23ème au classement Interbrand 2017, devant Ikea et Hermès

Les alternatives existent

-Vous pouvez acheter des marques qui produisent bien et intelligemment
Autant il y a 15 ans, le choix était maigre, mais aujourd’hui, il n’y a plus d’excuse : VejaPatagoniaMaison StandardsAsphalteHopaalLes Récupérables1083 … Et 1000 autres encore que vous pourrez trouver par exemple par ici. C’est trop cher ? Arrêtons de penser que le juste prix pour un tee-shirt est 5 euros. Ce n’est tout simplement pas possible. S’il est vendu à ce prix, c’est aussi au prix de l’esclavage des gens qui le fabriquent. A chacun d’acheter avec sa conscience.

Vous pouvez regarder l’étiquette
Si la matière est certifiée OEKO-TEX, cela certifie l’absence de produits toxiques. Et s’il est fabriqué en Europe, vous pouvez assumer que les ouvriers travaillent dans un cadre légal protecteur et que l’empreinte carbone est plus limitée.

Vous pouvez privilégier les occasions… et la sobriété
Les occasions, ce n’est plus l’apanage des Kiloshop et de Guerrisol. Aujourd’hui, les vide-grenier sont monnaie courante, les vide-dressing sont chics, et les trocs de vêtements s’organisent en un tour de main.

Après avoir lu ce billet, vous aurez bien compris que H&M, occupé comme il l’est à préparer sa prochaine collection Colorblock, ne changera pas ses pratiques à moins d’y être obligé… Chiche ? Invitez vos ami.es à rejoindre le mouvement du Boycott Citoyen, pour mettre fin à l’absurdité de la fast fashion. Cette semaine, le boycott d’Engie a mobilisé 25.000 personnes, et plusieurs centaines de consommateurs ont décidé de changer de fournisseur d’énergie et ont migré, dans la journée, vers un concurrent plus respectueux. Plusieurs centaines, c’est peu ? A nous de faire grossir nos rangs, pour donner plus de poids à nos décisions de consommateurs, et à nos convictions de citoyens… Chaque jour, Boycott Citoyen ajoute une marque à la liste noire des produits dont nous ne voulons plus, au nom de notre avenir. Pour participer, c’est par ici !

Starbucks abuse du plastique et ne paie pas sa juste part d’impôts ? Nous ne boirons plus son café !

Avec près de 28 000 enseignes dans plus de 75 pays et 350 000 employés, Starbucks véhicule un discours de « responsabilité sociale ». Pourtant, il y a quelques mois, Luc Hermann et Gilles Bovon nous apprenaient dans leur documentaire Starbucks sans filtre que Starbucks, c’est un café à l’éthique contestable, une armada de bas salaires, une politique tarifaire peu transparente et une politique fiscale plus que discutable.

La recette de Starbucks ? Du café au greenwashing

Starbucks a banni les pailles à grands renforts de communication ? Génial. Cela ne compensera pas les 4 milliards de gobelets produits chaque année par la chaîne, qui partent à la poubelle une fois votre café avalé. L’entreprise a reconnu officiellement en 2008 qu’ils étaient à usage unique, à cause de la fine couche de plastique recouvrant leur surface intérieure, les rendant impossible à recycler. « Plus d’un million d’arbres sont coupés chaque année pour produire ces gobelets qui partent à la poubelle », explique Todd Paglia de l’ONG Stand.earth, dans les colonnes du magnifique magazine Usbek & Rica L’ONG rappelle l’entreprise à l’ordre depuis des années, en vain. Starbucks n’a toujours pas trouvé comment changer la fabrication de ses gobelets, alors que les solutions techniques existent…. Pour une marque qui présente ses produits comme étant à 99% issus du commerce équitable, c’est limite.

La formule magique de Starbucks ? Gonfler artificiellement ses pertes

Saviez-vous que Starbucks, qui a généré un chiffre d’affaires mondial de 19 milliards de dollars en 2015, ne paye aucun impôt sur les bénéfices au fisc hexagonal depuis son installation en France en 2004 ? Son secret : une niche fiscale qui permet, dans le calcul de l’impôt sur les bénéfices, de déduire les pertes enregistrées les années précédentes. Dans le jargon des fiscalistes, on appelle cela des « déficits fiscaux reportables ». En septembre 2017, ces déficits fiscaux reportables s’élevaient à 51,9 millions d’euros, correspondant aux pertes cumulées enregistrées en France depuis l’origine. Starbucks aurait-elle des difficultés en France ? Le PDG Howard Schultz lui-même nous dit que non : dès 2011, il déclarait que les activités françaises étaient devenues bénéficiaires… La réponse est donc à trouver ailleurs : en fait, le Groupe gonfle artificiellement ses pertes de façon à ne pas déclarer de bénéfices, et à ne pas payer d’impôt sur les bénéfices. C’est ce qu’a dit le fisc français, qui juge fictives la quasi-totalité des pertes déclarées, et donc des déficits fiscaux reportables. Par exemple, à fin 2008, les déficits fiscaux reportables s’élevaient à 24,7 millions d’euros, mais le fisc en conteste 23,8 millions d’euros. La filiale a décidé d’en payer une partie, mais de contester la totalité du redressement. Le Fisc, qui avait déjà notifié à la filiale française un redressement portant sur les années 2004 à 2013, a réitéré en lançant un autre contrôle pour les années 2015 à 2017…

L’ingrédient secret de Starbucks ? Le plombage de comptes

Le groupe américain, adepte de l’optimisation fiscale, a donc élaboré un circuit complexe pour échapper à l’impôt, et fait tout pour dégrader sa rentabilité en France et bénéficier ainsi des faveurs de la loi française.
La chaîne oblige ainsi son antenne française à payer des royalties sur « la marque, le logo, les recettes de cuisine, l’agencement des magasins », souligne BFM Business. 5,7 millions d’euros en 2015. Reste ensuite à transférer cette somme aux Pays-Bas, pays à la fiscalité avantageuse : les royalties sont versées à une société néerlandaise, Starbucks Coffee EMEA BV, qui paie elle aussi des revenus à d’autres sociétés. En fin de course, les royalties sont perçues par une société américaine, Starbucks Coffee International Inc. Ces transactions entre sociétés d’un même groupe ont un nom : le prix de transfert. « Ces transactions de l’entreprise A vers l’entreprise B ont pour conséquence de réduire le résultat de la première, expliquait l’économiste Xavier Timbeau aux Inrocks en 2013. Mais tous ces mécanismes sont légaux. »

L’assaisonnement proposé par les citoyens ? Le boycott de Starbucks !

L’équation est simple. Nous sommes en 2019, tous les voyants du climat sont au rouge, le recyclage des déchets plastiques se trouve en plein chaos depuis que la Chine a banni leur importation, on nous regarde de travers si on ne trie pas nos pots de yaourts, les pouvoirs publics ponctionnent nos impôts à la source et nous annoncent qu’ils n’ont pas les moyens de financer une transition énergétique digne de ce nom.
Et pendant ce temps, les grands groupes s’octroient la permission de jouer avec la fiscalité pour ne pas respecter les mêmes règles du jeu que nous, et continuent à produire du plastique à tort et à travers…

Parce que les multinationales doivent se préoccuper, comme nous, de l’avenir des générations futures, nous attendons d’elles qu’elles acceptent de réduire, à la marge, leurs bénéfices, pour payer leur juste part d’impôts et participer, à leur niveau, à une transition énergétique qui n’a que trop attendu.

