Google abuse des data centers avec Stadia ? Dégooglisons Internet !

Nous sommes désormais plus de 3,7 milliards d’internautes dans le monde (soit 51 % de la population)… Alors si vous ne le saviez pas, vous l’imaginiez bien, et un rapport du think tank The Shift Project vient de le confirmer : la consommation d’énergie du numérique augmente. De 9 % chaque année en moyenne. Et côté prévisions, ça ne rigole pas : « le numérique devrait émettre en 2020 autant de CO2 que l’Inde en 2015 », analyse le rapport. Bien sûr, l’étude prend en compte la production ET l’utilisation des technologies numériques. Et la production, on en parlera lors d’un autre boycott (teasing !).
Mais pour ce qui concerne leur utilisation, on ne peut passer à côté de Google… En vingt ans, il est devenu un géant absolu. Qui n’utilise pas le célèbre moteur de recherche ? Qui ne recherche pas une adresse sur Google Maps, qui ne regarde pas des vidéos sur Youtube ? Google est partout, et traite quelques 3,3 milliards de requêtes chaque jour (100 milliards par mois).

Les recherches pèsent sur la planète

Le problème ? Un chercheur de Harvard, M. Wissner-Gross, a calculé que chaque requête sur le moteur de recherche Google produit 7 g de C02 du fait de l’immense quantité d’énergie consommée par ses quelque 500.000 serveurs. Résultat : en France, sur la base de 45,8 millions d’internautes en mai 2017, soit 87 % des Français (chiffres Médiametrie), les émissions de gaz à effet de serre liées à cet usage de recherche représenteraient plus de 450.000 tonnes équivalent CO2… Vous voulez voir combien ça fait depuis le début de l’année en temps réel ? Attention, ça donne le vertige !

Les mails participent au réchauffement climatique

On a du mal à imaginer combien d’énergie consomme l’envoi d’un mail. Mais on a aussi de la chance, parce qu’il existe des chiffres sur tout, maintenant, et notamment grâce à l’excellent documentaire « Internet, la pollution cachée » de France 5 : avec une pièce jointe, un mail, c’est l’équivalent d’une ampoule basse consommation allumée pendant une heure (soit 24 Wh selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, Ademe), sans pièce jointe, c’est cinq fois moins : 5 Wh. Et en 2016, c’est 2 672 milliards d’e-mails (hors spam) qui ont été envoyés dans le monde. Evidemment, ça fait beaucoup. Beaucoup, beaucoup : sachez que la production électrique de 15 centrales nucléaire pendant 1 heure équivaut à l’envoi de seulement 10 milliards de mails.

Les data centers surchauffent l’atmosphère

Reste à stocker toutes les données qui circulent… Les datacenters, fonctionnant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sont des gouffres énergétiques qui doivent être refroidis en permanence. La climatisation, indispensable, représente près de 40 % de leur facture électrique globale. Aux Etats-Unis, 5 % de l’électricité de la Caroline du Nord est utilisée par les principaux centres de Google, Apple et Facebook. Le hic, c’est que cette électricité est principalement issue de centrales thermiques au charbon, et que le charbon produit 50 fois plus de CO2 que les autres énergies fossiles… Alors certes, Google arguera qu’il a ouvert un Data Center écologique en Finlande, et qu’il peut le refroidir naturellement grâce à l’énergie hydraulique et aux températures glaciales qui sévissent dans le pays. Mais ça n’en fait qu’un sur 37. Et s’il a décidé d’opter pour un plan tourné vers l’énergie renouvelable concernant ses serveurs, le géant est moins regardant lorsqu’il s’agit de ses chaînes de production, et a été épinglé par Greenpeace l’an dernier.

Stadia, la plateforme de jeu à la demande qui inquiète

Aujourd’hui même, Le géant du Web a présenté son projet de plate-forme de jeu à la demande, attendue courant 2019 en Europe. On peut redouter l’impact environnemental de cette plate-forme, qui repose sur une infrastructure particulièrement lourde, calcul à distance oblige. « Stadia fonctionne grâce à des data centers, qui sont des gouffres énergétiques immenses », prévient dans Le Monde Thomas Versaveau, ancien d’une entreprise de streaming de jeu vidéo et auteur de la chaîne YouTube Game Spectrum, qui s’est notamment illustré en enquêtant sur l’impact environnemental de l’industrie de la manette.

