Vous reprendrez bien une petite tasse de pesticides ?

L’heure du raffiné tea time deviendrait-elle une séance d’empoisonnement collectif ? Adulé par les Anglais, adoré par les Français (deux tiers de la population en consomme), le thé ne laisse malheureusement pas infuser que de douces fragrances de jasmin et d’orange. L’enquête menée par 60 millions de Consommateurs en novembre 2017 a de quoi nous laisser hébété devant notre mug fumant : certaines marques affichent jusqu’à 17 pesticides différents dans un seul sachet. Le thé risque d’avoir un goût… plutôt amer. Les thés les plus populaires sont les premiers touchés, avec en ligne de mire le bon vieux Lipton. Oui oui, celui-là même qui propose des thés glacés archi sucrés pour se « désaltérer » en été. Mais il n’est pas le seul.

Laisser infuser les pesticides

Sur les 26 thés testés (16 noirs, 10 verts) par  l’étude de 60 millions de consommateurs, un seul ne contenait pas de traces de pesticides. Et les thés bio n’étaient pas toujours mieux lotis que les autres. Neuf marques de thé sur 26 affichent des traces à peine quantifiables de pesticides, quatre marques présentent des résultats très insuffisants ils contiennent des traces de pesticides dépassant les limites réglementaires, ou affichent un nombre important de résidus de pesticides. Record : certains thés noirs Dammann Frères comptent jusqu’à 17 traces de pesticides différentes ! Et même si, comme le précise Benjamin Douriez, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, les quantités sont la plupart du temps inférieures aux limites autorisées, on se demande pourquoi il semble si difficile de faire du thé sans pesticide ?

Evidemment, ce n’est pas chez Lipton et les autres grandes marques du thé industriel que nous trouverons une réponse : sur le site de Lipton, on vante un engagement sincère pour l’environnement, des thés bien-être… Une petite infusion de greenwashing saveur vanille. Mais n’ébouillantons pas Lipton plus qu’il ne le faut ; certains thés du très sélect Palais des Thés ne valent pas beaucoup mieux… De fait, pour garder leur saveur, les feuilles de thé ne sont nettoyées ni au cours de leurs récoltes, ni lors de leurs préparations. Or seule une petite quantité de thés provient de plantations jouissant d’un savoir ancestral et de pratiques équitables. La demande en thé ayant bondi ces dernières années, on produit beaucoup et pour éloigner les oiseaux, les maladies et bactéries d’un coup d’un seul… Et on traite avec des produits chimiques qui viennent troubler l’eau de notre moment plaisir.

Pas de quoi tuer un espion russe

Alors, tout en sirotant votre infusion caramel des bois, vous vous direz peut-être qu’il n’y a quand même pas de quoi s’affoler, que c’est n’est pas non plus l’affaire Litvinenko (l’ancien lieutenant- colonel des services de renseignement soviétique passé à l’ouest, empoisonné au polonium 210 distillé dans son british tea). Mais dans ces sachets de thé infusent aussi insidieusement d’autres petits produits dans lesquels une madeleine refuserait de se plonger !

Les analyses menées par 60 Millions de Consommateurs ont ainsi relevé des traces de métaux toxiques tels que l’arsenic et le mercure. De même, le magazine a alerté sur la présence dans certains thés d’alcaloïdes, une molécule toxique et cancérigène que l’on trouve naturellement dans certaines herbes sauvages. « Lors de la récolte, si le thé est mal trié, des mauvaises herbes peuvent rester parmi les feuilles et secréter ces substances alcalogènes qui sont cancérigènes pour l’homme », expliquait ainsi Patricia Chairopoulos, journaliste à 60 Millions de Consommateurs. Et de poursuivre : « Le problème que nous dénonçons, c’est qu’il n’y a pas d’encadrement réglementaire pour ces alcaloïdes, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de valeur limite ». La marque Kusmi Tea s’était déjà faite épinglée en janvier 2017 pour la présence d’alcaloïde dans ses infusions à la camomille, et s’était vue dans l’obligation de retirer ce produit du marché.