Dès lors, et compte tenu de l’état de la planète, nous engageons à ne plus nous rendre chez Starbucks. Et puisque, malheureusement, ces articles sont presque exclusivement lus par un public d’ores et déjà sensibilisé, qui n’a probablement jamais mis un pied chez Starbucks ou presque, fixons-nous pour objectif d’informer nos proches, et les consommateurs réguliers de la chaîne, de la nécessité de boycotter un groupe qui joue avec la loi pour éviter de payer sa juste part d’impôts.

Vous n’allez plus chez Starbucks ? Faites-le savoir en affichant votre boycott !

Vous voulez entrer en résistance contre le plastique ? Participez à notre mobilisation citoyenne historique contre le plastique : rejoignez les milliers de citoyens qui se sont inscrits pour participer, à leur niveau, à notre combat contre le plastique !

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Vous suivez le Boycott Citoyen ? Vous avez initié des changements dans vos modes de consommation grâce aux alternatives proposées ? N’hésitez pas à soutenir nos actions sur Tipeee !

affichett starbucks

Nous pouvons faire plier McDonald’s

Vous n’avez pas mis un pied chez McDonald’s depuis des années ? Pourtant, 706 clients se rendent dans un McDo chaque seconde dans le monde, soit 22 milliards de clients par an dans 118 pays ! En France, les McDo accueillent plus de 1,2 millions de clients par jour, soit 440 millions par an (cliquez sur le lien, vous verrez, ça augmente à une vitesse vertigineuse)… Si l’on a parfois du mal à comprendre l’engouement du public pour la marque de fast food planétaire, on n’a en revanche aucun mal à lister 7 raisons pour lesquelles elle devrait revoir sa copie.

1. McDonald’s prend la planète pour une poubelle

McDonald’s, l’une des principales chaînes de restauration dans le monde et même le premier distributeur de jouets à travers ses menus enfants, a  été épinglé par l’association Zero Waste France pour son modèle du tout jetable : 2,8 tonnes d’emballages jetables sont utilisés chaque minute dans le monde, 1 kilogramme par seconde rien qu’en France.

80 millions de boîtes Happy Meal sont vendues chaque année dans l’Hexagone. Et seulement un quart des déchets produits dans les Mc Do français sont recyclés…

Les emballages représentent le deuxième poste d’émissions de gaz à effet de serre du groupe. Certes, McDonald’s évite au maximum les emballages plastiques : 90 % de ses emballages sont en papier et en carton. Le souci ? Ils sont beaucoup trop nombreux ! Chez McDo, tout est emballé, du burger à la salade en passant par le muffin et le coca… Et tout finit à la poubelle : sur le tri et la valorisation, la politique de McDonald’s est à « géographie variable« . Dans certains pays, le taux de recyclage atteint plus de 90 %, mais en France il n’est qu’à 25%.  Les ordures issues des magasins de la chaîne de restauration, fondée sur le principe de l’usage unique, seraient même en augmentation: d’environ 20% entre 2013 et 2015 en France, deuxième marché mondial de l’enseigne en termes de chiffre d’affaires, juste derrière les Etats-Unis.

Pour exiger de McDo qu’il respecte le décret du 10 mars 2016, stipulant qu’il est obligatoire pour les entreprises, notamment celles de restauration rapide, de trier le papier, le carton, le métal, le plastique, le verre et le bois, vous pouvez signer cette pétition en ligne : plus de 100.000 personnes l’ont déjà signée.

2. McDonald’s fait ce qu’il veut

Le saviez-vous ? La mairie de Dolus-d’Oléron a été condamnée à 105 000 euros d’astreintes à McDonald’s. Son délit ? Avoir cherché à défendre le territoire préservé de sa commune, entre mer et marais. Pendant des années, il a résisté au géant américain, et a refusé trois permis de construire… Avant de se faire tancer. Autrement dit, les collectivités locales n’ont en aucun cas le pouvoir de dire « non » à la multinationale.

3. L’huile de palme utilisée par McDonald’s participe à la déforestation illégale de l’Indonésie

L’huile de palme utilisée par McDonald’s est l’un des principaux facteurs de la déforestation en Indonésie. 332 hectares de forêts sont ainsi partis en fumée sur l’île de Sumatra : la superficie couverte par les forêts est passée de 240 hectares en juin 2016 à seulement 88 hectares en avril 2017. Cette déforestation intervient en dépit d’un moratoire national, datant d’avril 2016, interdisant la plantation de palmiers à huile dans cette région, qui abrite des espèces menacées d’extinction telles que le tigre de Sumatra, les Orangs-Outans, les rhinocéros ou les éléphants. « Les marques visées ont promis publiquement que l’huile de palme qu’ils achètent et vendent ne contribue pas à la déforestationElles ont tendance à se cacher derrière la complexité de leur chaîne d’approvisionnement, mais c’est une question de priorités. Quoi de plus important pour eux, les bénéfices ou la planète ? » a déclaré Gemma Tillack, directrice de la campagne agroalimentaire pour Rainforest Action Network, qui a mené l’étude.

4. L’élevage bovin de McDonald’s détruit la forêt sud-américaine

En France, les consommateurs sont exigeants concernant la provenance des produits, et McDonald’s fait des efforts pour s’approvisionner localement :  la moitié de la viande de boeuf, et les deux tiers de la viande de poulet, sont issus d’élevages français, comme 70 % des ingrédients de ses menus. C’est un bon début… Mais cela s’arrête là : selon l’ONG Mighty Earth, une bonne partie du soja qui nourrit les animaux d’élevage français est importé. Du Brésil surtout, mais aussi d’Argentine et du Paraguay, où la production industrielle de soja OGM est directement liée à la déforestation. Delphine Smagghe, vice-présidente Achats, Qualité, Logistique, Développement durable et Communication de McDonald’s France explique à RFI : « pour l’alimentation de nos poulets, notre charte impose depuis 2006 un soja non-OGM et non issu de la déforestation ». La situation est en revanche différente pour la filière bovine. « Nous sommes représentatifs de l’élevage français ». Le soja est donc importé et OGM. Le service presse du groupe a beau arguer que l’origine de ce soja serait uniquement d’origine brésilienne, c’est impossible à prouver : travaillant avec des myriades de sous-traitants travaillant eux-même avec des ribambelles d’autres sous-traitants, il est impossible pour les multinationales de savoir exactement où et comment sont produits les grains de soja qu’elles exportent… La solution ? Dans le doute, s’abstenir : de toute façon, leurs menus basés sur la viande sont passés de mode, à un moment où chacun de nous doit diminuer drastiquement, sinon, cesser sa consommation de viande