Les alternatives à Google

Certains s’affolent déjà : comment on fait sans Google ? Hé bien malheureusement, on ne peut pas faire sans Google, on ne va pas vous mentir. A moins de changer drastiquement de mode de vie, ce qu’on ne va pas pouvoir faire d’un coup d’un seul, en ce mercredi matin. Mais on peut déjà changer de moteur de recherche et opter pour une boîte mail plus écologique. Cela, on peut le faire très facilement, on peut le faire dans la journée, et le peu que l’on puisse faire, il faut le faire, comme le disait Théodore Monod.

Moteurs de recherche

Changer de moteur de recherche, on peut le faire très facilement, on peut le faire dans la journée, et le peu que l’on puisse faire, il faut le faire, comme le disait Théodore Monod.

On peut ainsi utiliser Ecosia. Elaboré par une start-up berlinoise, il utilise une partie de ses revenus pour planter des arbres. Explications : comme tous les moteurs de recherche, Ecosia possède des liens publicitaires (EcoAds et EcoLinks) permettant d’obtenir des revenus pour chaque clic ou un pourcentage lors d’un achat sur un site partenaire. 80 % des bénéfices sont utilisés pour le soutien d’actions de reforestation au Pérou, en Indonésie, à Madagascar et au Burkina Faso… Soit l’équivalent de 2.000 euros par jour destinés aux arbres. Et pour neutraliser les émissions de CO2 causées par les recherches de ses utilisateurs, Ecosia fait appel à Myclimate possédant un programme de compensation de carbone.

Autre possibilité : Lilo. Ce moteur de recherche français reverse 50% de ses revenus à des projets sociaux et environnementaux. Le principe est le même que pour Ecosia : à chaque fois que l’on effectue une recherche, on gagne une goutte d’eau. Celle-ci représente l’argent que l’on génère grâce à l’affichage des liens commerciaux. Les gouttes d’eau collectées peuvent ensuite être redistribuées à l’association que l’on souhaite. Et contrairement à Google, Lilo empêche la collecte de nos données personnelles et désactive le tracking publicitaire.

Et puis il y a aussi et surtout Qwant : le navigateur européen Qwant, « 100 % protecteur de votre vie privée » en bannissant cookies et traçages publicitaires, , s’est engagé à s’alimenter exclusivement en énergies renouvelables via la signature d’un partenariat avec le groupe Akuo Energy.

Boîtes mail

Du côté des boîtes mail, il y a la messagerie Lilo, avec laquelle on peut envoyer des pièces jointes jusqu’à 5 Go avec un impact énergétique minime. Elle propose de télécharger la pièce jointe dès sa réception via un lien dédié, limitant son temps de stockage dans les data centers. Autre avantage : elle nous alerte lorsque des pièces jointes inutiles et volumineuses occupent notre espace. Finalement, les serveurs de Lilo utilisent en partie de l’électricité produite à partir d’éoliennes ainsi qu’un système de refroidissement sans climatisation.

Il y a aussi Ecomail, dont 50% des revenus provenant de la vente du service sont utilisés pour la promotion, le développement et la création de projets écologiques. Tout comme Lilo, elle incite les utilisateurs à gérer leurs courriels de façon écologique, en leur rappelant par exemple de les trier pour libérer de l’espace et limiter leur pollution.La boîte mail, qui propose 5 Go d’espace disque et 2 Go d’espace disque Cloud, coûte 12 euros par an, mais analysons que c’est à peine le prix d’un menu au resto. On doit bien ça à la planète.

Il y a finalement la française Newmanity. Elle ne finance pas de projet écologique (dans la version gratuite destinée aux particuliers), mais son mode de fonctionnement est ultra vert : l’électricité qui l’alimente est fournie par Enercoop, dont l’énergie est 100% renouvelable et son data center Evoswitch se targue d’être le premier à avoir une empreinte carbone neutre. Il est basé aux Pays-Bas et est alimenté uniquement par de l’électricité issue d’énergies entièrement renouvelables : éolien, biomasse, solaire et hydraulique. Newmanity indiquait également à LCI en 2016 avoir décidé « de ne pas enregistrer d’informations sur la vie privée des utilisateurs, ce qui fait qu’on consomme beaucoup moins d’énergie sur nos serveurs ». Chez Newmanity, l’accès est gratuit pour 1 Go d’espace de stockage ainsi qu’un cloud. L’espace est certes quinze fois plus réduit que celui de la messagerie de Google, Gmail, mais cela incite les utilisateurs à trier leurs e-mail, et non à stocker des messages inutiles indéfiniment.