5. McDonald’s ne respecte pas la santé de ses clients

Les produits McDo, même s’ils proviennent de France, sont ultra-transformés et peuvent contenir des substances nocives pour la santé. Les frites McDo contiennent par exemple des pommes de terre et… 17 additifs alimentaires. Quant à l’emblématique Big Mac, il contient 13 additifs dangereux, en plus d’être une petite bombe calorique et environnementale (correspondant à 2.400 litres d’eau, selon Consoglobe)

6. McDonald’s joue avec la loi et ne respecte pas ses salariés

McDonald’s est régulièrement pointé du doigt pour ses pratiques fiscales et sociales.
De fait, le groupe pratique l’optimisation fiscale. Ce n’est pas illégal, mais ça consiste tout de même à utiliser les failles du système fiscal, de manière légale, pour réduire le montant de l’imposition. Ce système d’optimisation fiscale porte directement préjudice aux employés des franchises McDonald’s, comme l’explique Maître Pecoraro pour i-boycott : « les plus grands fraudeurs sont aussi ceux qui payent le moins les salariés, donc ces mêmes salariés vont avoir recours plus que les autres aux aides publiques ». De plus, l’enseigne McDonald’s profite déjà de certaines aides françaises, d’après le ReAct et la CGT : « McDonald’s touche un crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) – l’équivalent de 0,7% de son chiffre d’affaires en 2013 pour « création d’emploi » alors même que le groupe connaît un turn-over de près de 60%. »… Si bien que McDonald’s et ses « flexi-jobs » sont dans le viseur des eurodéputés.

7. McDonald’s fait beaucoup de promesses… et ne les tient pas toujours

Actuellement, la production bovine, l’utilisation et l’approvisionnement énergétique des restaurants, l’emballage et les déchets représentent près de 64 % des émissions de gaz à effet de serre de l’entreprise. McDonald’s a annoncé publiquement vouloir réduire de 36 % les émissions de gaz à effet de serre dans ses restaurants dans le monde, et de 31 % dans toute sa chaîne d’approvisionnement d’ici à 2030. Leur réduction va passer notamment par un éclairage led dans tous les restaurants, la conception d’un emballage « durable », le recyclage des déchets« Nous encouragerons les énergies renouvelables et les utiliserons d’une manière efficace. Mais aussi, nous réduirons les déchets et augmenterons le recyclage », explique Steve Easterbrook, président directeur de McDonald’s…. Mais parler au futur, c’est un exercice facile. Tenez, regardez : « nous allons régler le problème du réchauffement climatique dans les deux ans ». Voilà, c’est du futur, du presque conditionnel, ça n’engage à rien.

McDonald’s France « ne rend publiques que des informations extrêmement parcellaires sur les résultats de sa politique de gestion des déchets », selon l’ONG Zero Waste France

L’ONG appelle à davantage de transparence, notamment concernant les quantités totales de déchets produits et le nombre de restaurants ayant mis en place le tri…

Nous avons le pouvoir de faire changer ces pratiques

Cela vous a convaincu d’arrêter de donner votre argent durement gagné à la marque ? Vous voulez passer à l’action ? Du 24 mai au 2 juin, Le Boycott Citoyen, Plastic Attack France, Zero Waste France, SurfRider Foundation, United4earth, Youth for Climate, Les Désobéissants, Il est Encore Temps, Cleanwalker, Désobéissance Ecolo, Citoyens pour le Climat et Je Suis le Climat vous proposent de lancer ensemble ce que les Etats ne se décident pas à imposer, et ce que les multinationales se refusent à faire : une guerre totale contre le plastique. Et chacun peut y participer à son niveau en choisissant sa mission !

NB : ce qui est vrai pour McDonald’s l’est aussi pour nombre de chaînes de fast-food : boycotter McDonald’s, c’est bien, changer sa façon de s’alimenter, c’est encore mieux. Alors si vous avez une furieuse envie de burger… Faites-en vous-mêmes, c’est tellement meilleur !

Coca-Cola produit 200.000 bouteilles en plastique par minute ? N’en achetons plus une seule !

La marque est une légende. Omniprésente sur tous les continents, répondant à l’appel dans toutes les épiceries de tous les villages de tous les pays. Elle est l’image même de la puissance et de la prospérité et a toujours veillé à porter haut et fort des valeurs très sympathiques, telles que la liberté, la coolitude et le fun. Première de la classe des entreprises florissantes, l’entreprise n’en est pas moins le pire cancre que l’école n’ait jamais vu passer… Voici 5 raisons pour lesquelles nous souhaiterions que Coca-Cola revoit sérieusement sa copie.

1/ Coca-Cola est un fanatique de plastique
Chaque seconde dans le monde, nous produisons 10 tonnes de plastique, et toutes les 2 secondes, 1 tonne finit dans les océans. Or Coca-Cola a lui seul produit 3 millions de tonnes de bouteilles plastique par an. En s’appuyant sur ce chiffre mesuré en 2017, le Guardian estime que cela représente 180 milliards de bouteilles en plastique chaque année soit 200.000 par minute et plus d’un cinquième de la production mondiale. Parallèlement, la proportion de bouteilles recyclées ne cesse de baisser, de 63 % en 2013 à 59 % en 2015… En dix ans, la proportion d’emballages jetables aurait progressé de 12 %.

Alors que le Boycott Citoyen vient de lancer une mobilisation citoyenne historique contre le plastique, Coca-Cola, par la quantité de bouteilles en plastique à usage unique qu’elle produit, constitue notre cible numéro 1.
Signez et partagez notre pétition, qui exige de Coca-Cola qu’elle revienne à un système de bouteilles en verre consignées.

2/ Coca-Cola cultive le mensonge
La marque met en avant la possibilité d’un recyclage à l’infini du plastique ? C’est impossible, dans la mesure où la qualité du plastique se dégrade au fil du processus de recyclage… Il en faut donc toujours plus pour produire la matière finale. Finalement, l’intérêt de Coca-Cola serait d’encourager la consommation pour disposer de plus de plastique recyclé. Belle feinte.
Evidemment, la marque se targue, sans rougir, d’avoir une vraie volonté de réduction des déchets. Mais alors que son objectif était d’intégrer 25 % de plastique recyclé dans ses bouteilles en 2015, le compteur n’est qu’à 7 % en 2018. Grâce à la fuite de courriers internes de Coca-Cola, nous savons désormais qu’en 2016, l’entreprise comptait parmi ses priorités le fait de se battre contre toutes les réglementations qui pourraient être mises en place en Europe pour augmenter le taux de collecte et de recyclage. Coca-Cola avait également pour but de se dresser contre toutes les propositions de systèmes de consigne…  Merci Coca !

3/ Coca-Cola pille les ressources en eau des populations
La consommation annuelle d’eau de Coca-Cola est estimée à plus de 300 milliards de litres tous continents confondus. Vous voulez voir en temps réel ? Allez donc faire un petit tour sur ConsoGlobe, attention ça pique les yeux… La fabrication d’un litre de Coca-Cola nécessite six litres d’eau, et 6 litres d’eau, ce n’est pas rien dans certains pays. Un exemple ? Selon Reporterre, le Mexique compte 119 millions d’habitants… dont 12 millions n’ont pas d’accès à l’eau potable (dans le même temps, et c’est notable, le Mexique est le premier consommateur au monde de Coca-Cola, avec l’équivalent de 728 bouteilles de 25 cl par an et par habitant, contre 406 pour les Etats-Unis ou 149 pour la France). Dans ce pays, la compagnie pompe plus de 100 millions de litres d’eau chaque année. Plusieurs associations ont dénoncé la catastrophe environnementale et humaine que représente l’usine. En Inde, mêmes problématiques d’eau, mêmes combats de la population, même stratégie de Coca-Cola : là-bas, c’est 1,5 millions de litres d’eau que la firme pompait chaque jour dans le Kerala, jusqu’à ce que le chef du gouvernement du Kerala ordonne la fermeture de l’usine d’embouteillage sur son sol après une mobilisation massive des citoyens. L’argument de Coca-Cola ? « Grâce à une utilisation plus efficace de l’eau dans ses usines et à la restitution des eaux usées – une fois traitées – vers les bassins hydrologiques et les municipalités, Coca-Cola est en mesure de renouveler un volume d’eau équivalent à celui qu’elle utilise dans ses boissons et leur production. » Autrement dit, Coca-Cola estime que rejeter des eaux usées préalablement traitées compense l’utilisation de l’eau pure des nappes phréatiques minéralisée naturellement.

4/ Coca-Cola est une aberration pour notre corps
Soyons honnêtes : une boisson capable de décaper la carrosserie de nos voitures ne peut pas être un cadeau pour nos corps… Une canette de 33 cl de Coca-Cola contient 35 grammes de sucre (soit 7 morceaux). Autant dire que si vous vous privez de votre demi-sucre au café, vous devriez changer de stratégie. Vous buvez du Coca zéro ? Contenu dans les gammes light des sodas, l’aspartame serait, selon plusieurs études récentes, nocive pour la santé.

5/ Coca-Cola a le choix
Coca-Cola est riche… Très riche : 38 milliards d’euros de chiffre d’affaire annuel. Autrement dit, elle peut faire un effort, en se résignant à perdre une partie infime de son chiffres d’affaires pour remettre en place un système de bouteilles en verre consignées, et ainsi contribuer à la sauvegarde de notre environnement pour préserver le vivant et le bien-être des générations futures. Elle ne veut pas ? Arrêtons de boire du Coca-Cola. Clairement, nous n’en mourrons pas. Nous nous en porterons même mieux, à vrai dire. Et si nous sommes suffisamment nombreux, très nombreux, exceptionnellement nombreux, outrageusement nombreux… Coca-Cola sera bien obligée de prendre quelques-uns de ses milliards d’euros durement gagnés pour mettre son département R&D sur une stratégie un peu plus respectueuse de la nature et du vivant.

Vous voulez signer la campagne i-boycott pour inciter Coca-Cola à revoir ses pratiques ? C’est par ici !

Accros au Coca ? Il existe des alternatives par ici, et une recette par là !

Vous voulez boycotter intégralement la Coca-Cola Company ? Voici la liste de ses marques qui participent aux pillages des ressources naturelles en eau de la planète :

  • Finley – Limonade
  • Coca-Cola – et tous ses dérivés
  • Fanta – et tous ses dérivés
  • Capri Sun
  • Powerade
  • Minute Maid
  • Hawaï Tropical
  • Ocean Spray
  • Nestea – thé glacé (en partenariat avec Nestlé)
  • Sprite – et tous ses dérivés
  • Monster Energy
  • Burn – Boisson énergisante
  • NALU Energizer – boisson énergisante
  • Chaudfontaine – Eau thermale

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Exploitation des enfants, déforestation… à Pâques, pas de label, pas de chocolat !

Après Noël, les soldes, la Saint Valentin, c’est parti pour une nouvelle fête de la surconsommation et de l’excès : Pâques ! Son week-end de trois jours, ses repas riches en famille… Et surtout ses chocolats à outrance !

Bon, entendons-nous bien, il n’est pas question de se priver de chocolat cette année. On en croquera bien quelques uns.
Sauf que.

PS : MERCI à Idécologie pour leurs géniales petites infographies, qui nous permettent d’illustrer et de compléter notre article avec quelques chiffres pertinents ! 

La déforestation fait mal au ventre

L’amère déforestation du chocolat  : c’est le nom de l’enquête menée en 2017 par l’ONG Mighty Earth, et qui pourrait bien vous donner une indigestion avant même d’avoir croqué dans le moindre chocolat de Pâques. Selon l’ONG, une quantité importante du cacao avec lequel Mars, Nestlé, Hershey, Godiva et d’autres grandes marques fabriquent leur chocolat est cultivée illégalement en Côte d’Ivoire et au Ghana, les plus grands producteurs de cacao au monde. Plusieurs parcs nationaux et aires protégées ont ainsi vu 90 % de leur surface, voire davantage, convertie en cultures de cacao. En Côte d’Ivoire, la déforestation a chassé les chimpanzés qui vivent aujourd’hui dans des petites poches de forêts, et a contribué à réduire drastiquement la population d’éléphants à quelques centaines de spécimens, quand le pays pouvait s’enorgueillir jadis d’en compter plusieurs dizaines de milliers.

Trois sociétés, Cargill, Olam et Barry Callebaut, contrôlent à elles seules près de la moitié du marché mondial du cacao. L’enquête de Mighty Earth a remonté la filière du cacao, des cultivateurs installés dans les parcs nationaux aux intermédiaires et jusqu’aux négociants qui vendent ensuite ce cacao en Europe et aux États-Unis, là où les grandes sociétés de chocolaterie le transforment en tablettes, barres, pâtes à tartiner et en-cas. « Le degré d’implication de marques célèbres de chocolat comme Mars dans la destruction des parcs nationaux et des aires protégées est choquant », a déclaré Etelle Higonnet, Directrice juridique et Directrice de campagne pour Mighty Earth. 

Idécologie Infographie cacao 1- La planète

Conséquences de la production de cacao en masse sur la planète, Idécologie.

L’exploitation des travailleurs fait mal au coeur

« L’industrie du cacao poursuit son exploitation des forêts et des communautés d’Afrique de l’Ouest pour un cacao vendu pour une bouchée de pain », a déclaré Sindou BAMBA, Coordinateur général de Regroupement des acteurs ivoiriens des droits humains (RAIDH). « Mais ce cacao bon marché coûte en revanche fort cher à la Côte d’Ivoire en matière de déforestation et d’abus des droits humains. Il est grand temps que ce secteur achète le cacao à un prix décent aux agriculteurs et qu’il mette en œuvre des pratiques de production durables afin d’assurer la résilience des écosystèmes locaux. » De fait, les cultivateurs de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana gagnent en moyenne moins de 0,82 $ par jour et travaillent dans des conditions dangereuses. Par ailleurs, le travail des enfants reste encore une pratique courante pour ce secteur, malgré les promesses de nombreux chocolatiers d’éliminer cette pratique. Selon Le Forum International des Droits du Travail, plus de 500 000 enfants travaillaient encore dans des plantations d’Afrique de l’Ouest en 2015, au détriment de leur éducation et de leur santé. Ils seraient encore aujourd’hui au moins 250 000 (CF infographie ci-dessous). 