Et il y en a encore d’autres, à étudier par ici ! N’hésitez plus…

Et pour tout le reste…

Le premier truc à faire ? Aller voir du côté de Framasoft, qui offre de très belles alternatives aux manips que nous faisons tous les jours sur Google, avec des centaines de logiciels et de contenus culturels libres, classés, testés et présentés dans des fiches synthétiques. Si vous ne supportez plus d’utiliser Doodle ou que Dropbox vous inspire tout le dégoût du monde, vous avez tout intérêt à vous tourner vers cette initiative qui regroupe sur un site dédié une trentaine de services alternatifs. Pour s’informer c’est par ici !

Et il y a encore OpenStreetMaps pour remplacer GoogleMaps !

Alors, prêts à boycotter Google ?

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Vous suivez le Boycott Citoyen ? Vous avez initié des changements dans vos modes de consommation grâce aux alternatives proposées ? N’hésitez pas à soutenir nos actions sur Tipeee !

Moteurs de recherche, boîtes mail, outils… Dégooglisons Internet !

Alors que les Européens ne parviennent toujours pas à se mettre d’accord sur la fiscalité des multinationales du numérique, Google en profite. Le moteur de recherche a poursuivi tranquillement sa stratégie d’optimisation fiscale en 2017, en déplaçant artificiellement 19,9 milliards d’euros de profits vers les Bermudes, un paradis fiscal où il bénéficie d’une fiscalité quasi nulle. Révoltant… Mais comment on fait sans Google ? Hé bien malheureusement, on ne peut pas faire sans Google, on ne va pas vous mentir. A moins de changer drastiquement de mode de vie, ce qu’on ne va pas pouvoir faire d’un coup d’un seul. Mais on peut déjà changer quelques bricoles…

Moteurs de recherche

Changer de moteur de recherche, on peut le faire très facilement, on peut le faire dans la journée, et le peu que l’on puisse faire, il faut le faire, comme le disait Théodore Monod.

On peut ainsi utiliser Ecosia. Elaboré par une start-up berlinoise, il utilise une partie de ses revenus pour planter des arbres. Explications : comme tous les moteurs de recherche, Ecosia possède des liens publicitaires (EcoAds et EcoLinks) permettant d’obtenir des revenus pour chaque clic ou un pourcentage lors d’un achat sur un site partenaire. 80 % des bénéfices sont utilisés pour le soutien d’actions de reforestation au Pérou, en Indonésie, à Madagascar et au Burkina Faso… Soit l’équivalent de 2.000 euros par jour destinés aux arbres. Et pour neutraliser les émissions de CO2 causées par les recherches de ses utilisateurs, Ecosia fait appel à Myclimate possédant un programme de compensation de carbone.

Autre possibilité : Lilo. Ce moteur de recherche français reverse 50% de ses revenus à des projets sociaux et environnementaux. Le principe est le même que pour Ecosia : à chaque fois que l’on effectue une recherche, on gagne une goutte d’eau. Celle-ci représente l’argent que l’on génère grâce à l’affichage des liens commerciaux. Les gouttes d’eau collectées peuvent ensuite être redistribuées à l’association que l’on souhaite. Et contrairement à Google, Lilo empêche la collecte de nos données personnelles et désactive le tracking publicitaire.

Et puis il y a aussi et surtout Qwant : le navigateur européen Qwant, « 100 % protecteur de votre vie privée » en bannissant cookies et traçages publicitaires, , s’est engagé à s’alimenter exclusivement en énergies renouvelables via la signature d’un partenariat avec le groupe Akuo Energy.