Idécologie Infographie cacao 2

Conséquences de la production de cacao en masse sur les humains, Idécologie.

Notre remède : le boycott citoyen

La plupart des entreprises chocolatières ont lancé ces dernières années des programmes de développement durable, avec un accent important sur l’augmentation de la productivité de la culture du cacao. Mais selon l’ONG Oxfam, la chute des prix du cacao leur a permis d’augmenter leurs profits d’environ 4,7 milliards de dollars (le prix du chocolat à la consommation restant pratiquement inchangé). En 2017, il s’est avéré qu’aucun des nombreux programmes de développement durable ne pourrait avoir un impact sans que ne soit fixé un prix stable, garantissant un revenu décent aux petits producteurs et productrices.

Dans l’attente, l’enquête de Mighty Earth conclut que Mars, Hershey, Mondelēz et Ferrero font partie des poids lourds du chocolat qui achètent du cacao cultivé illégalement sur des aires protégées. Et c’est la raison pour laquelle nous, boycotteurs et boycotteuses citoyennes, nous engageons à ne plus acheter de chocolat appartenant à ces marques.

Mais pas de panique : boycotter ces marques ne reviendra pas à nous priver de chocolats ! Les alternatives responsables se trouvent par ici 😉

Google abuse des data centers avec Stadia ? Dégooglisons Internet !

Nous sommes désormais plus de 3,7 milliards d’internautes dans le monde (soit 51 % de la population)… Alors si vous ne le saviez pas, vous l’imaginiez bien, et un rapport du think tank The Shift Project vient de le confirmer : la consommation d’énergie du numérique augmente. De 9 % chaque année en moyenne. Et côté prévisions, ça ne rigole pas : « le numérique devrait émettre en 2020 autant de CO2 que l’Inde en 2015 », analyse le rapport. Bien sûr, l’étude prend en compte la production ET l’utilisation des technologies numériques. Et la production, on en parlera lors d’un autre boycott (teasing !).
Mais pour ce qui concerne leur utilisation, on ne peut passer à côté de Google… En vingt ans, il est devenu un géant absolu. Qui n’utilise pas le célèbre moteur de recherche ? Qui ne recherche pas une adresse sur Google Maps, qui ne regarde pas des vidéos sur Youtube ? Google est partout, et traite quelques 3,3 milliards de requêtes chaque jour (100 milliards par mois).

Les recherches pèsent sur la planète

Le problème ? Un chercheur de Harvard, M. Wissner-Gross, a calculé que chaque requête sur le moteur de recherche Google produit 7 g de C02 du fait de l’immense quantité d’énergie consommée par ses quelque 500.000 serveurs. Résultat : en France, sur la base de 45,8 millions d’internautes en mai 2017, soit 87 % des Français (chiffres Médiametrie), les émissions de gaz à effet de serre liées à cet usage de recherche représenteraient plus de 450.000 tonnes équivalent CO2… Vous voulez voir combien ça fait depuis le début de l’année en temps réel ? Attention, ça donne le vertige !

Les mails participent au réchauffement climatique

On a du mal à imaginer combien d’énergie consomme l’envoi d’un mail. Mais on a aussi de la chance, parce qu’il existe des chiffres sur tout, maintenant, et notamment grâce à l’excellent documentaire « Internet, la pollution cachée » de France 5 : avec une pièce jointe, un mail, c’est l’équivalent d’une ampoule basse consommation allumée pendant une heure (soit 24 Wh selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, Ademe), sans pièce jointe, c’est cinq fois moins : 5 Wh. Et en 2016, c’est 2 672 milliards d’e-mails (hors spam) qui ont été envoyés dans le monde. Evidemment, ça fait beaucoup. Beaucoup, beaucoup : sachez que la production électrique de 15 centrales nucléaire pendant 1 heure équivaut à l’envoi de seulement 10 milliards de mails.

Les data centers surchauffent l’atmosphère

Reste à stocker toutes les données qui circulent… Les datacenters, fonctionnant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sont des gouffres énergétiques qui doivent être refroidis en permanence. La climatisation, indispensable, représente près de 40 % de leur facture électrique globale. Aux Etats-Unis, 5 % de l’électricité de la Caroline du Nord est utilisée par les principaux centres de Google, Apple et Facebook. Le hic, c’est que cette électricité est principalement issue de centrales thermiques au charbon, et que le charbon produit 50 fois plus de CO2 que les autres énergies fossiles… Alors certes, Google arguera qu’il a ouvert un Data Center écologique en Finlande, et qu’il peut le refroidir naturellement grâce à l’énergie hydraulique et aux températures glaciales qui sévissent dans le pays. Mais ça n’en fait qu’un sur 37. Et s’il a décidé d’opter pour un plan tourné vers l’énergie renouvelable concernant ses serveurs, le géant est moins regardant lorsqu’il s’agit de ses chaînes de production, et a été épinglé par Greenpeace l’an dernier.

Stadia, la plateforme de jeu à la demande qui inquiète

Aujourd’hui même, Le géant du Web a présenté son projet de plate-forme de jeu à la demande, attendue courant 2019 en Europe. On peut redouter l’impact environnemental de cette plate-forme, qui repose sur une infrastructure particulièrement lourde, calcul à distance oblige. « Stadia fonctionne grâce à des data centers, qui sont des gouffres énergétiques immenses », prévient dans Le Monde Thomas Versaveau, ancien d’une entreprise de streaming de jeu vidéo et auteur de la chaîne YouTube Game Spectrum, qui s’est notamment illustré en enquêtant sur l’impact environnemental de l’industrie de la manette.

Les alternatives à Google

Certains s’affolent déjà : comment on fait sans Google ? Hé bien malheureusement, on ne peut pas faire sans Google, on ne va pas vous mentir. A moins de changer drastiquement de mode de vie, ce qu’on ne va pas pouvoir faire d’un coup d’un seul, en ce mercredi matin. Mais on peut déjà changer de moteur de recherche et opter pour une boîte mail plus écologique. Cela, on peut le faire très facilement, on peut le faire dans la journée, et le peu que l’on puisse faire, il faut le faire, comme le disait Théodore Monod.

Moteurs de recherche

Changer de moteur de recherche, on peut le faire très facilement, on peut le faire dans la journée, et le peu que l’on puisse faire, il faut le faire, comme le disait Théodore Monod.

On peut ainsi utiliser Ecosia. Elaboré par une start-up berlinoise, il utilise une partie de ses revenus pour planter des arbres. Explications : comme tous les moteurs de recherche, Ecosia possède des liens publicitaires (EcoAds et EcoLinks) permettant d’obtenir des revenus pour chaque clic ou un pourcentage lors d’un achat sur un site partenaire. 80 % des bénéfices sont utilisés pour le soutien d’actions de reforestation au Pérou, en Indonésie, à Madagascar et au Burkina Faso… Soit l’équivalent de 2.000 euros par jour destinés aux arbres. Et pour neutraliser les émissions de CO2 causées par les recherches de ses utilisateurs, Ecosia fait appel à Myclimate possédant un programme de compensation de carbone.