Boîtes mail

Du côté des boîtes mail, il y a la messagerie Lilo, avec laquelle on peut envoyer des pièces jointes jusqu’à 5 Go avec un impact énergétique minime. Elle propose de télécharger la pièce jointe dès sa réception via un lien dédié, limitant son temps de stockage dans les data centers. Autre avantage : elle nous alerte lorsque des pièces jointes inutiles et volumineuses occupent notre espace. Finalement, les serveurs de Lilo utilisent en partie de l’électricité produite à partir d’éoliennes ainsi qu’un système de refroidissement sans climatisation.

Il y a aussi Ecomail, dont 50% des revenus provenant de la vente du service sont utilisés pour la promotion, le développement et la création de projets écologiques. Tout comme Lilo, elle incite les utilisateurs à gérer leurs courriels de façon écologique, en leur rappelant par exemple de les trier pour libérer de l’espace et limiter leur pollution.La boîte mail, qui propose 5 Go d’espace disque et 2 Go d’espace disque Cloud, coûte 12 euros par an, mais analysons que c’est à peine le prix d’un menu au resto. On doit bien ça à la planète.

Il y a finalement la française Newmanity. Elle ne finance pas de projet écologique (dans la version gratuite destinée aux particuliers), mais son mode de fonctionnement est ultra vert : l’électricité qui l’alimente est fournie par Enercoop, dont l’énergie est 100% renouvelable et son data center Evoswitch se targue d’être le premier à avoir une empreinte carbone neutre. Il est basé aux Pays-Bas et est alimenté uniquement par de l’électricité issue d’énergies entièrement renouvelables : éolien, biomasse, solaire et hydraulique. Newmanity indiquait également à LCI en 2016 avoir décidé « de ne pas enregistrer d’informations sur la vie privée des utilisateurs, ce qui fait qu’on consomme beaucoup moins d’énergie sur nos serveurs ». Chez Newmanity, l’accès est gratuit pour 1 Go d’espace de stockage ainsi qu’un cloud. L’espace est certes quinze fois plus réduit que celui de la messagerie de Google, Gmail, mais cela incite les utilisateurs à trier leurs e-mail, et non à stocker des messages inutiles indéfiniment.

Et il y en a encore d’autres, à étudier par ici ! N’hésitez plus…

Et pour tout le reste…

Le premier truc à faire ? Aller voir du côté de Framasoft, qui offre de très belles alternatives aux manips que nous faisons tous les jours sur Google, avec des centaines de logiciels et de contenus culturels libres, classés, testés et présentés dans des fiches synthétiques. Si vous ne supportez plus d’utiliser Doodle ou que Dropbox vous inspire tout le dégoût du monde, vous avez tout intérêt à vous tourner vers cette initiative qui regroupe sur un site dédié une trentaine de services alternatifs. Pour s’informer c’est par ici !

Et il y a encore OpenStreetMaps pour remplacer GoogleMaps !

Alors, prêts à boycotter Google ?

Pub en ligne : boycott mode d’emploi

À l’occasion de la journée européenne de protection des données ce lundi 28 janvier 2019, La Quadrature du net et Résistance à l’Agression Publicitaire (RAP) lancent une opération Bloque la pub sur Internet et passe le bloqueur à tes voisin·es. Une opération qui rappelle les effets négatifs de la publicité en ligne et donne les outils pour s’en prémunir… Approuvé et mis en place par Boycott Citoyen !

Internet est devenu un espace prioritaire pour les investissements des publicitaires. En France, pour la première fois en 2016, le marché de la publicité numérique devient le « premier média investi sur l’ensemble de l’année », avec une part de marché de 29,6%, devant la télévision. En 2017, c’est aussi le cas au niveau mondial. Ce jeune « marché » est principalement capté par 2 géants de la publicité numérique, Google et Facebook. Ces deux géants concentrent à eux seuls autour de 50% du marché et bénéficient de la quasi-totalité des nouveaux investissements sur ce marché.

Pourquoi bloquer la publicité en ligne ?

La publicité pollue nos écrans et nos pensées. Pour être affichée, elle ralentit l’affichage des autres contenus et consomme inutilement de l’énergie. Elle surveille toutes nos actions en ligne pour déceler nos faiblesses et nous pousser à surconsommer.