Autre possibilité : Lilo. Ce moteur de recherche français reverse 50% de ses revenus à des projets sociaux et environnementaux. Le principe est le même que pour Ecosia : à chaque fois que l’on effectue une recherche, on gagne une goutte d’eau. Celle-ci représente l’argent que l’on génère grâce à l’affichage des liens commerciaux. Les gouttes d’eau collectées peuvent ensuite être redistribuées à l’association que l’on souhaite. Et contrairement à Google, Lilo empêche la collecte de nos données personnelles et désactive le tracking publicitaire.

Et puis il y a aussi et surtout Qwant : le navigateur européen Qwant, « 100 % protecteur de votre vie privée » en bannissant cookies et traçages publicitaires, , s’est engagé à s’alimenter exclusivement en énergies renouvelables via la signature d’un partenariat avec le groupe Akuo Energy.

Boîtes mail

Du côté des boîtes mail, il y a la messagerie Lilo, avec laquelle on peut envoyer des pièces jointes jusqu’à 5 Go avec un impact énergétique minime. Elle propose de télécharger la pièce jointe dès sa réception via un lien dédié, limitant son temps de stockage dans les data centers. Autre avantage : elle nous alerte lorsque des pièces jointes inutiles et volumineuses occupent notre espace. Finalement, les serveurs de Lilo utilisent en partie de l’électricité produite à partir d’éoliennes ainsi qu’un système de refroidissement sans climatisation.

Il y a aussi Ecomail, dont 50% des revenus provenant de la vente du service sont utilisés pour la promotion, le développement et la création de projets écologiques. Tout comme Lilo, elle incite les utilisateurs à gérer leurs courriels de façon écologique, en leur rappelant par exemple de les trier pour libérer de l’espace et limiter leur pollution.La boîte mail, qui propose 5 Go d’espace disque et 2 Go d’espace disque Cloud, coûte 12 euros par an, mais analysons que c’est à peine le prix d’un menu au resto. On doit bien ça à la planète.

Il y a finalement la française Newmanity. Elle ne finance pas de projet écologique (dans la version gratuite destinée aux particuliers), mais son mode de fonctionnement est ultra vert : l’électricité qui l’alimente est fournie par Enercoop, dont l’énergie est 100% renouvelable et son data center Evoswitch se targue d’être le premier à avoir une empreinte carbone neutre. Il est basé aux Pays-Bas et est alimenté uniquement par de l’électricité issue d’énergies entièrement renouvelables : éolien, biomasse, solaire et hydraulique. Newmanity indiquait également à LCI en 2016 avoir décidé « de ne pas enregistrer d’informations sur la vie privée des utilisateurs, ce qui fait qu’on consomme beaucoup moins d’énergie sur nos serveurs ». Chez Newmanity, l’accès est gratuit pour 1 Go d’espace de stockage ainsi qu’un cloud. L’espace est certes quinze fois plus réduit que celui de la messagerie de Google, Gmail, mais cela incite les utilisateurs à trier leurs e-mail, et non à stocker des messages inutiles indéfiniment.

Et il y en a encore d’autres, à étudier par ici ! N’hésitez plus…

Et pour tout le reste…

Le premier truc à faire ? Aller voir du côté de Framasoft, qui offre de très belles alternatives aux manips que nous faisons tous les jours sur Google, avec des centaines de logiciels et de contenus culturels libres, classés, testés et présentés dans des fiches synthétiques. Si vous ne supportez plus d’utiliser Doodle ou que Dropbox vous inspire tout le dégoût du monde, vous avez tout intérêt à vous tourner vers cette initiative qui regroupe sur un site dédié une trentaine de services alternatifs. Pour s’informer c’est par ici !

Et il y a encore OpenStreetMaps pour remplacer GoogleMaps !

Alors, prêts à boycotter Google ?

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Vous suivez le Boycott Citoyen ? Vous avez initié des changements dans vos modes de consommation grâce aux alternatives proposées ? N’hésitez pas à soutenir nos actions sur Tipeee !

Engie a besoin qu’on lui rappelle ce qu’est l’énergie verte ? Changeons de fournisseur !

Alors qu’il ne ne nous reste peut-être plus que deux ans pour gérer l’effet boomerang de nos désastreuses erreurs humaines, c’est peut-être notre dernier tour de passe-passe, la dernière carte qu’on ait en main. Le tapis. Le boycott. Une réaction massive de citoyens sidérés par l’immobilisme du politique, par la course folle d’un système défaillant, et refusant de rester spectateurs.

Or, saviez-vous que les fournisseurs d’énergie peuvent avoir un impact très conséquent sur l’environnement (la production d’électricité de la France pèse tout de même 27,9 millions de tonnes de CO2 soit 20,5% de plus qu’en 2016) ? Alterna, Direct Énergie, EDF, ekWateur, Engie, Enercoop, GEG, Planète Oui, Plüm, Proxelia, Total Spring… Depuis que le marché de l’électricité s’est ouvert à la concurrence, et pour toucher des consommateurs toujours plus soucieux de leur impact environnemental, les nouveaux opérateurs se sont engouffrés sur le créneau des offres « vertes » , privilégiant l’électricité issue de sources renouvelables (petite hydraulique, éolien, géothermie, solaire ou biomasse).

Les offres vertes ne le sont pas vraiment

Nombreux sont les fournisseurs qui achètent de l’électricité essentiellement nucléaire, et qui la « verdissent » grâce au mécanisme des certificats de « garantie d’origine ». Cela s’apparente à du greenwashing… et pourtant c’est tout à fait légal (merci la réglementation européenne!). Résultat : difficile pour nous, consommateurs et consommatrices, de savoir si notre fournisseur achète de l’électricité d’origine nucléaire, fossile ou renouvelable – mis à part auprès des rares fournisseurs qui jouent volontairement la carte de la transparence.
La bonne nouvelle, c’est que Greenpeace a fait le boulot pour nous, en publiant en septembre denier un classement des fournisseurs et un Guide de l’électricité verte. L’ONG a évalué 19 fournisseurs d’électricité (électricité produite, électricité achetée, politique d’investissement), et a réalisé une fiche pour chaque fournisseur détaillant son action en matière d’énergies renouvelables. En tenant compte de ces critères, chaque fournisseur a été réparti dans l’une des catégories suivantes : « Vraiment verts », « En bonne Voie », « À la traîne » et « Vraiment mauvais ».
Et dans les « vraiment mauvais », il y a notamment… Engie ! Engie ? C’est le fournisseur né de la fusion entre Gaz de France et Suez en 2008. L’Etat français en est actionnaire à hauteur de 24 %. Fournisseur historique de gaz en France, Engie est le deuxième plus gros producteur d’électricité après EDF. Mais Engie n’est pas tout à fait raisonnable…

Quand Engie ne joue pas le jeu

– Engie joue sur les mots quand elle parle d’énergie verte
Engie propose des offres qu’elle qualifie de « 100 % vertes »… sans pour autant vendre uniquement de l’électricité d’origine renouvelable. En réalité, Engie fournit aussi de l’électricité non renouvelable et la « verdit » en achetant des « garanties d’origine ». Alors certes, Engie produit aussi de l’électricité renouvelable. En France, l’éolien, le solaire et l’hydroélectricité représentent  plus de 60 % de ses capacités installées. Mais à l’échelle européenne, le chiffre tombe à 19 %… Bien loin des 100% promis.