  • La publicité cherche à exploiter nos sentiments et nos instincts pour influencer nos comportements économiques. Par nature, son objectif est de modifier nos pensées et fonctionnements en agissant sur notre esprit.
  • Pour cela, elle pollue notre navigation en attirant notre attention et en nous imposant des messages non-pertinents.
  • Elle modifie la façon dont l’information et la culture sont produites : en plus de la dépendance aux annonceurs, pour attirer le plus de clics, de nombreux journalistes et auteures ont dû adapter leurs créations, pour le pire.
  • Elle modifie aussi notre vision du monde et notre façon de consommer, nous enfermant dans des stéréotypes, créant de faux-besoins et poussant à une surconsommation destructrice tant pour la société que pour l’environnement.
  • Enfin, sur Internet, la publicité est généralement « ciblée », surveillant nos moindres faits et gestes pour sonder notre esprit et nos faiblesses puis nous influencer au bon moment, avec le bon message, encore plus fortement, au mépris de notre vie privée.

À nous d’agir ! Comment participer ?

– Action individuelle/personnelle :

Principal défi pour la journée du 28 janvier, « Défi passe le bloqueur à tes voisin·es ».  Vous bloquez déjà la publicité en ligne sur votre ordinateur ? Sur votre « smartphone » ? Prenez le temps d’équiper tous vos périphériques d’un bloqueur si ce n’est pas le cas et une fois cela fait :  partager l’info et aider vos voisin·es à se débarrasser aussi de la pub en ligne !

– Action atomisée (peut s’ajouter à la première) :

Prendre en photo votre ordinateur ou ordiphone avec une affiche dessus critiquant la pub en ligne et renvoyant vers le site web bloquelapub.net et l’envoyer à contact@bloquelapub.net et la diffuser dans les réseaux sociaux avec l’ajout du mot clé/ tag #bloquelapubnet.

– Action collective (possible aussi individuellement) :

Télécharger les affiches de la mobilisation par ici (différentes variantes selon les goûts et contraintes d’impression, une présentation d’usage par ici) et les reproduire pour recouvrir sans dégradation (scotch facilement retirable) les affichages publicitaires dans les rues et les transports en commun. N’hésitez pas à être créati·ves et à créer vos propres affiches !

 

Allo Apple ? Ne compte plus sur nous avant d’avoir lancé un i-phone durable et réparable (et payé ta juste part d’impôts)

Derrière ses vitrines, ses téléphones et sa communication graphiquement irréprochables, Apple applique une politique fiscale et écologique qui laisse à désirer.

Sa première filiale française, Apple France SARL déclarait, fin septembre 2017, un chiffre d’affaires de 89 millions d’euros pour un impôt de 14,5 millions. La seconde, Apple Retail France EURL, qui compte plus de 2.100 salariés, a déclaré, à la même période, un chiffre d’affaires de 711 millions d’euros et un impôt de 4,6 millions d’euros. Or, les estimations réelles du chiffre d’affaires enregistré par les filiales d’Apple en France se situent, a minima, à 4 milliards d’euros…
Scandaleux ? Peut-être, mais strictement légal…
Le problème, c’est que les GAFA sont des championnes de l’optimisation fiscale. Une entreprise n’est en effet assujettie à l’impôt d’un pays que si elle y détient un « établissement stable ». Pour y échapper, les géants du web transfèrent de manière artificielle leur activité dans des pays où la fiscalité est plus accueillante, comme l’Irlande ou le Luxembourg… Et ne gardent en France que des filiales avec le moins de salariés possible.
Parce que nous exigeons des règles fiscales équitables et transparentes, qui obligent les GAFA à payer leur juste part d’impôts et de taxes, nous, citoyens, avons décidé de boycotter les mastodontes.

Mais si Apple restera tout particulièrement dans notre ligne de mire, c’est parce que l’entreprise cumule injustice fiscale, et désastre environnemental : smartphones, tablettes, ordinateurs, télévisons, appareils électroménagers… En 2016, les humains ont généré près de 44,7 millions de tonnes de déchets électroniques, soit l’équivalent de 4500 tours Eiffel. Ce que ces déchets deviennent ? Rien : 80 % ne font l’objet d’aucune traçabilité, et terminent dans des incinérateurs, ou dans des décharges. Pire : des experts estiment que la masse de ces déchets devrait augmenter de 17 % d’ici à 2021… Une progression plus rapide que n’importe quelle autre ordure ménagère et dont l’impact écologique est désastreux.

Dans ce contexte, l’ensemble des acteurs prenant part au cycle de vie des produits sont concernés, et doivent contribuer à faire évoluer la situation. A commencer par les constructeurs de produits high-tech ! En intégrant des principes d’éco-conception à leurs produits, ils permettraient la simplification du recyclage. Par exemple.

Le font-ils ? Pas tous. Et certainement pas Apple.
Apple qui a annoncé des résultats financiers pour le troisième trimestre de son exercice fiscal 2018 s’élevant à 53,3 milliards de dollars, soit une hausse de 17 % par rapport au troisième trimestre 2017. « Nous sommes ravis d’annoncer qu’Apple a enregistré le meilleur troisième trimestre de son histoire ainsi qu’une croissance à deux chiffres de son chiffre d’affaires pour le quatrième trimestre consécutif », a déclaré Tim Cook, CEO d’Apple.

Il est ravi, donc.

Sait-il que l’extraction de la cinquantaine de métaux présents dans la composition d’un smartphone (deux fois plus que pour un portable d’ancienne génération) génère des exploitations humaines honteuses, et participe à la formation de troubles politiques, comme en République démocratique du Congo, autour de l’exploitation du tantale notamment ? Sait-il que l’extraction et la transformation de ces ressources polluent, produisent des déchets radioactifs et détruisent les paysages, comme le rappelle le reportage d’Arte « Terres rares : le high-tech à quel prix ? » ?

Sait-il que ces matériaux restent difficilement recyclables, du fait qu’ils soient, pour la plupart, sous forme d’alliage ?

Sait-il que sur les 849.450 iPhone vendus par jour (soit 35.393 toutes les heures, ou 590 toutes les minutes), seuls 15 % sont recyclés en fin d’usage, selon une étude réalisée conjointement par l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et l’ONG France Nature Environnement ?

Il le sait probablement.
Mais cela ne le dérange pas au point d’utiliser une infime partie de ses profits pour mettre en pratique des principes d’éco-conception, ou pour mettre en place des circuits simples et efficaces de recyclage en fin de vie.
Apple, bien au contraire, préfère proposer régulièrement de nouvelles versions plus sophistiquées ou des mises à jour incompatibles avec les précédents modèles, privilégiant l’obsolescence esthétique et logicielle. La firme préfère réduire toujours plus la durée d’utilisation de ses téléphones, avec des batteries ne pouvant supporter qu’un nombre limité de cycles de charge (300 à 400 cycles soit deux à trois ans d’utilisation). Et elle préfère rendre toujours plus complexe la réparation, avec des produits quasi indémontables et des pièces de rechange indisponibles, autant de cas d’obsolescence technique.

L’an dernier, Greenpeace épinglait le géant, en pointant du doigt des réparations impossibles, des batteries irremplaçables, et des coûts de réparation exorbitants. En décembre 2017, Halte à l’obsolescence programmée (Hop) lançait un pavé dans la mare du commerce français des smartphones, en déposant une plainte contre Apple.  L’association y accusait la société américaine de brider ses anciens modèles d’iPhone via une mise à jour du système d’exploitation, et ce, au moment même de la sortie de l’iPhone 8, afin de pousser ses clients à acheter le nouveau modèle.

Apple s’est-il saisi de la question ? Absolument pas. Il a préféré réitérer : en novembre dernier, un nouveau scandale a émergé au sujet de la marque à la pomme. Selon HOP, les ordinateurs MacBook Pro et iMac Pro seraient dotés d’une puce T2 capable de bloquer des appareils si ceux-ci ont été réparés par des entreprises non agréées. Selon plusieurs sources, cette puce permettrait en effet de bloquer les réparations n’ayant pas eu recours au logiciel Apple Service Toolkit, utilisé par les réparateurs agréés.

Le résultat ? Alors que notre vieux Nokia 3310 sorti en 2000 a fonctionné pendant des années sans poser de problème, le dernier iPhone 6 demande une attention toute particulière pour dépasser deux ans. Si bien que nous changeons de téléphone portable environ tous les 20 mois, alors qu’en réalité ces produits ont une durée de vie moyenne de 4 ans selon l’UNEP (Programme des Nations Unies pour l’environnement).