– Engie n’est pas pressée de fermer ses centrales à charbon
En Europe, depuis 2013, Engie a fermé quatre centrales à charbon… Mais elle a encore 19 centrales à charbon en exploitation ou construction dans le monde, dont 6 en Europe.

– Engie mise sur le nucléaire
Si dans les deux années qui viennent, Engie prévoit de raccorder 290 mégawatt (MW) de solaire et éolien en Europe, elle investit fortement, en parallèle, dans le nucléaire. Engie produit de l’électricité nucléaire en Belgique, via sa filiale Electrabel : en tout, cela représente près d’un tiers de la production d’électricité du groupe en Europe. Plus grave, Engie continue d’investir dans le nucléaire dans l’optique de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires existantes, en particulier les réacteurs les plus anciens (Doel 1, Doel 2 et Tihange 1).

Evaluer son fournisseur : facile avec le guide de Greenpeace

Tant que le groupe poursuivra ses investissements dans le nucléaire et le charbon, il sera considéré comme un « très mauvais » fournisseur. Alors on fait quoi ? En attendant qu’Engie reconsidère ses priorités et accepte de mettre sa stratégie globale au diapason des enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés, on peut changer de fournisseur, tout simplement.
Tout simplement ? Absolument. Parce qu’il y a des bonnes nouvelles dans ce monde de fous : grâce au Guide de l’Electricité Verte publié par Greenpeace, très clair et bien fait, on peut comparer les fournisseurs et opter pour une entreprise qui contribue vraiment au développement des énergies renouvelables. Comme, par exemple Energie d’Ici, Enercoop, ou Ilek. Soit trois fournisseurs dont l’électricité est réellement d’origine renouvelable, sans nucléaire ni énergie fossile. De quoi réduire drastiquement son empreinte écologique, et contribuer activement à la transition énergétique.

Changer de fournisseur en 5 minutes chrono

Vous avez peur de passer des heures sur un standard téléphonique avant de tomber sur une personne qui vous posera des questions complètement obscures auxquelles vous ne saurez pas répondre ? Le progrès a du bon: quitter son fournisseur d’énergie, c’est devenu presque simple : en quelques minutes, vous pouvez changer de fournisseur d’électricité. Et c’est le nouveau fournisseur qui s’occupe de résilier votre abonnement avec l’ancien, le tout sans frais, sans coupure d’électricité… et sans gaz à effet de serre et déchets nucléaires. Chiche ?

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
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Occupation du siège de la Société Générale : bravo les jeunes !

Peu avant 9h, environ 140 étudiants et activistes de l’association ANVCOP21 sont entrés au siège de la Société générale, à La Défense. L’entrée s’est faite de façon fulgurante, au moment où les salariés entraient dans la banque pour y travailler.Les étudiants se sont placés bras dessus bras dessous dans le grand hall, devant les tourniquets et ont chanté « On est plus chauds que le climat » et « Et un, et deux, et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité ».

En tant que pourvoyeurs de fonds de l’industrie fossile, les banques ont un rôle clé à jouer dans la transition énergétique. Mais loin de montrer l’exemple, elles ignorent les impératifs climatiques et continuent à financer les énergies fossiles les plus polluantes dans le monde. Charbon, sables bitumineux, gaz de schiste, forages en Arctique et en eaux profondes, Société Générale est la première banque française à financer les énergies sales… Elle soutient notamment le développement du terminal d’exportation de gaz de schiste Rio Grande LNG et du gazoduc Rio Bravo Pipeline au Texas, qui contribueraient à émettre autant que 44 centrales à charbon, et menacent les conditions de vie des communautés locales et des peuples autochtones.

Le 8 septembre dernier, plus de 700 activistes des Amis de la Terre et d’ANV-COP21 avaient déjà nettoyé 40 agences locales de Société Générale, appelant la banque à mettre fin à ses soutiens aux énergies fossiles, et à se retirer du projet Rio Grande LNG. Interpellée par les militants et sollicitée par les médias, Société Générale a publié sur son site internet une réponse présentant ses engagements climat : alors que l’Accord de Paris a pour objectif de limiter le réchauffement bien en-deçà de 2°C et de tendre au maximum vers 1,5°C, Société Générale se réfère pour sa politique climat non pas au scénario « Beyond 2°C », mais au scénario « Sustainable Development » de l’Agence Internationale de l’Énergie qui a vocation à suivre une trajectoire 2°C, insuffisant pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Société Générale se défend en mettant en avant ses financements verts, qui ne peuvent constituer une réponse à l’urgence climatique s’ils ne sont pas accompagnés d’une remise en cause de ses financements noirs. Cette stratégie permet à la banque de soutenir le développement de nouvelles infrastructures qui poussent en amont l’extraction d’énergies fossiles, y compris l’ouverture de nouvelles réserves, et impliquent en aval la construction de nouvelles centrales électriques, alors que toute nouvelle infrastructure électrique carbonée construite après 2017 se situe déjà hors budget carbone.

La mobilisation se poursuivra pour dénoncer les activités destructrices de Société Générale : les Amis de la Terre et ANV-COP21 appellent à mener une « opération nettoyage » massive de l’agence centrale parisienne de Société Générale le 14 décembre, jour de la clôture de la COP24, si celle-ci ne revoit pas d’ici-là sa politique.

Vous aussi, vous souhaitez dire à la Société Générale ce que vous pensez d’elle ? Le modèle de courrier se trouve par ici ! Si nous sommes des centaines de milliers à l’envoyer, la banque finira peut-être par comprendre qu’elle doit agir !

Source : le rapport “Société Générale, plein gaz sur les fossiles” publié par les Amis de la Terre en mars 2018.

Il était un Petit Navire qui allait être boycotté jusqu’à ce qu’il arrête de pêcher des bébés thons

En 40 ans, l’homme a éradiqué la moitié des populations marines. Et parmi elles, le thon albacore, l’une des espèces les plus menacées au monde. 5 millions de ces poissons – qui représentent un marché mondial de 33 millions d’euros – sont capturés chaque année. Notamment dans l’Océan indien et plus particulièrement aux Seychelles où l’an dernier, des thoniers de plus de 100 mètres de long en ont débarqué plus de 318 000 tonnes. Destination : nos boîtes de thon, produits phares de nos cuisines, avec 8 ménages sur 10 qui en achètent chaque année. Selon Cash Investigation, les derniers chiffres s’élèvent à 69 000 tonnes de thon en conserve consommées dans l’Hexagone en 2017. C’est bon, facile à cuisiner et bon marché… Mais à quel prix, exactement ? Le magazine « Cash Investigation » (Facebook, Twitter, #cashinvestigati), présenté par Elise Lucet, est allé à la pêche aux informations.