Pour obliger Apple à revoir sa copie et à relever le défi face aux enjeux climatiques phénoménaux qui nous attendent, boycottons la marque. Lorsque Apple réalisera que le critère de la durabilité devient important pour ses consommateurs, il finira par agir. Mais attention : il ne s’agit pas de répercuter notre achat sur un autre téléphone portable coûteux pour l’environnement : les alternatives existent, et des entreprises telles que Fairphone ont montré qu’il était possible de fabriquer des téléphones portables responsables : soutenons-les !

Il n’y a pas que Gmail dans la vie ! Messageries écolos mode d’emploi…

On a du mal à imaginer combien d’énergie consomme l’envoi d’un mail. Mais on a aussi de la chance, parce qu’il existe des chiffres sur tout, maintenant, et notamment grâce à l’excellent documentaire « Internet, la pollution cachée » de France 5 : avec une pièce jointe, un mail, c’est l’équivalent d’une ampoule basse consommation allumée pendant une heure (soit 24 Wh selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, Ademe), sans pièce jointe, c’est cinq fois moins : 5 Wh. Et en 2016, c’est 2 672 milliards d’e-mails (hors spam) qui ont été envoyés dans le monde. Evidemment, ça fait beaucoup. Beaucoup, beaucoup : sachez que la production électrique de 15 centrales nucléaire pendant 1 heure équivaut à l’envoi de seulement 10 milliards de mails. Et Google dans tout ça ? On estime à 5,6 milliards le nombre de comptes Gmail… Rien que ça.

Mais… comment on fait sans Google ? Hé bien malheureusement, on ne peut pas faire sans Google, on ne va pas vous mentir. A moins de changer drastiquement de mode de vie, ce qu’on ne va pas pouvoir faire d’un coup d’un seul, en ce mercredi matin. Mais on peut déjà changer opter pour une boîte mail plus écologique. Cela, on peut le faire très facilement, on peut le faire dans la journée, et le peu que l’on puisse faire, il faut le faire, comme le disait Théodore Monod.

Du côté des boîtes mail, il y a la messagerie Lilo, avec laquelle on peut envoyer des pièces jointes jusqu’à 5 Go avec un impact énergétique minime. Elle propose de télécharger la pièce jointe dès sa réception via un lien dédié, limitant son temps de stockage dans les data centers. Autre avantage : elle nous alerte lorsque des pièces jointes inutiles et volumineuses occupent notre espace. Finalement, les serveurs de Lilo utilisent en partie de l’électricité produite à partir d’éoliennes ainsi qu’un système de refroidissement sans climatisation.

Il y a aussi Ecomail, dont 50% des revenus provenant de la vente du service sont utilisés pour la promotion, le développement et la création de projets écologiques. Tout comme Lilo, elle incite les utilisateurs à gérer leurs courriels de façon écologique, en leur rappelant par exemple de les trier pour libérer de l’espace et limiter leur pollution.La boîte mail, qui propose 5 Go d’espace disque et 2 Go d’espace disque Cloud, coûte 12 euros par an, mais analysons que c’est à peine le prix d’un menu au resto. On doit bien ça à la planète.

Il y a finalement la française Newmanity. Elle ne finance pas de projet écologique (dans la version gratuite destinée aux particuliers), mais son mode de fonctionnement est ultra vert : l’électricité qui l’alimente est fournie par Enercoop, dont l’énergie est 100% renouvelable et son data center Evoswitch se targue d’être le premier à avoir une empreinte carbone neutre. Il est basé aux Pays-Bas et est alimenté uniquement par de l’électricité issue d’énergies entièrement renouvelables : éolien, biomasse, solaire et hydraulique. Newmanity indiquait également à LCI en 2016 avoir décidé « de ne pas enregistrer d’informations sur la vie privée des utilisateurs, ce qui fait qu’on consomme beaucoup moins d’énergie sur nos serveurs ». Chez Newmanity, l’accès est gratuit pour 1 Go d’espace de stockage ainsi qu’un cloud. L’espace est certes quinze fois plus réduit que celui de la messagerie de Google, Gmail, mais cela incite les utilisateurs à trier leurs e-mail, et non à stocker des messages inutiles indéfiniment.

Et il y en a encore d’autres, à étudier par ici ! N’hésitez plus…