C’est la méthode de pêche au thon tropical qui est en cause. Les « dispositifs de concentration de poissons » (DCP), plus exactement. Ces radeaux flottants sont munis de petites cavités attirant les poissons qui viennent s’y réfugier, avant que les thoniers ne jettent leur filet à la mer pour capturer les thons, albacore ou listao en tête… En plein essor depuis les années 1980, elle est en train de décimer les océans. D’autant que ces dispositifs attirent massivement des poissons encore juvéniles, qui n’ont pas eu le loisir de se reproduire… Le phénomène avait déjà été dénoncé : il y a quelques années, Greenpeace avait fait campagne. Et même Yvon Riva, président d’Orthongel, l’un des principaux armateurs de thoniers tropicaux, le reconnaît : les requins sacrifiés, c’est « un dégât collatéral », estime-t-il. Et les thons trop jeunes, « un gâchis ». S’il affirme dans l’émission que la profession s’est « auto-limitée », il reconnaît qu’il y a « trop de DCP utilisés ».« On diminue la capacité de reproduction de l’espèce, c’est une vérité, elle est scientifique, elle est établie », ajoute-t-il.

Petit Navire : à éviter

Sophie Le Gall, réalisatrice de l’enquête de Cash Investigation, s’est rendue dans le centre stratégique de ce secteur d’activité, aux Seychelles. A Victoria, elle visite l’une des plus importantes conserveries du monde, qui met notamment en boîte le thon obèse et l’albacore, surpêché à plus de 90 % à l’ouest de l’océan Indien. Au commandes : Thai Union, géant de la filière qui détient des marques comme Petit Navire, Mareblu, et John West (les journalistes de « Cash » épinglent au passage le montage financier qui aurait permis au groupe thaïlandais d’acquérir la marque française via le Luxembourg, sans régler au fisc tout ce qu’il aurait dû… Passons).

Pour encourager Petit Navire à changer de fournisseurs, nous pouvons boycotter la marque. Et, pourquoi pas, écrire un petit courrier à son directeur pour lui rappeler qu’en tant que consommateurs et clients, nous pouvons et devons, par nos choix de consommation, pousser les grands groupes à améliorer leur traçabilité, et à nous proposer des produits qui respectent la nature et l’homme (puisqu’ils ne sont pas capables de le faire sans qu’on boycotte leurs produits).

Les poissons à privilégier

Pour le thon en boîte, Greenpeace a effectué son classement : en tête des boîtes de thon les plus responsables, Phare d’Eckmühl, la marque U, Connétable et Monoprix. Et pour les poissons en général, certaines plateformes, comme le programme européen Mr. Goodfish, sensibilisent le public et les professionnels à une consommation plus durable des produits de la mer. Son slogan : « Choisissez les poissons durables et de saison ! ». Sur ce site, on retrouve les espèces à privilégier cet hiver (rendez-vous sur ce lien). Pour une liste plus complète des poissons à complètement éviter, ceux à consommer avec modération et ceux à privilégier, direction le conso-guide de l’organisation mondiale de protection de l’environnement WWF sur ce lien. Tout y est précisé espèce par espèce en termes de biologie, de situation des stocks et de conséquences écologiques. Il y a également Bloom Association qui donne des conseils très pertinents sur le sujet.

 

Nous avons reçu une réponse de Amaury Dutreil, Directeur Général de Petit Navire, suite à la publication de notre article. Vous trouverez ci-dessous son message :

Bonjour,

Nous avons eu connaissance de votre appel à boycott suite à la diffusion de l’émission Cash Investigation cette semaine, et souhaitions apporter un certain nombre de précisions sur ce reportage.

Nous comprenons l’émotion que vous avez pu ressentir à la vue des images diffusées, notamment à bord du bateau de pêche en début de reportage. Elle est légitime. Mais le reportage nous parait montrer les choses de manière parcellaire et biaisée.

Tout d’abord, sachez que Petit Navire ne possède pas de bateau de pêche mais se fournit auprès de sociétés de pêches ; en revanche nous sommes très attentifs à la fois aux techniques utilisées par nos fournisseurs, et à leurs impacts sur la préservation de l’espèce, car une pêche durable est indispensable à la pérennité de notre activité.

Nous ne pouvons mettre en boîte que du thon adulte et celui ci est très majoritairement péché en banc libre et non sous DCP.

Il est vrai que les bateaux qui pêchent du thon Listao (l’espèce la plus pêchée et la plus vendue au monde mais peu présente en France où les consommateurs lui préfèrent l’Albacore) attrapent également du petit Albacore. Une fois pêché, ce poisson n’est pas rejeté à l’eau (c’est parfaitement illégal et cela n’aurait aucun sens) mais il est utilisé pour certains marchés, comme l’Italie par exemple.

Nous pensons qu’il est important de ne pas trop puiser globalement dans la ressource. C’est la raison pour laquelle nous avons recommandé et nous soutenons la mise en place depuis 2017 de quotas dans l’océan Indien qui réduisent de 15% les prises d’Albacore. 

Nous menons de nombreux projets en collaboration avec Greenpeace et le WWF, vous pouvez le vérifier sur leurs sites.

Nous espérons que ces éléments vous aideront à construire votre opinion sur la situation de la pêche dans l’Océan Indien et sur notre position en la matière. 

Je reste bien entendu à votre disposition si vous souhaitez poursuivre le dialogue avec nous ou si vous avez des questions à nous poser.

Bien à vous

Amaury Dutreil
Directeur Général de Petit Navire

Boycott de l’huile de palme : General Mills, les marques à éviter

General Mills fait partie des 12 groupes se fournissant en huile de palme auprès de Wilmar, responsable de la destruction des forêts tropicales et de l’accaparement des terres de communautés locales. Dès lors, General Mills contribue également à la disparition de nombreuses espèces à l’image des Orangs-outangs (il y en a presque plus : 150.000 d’entre eux ont disparu en 6 ans avec notre passion pour l’huile de palme), sans compter l’utilisation de produits hautement toxiques et des conditions de travail dans les plantations, qui y sont souvent déplorables. (si vous préférez l’explication en vidéo, c’est par ici).

En tant que consommateurs, nous avons la possibilité de faire entendre notre désaccord avec General Mills, et d’encourager le groupe à être vigilant sur la traçabilité de son huile de palme. Voilà des années que General Mills nous promet d’être plus attentif, et nous jure que travailler dans le respect de l’environnement et des hommes est l’une de ses priorités ? Boycottons ses produits jusqu’à ce que cela devienne une réalité, et peut-être qu’alors, ses équipes R&D passeront à la vitesse supérieure !
6ème groupe alimentaire mondial avec un portefeuille de plus de 100 marques, dont de nombreuses sont leaders sur leur marché, General Mills est une entreprise américaine mais elle commercialise certains de ses produits en France. Voici donc la liste des marques du groupe à éviter :