Si l’on ajoute à cela le traitement des sachets du thé et le packaging, le thé perd tout à coup une bonne part de son aura de bien-être et de santé. Néanmoins, ses bienfaits sont nombreux… D’ailleurs, du côté des polyphénols, connus pour leurs propriétés antioxydantes, les résultats de l’étude de 60 millions de consommateurs sont satisfaisants. En moyenne, 40% des polyphénols contenus dans les thés noirs se retrouvent dans l’eau après infusion, 50% pour les thés verts. Pour en profiter pleinement, les spécialistes conseillent de varier les plaisirs, et de privilégier le thé en vrac plutôt qu’en sachet.

Voici la liste des thés soumis à l’étude de 60 millions de consommateur (et oui, Lipton sait aussi faire du thé sans pesticide !) :

27 thés avec pesticides à fortes doses et plomb (contenant du fenvalérate au-delà de la valeur limite autorisée (0,05 mg/kg- par la réglementation européenne)
Albert Ménès : Chinese dinner au jasmin, Asamiya Sencha : Thé vert, Auchan : Thé vert de Chine, Camel : Spécial Gunpowder, Cereal : Lucha de Zhejiang, Dayang : Fei Tian véritable Yunnan, Destination saveurs : Spécial Gunpowder, Emami : Spécial Gunpowder, Fauchon : Japon natural leaf, Fine Tonic : Yunnan Tou thé La minceur, Hédiard : Thé vert de Chine, Hong Lien : Thé vert au jasmin, Juvaflorine : Gunpowder, Shii-ta-ké, La tisanière : Thé vert, Le savoir des saveurs (U) : Long Jing, Les jardins de Gaïa : Ying Gou, Mariage Frères : 424 Japon Fuji Yama, Pagès (Neture et Jardin) : Spécial Gunpowder, Taille de guêpe : Tuocha supérieur, Temple du ciel : Spécial Gunpowder, Thés de la pagode : Grand cru, Tian Ran Mei : thé de Chine spécial minceur, Tuocha Distriborg : Tuocha nid, Tuocha Distriborg : Yunnan Tuocha, Twinings of London : Jade, Twinings of London : Yunnan Impérial, Yunnan Tea : Pu Erh T700

6 thés à éviter (contenant du DDT au-delà de la valeur limite autorisée (0,2 mg/kg) par la réglementation française)
Fujian tea : 2066 au jasmin
Jian Fei Cha : Thé vert
Leader Price : Gunpowder
Sun Flower : 1030 au jasmin
Tuocha Distriborg : Chongqing tuo tea
Twinings of London : oriental Jasmine

11 thés un peu limite (contenant des résidus de pesticides mais sans dépasser les limites réglementaires)
Daïgo : sencha
Fauchon : Gunpowder
La route des comptoirs : Sencha Yamato bio
Leader Price : Abeille d’Or Tuocha
Les jardins de Gaïa : Gunpowder bio
Lima : Kukicha bio
Mariages Frères : 2226 Montagne Kong Ming
Palais des thés : Lotus sacré
Qi : Thé vert bio
Salus : Thé vert

16 thés sans reproches (sans résidus de pesticides et à teneur très faible en métaux lourds)
Bjorg : Thé vert bio
Floressance (Vital) : Yunnan
Guayapi : Thé vert bio
La route des comptoirs : bio au jasmin
La vie claire : Jardin Koya bio
Les jardins de Gaïa : Yunnan bio
Lord Nelson (Lidl) : Thé vert
Naturland Artisans du monde : Darjeeling bio
Plantasia : Sérénité bio au jasmin
Romon nature : Thé vert
Tchaé Lipton : au jasmin
Tchaé Lipton : Gunpowder
Tchaé Lipton : Orient
Tetley : Thé ver
Twinings of London : Jade
Vitathera : Thé vert bio.

Quand des Ariégeois portent plainte contre le glyphosate

Vous boycottez déjà Monsanto ? Vous avez bien raison !

L’an dernier, Jean-Claude Terlet, un céréalier de l’Aisne, se décidait à poursuivre Monsanto. Après avoir épandu plus de 700 litres de Roundup sur ses champs en 35 ans, il juge la firme coupable de son cancer de la prostate. En cause, selon lui ? Les 0,25 milligramme de glyphosate par litre qui sont détectés dans ses urines.

Cette année, le collectif Campagne Glyphosate a décidé de passer à la vitesse supérieure sur le sujet. Ce collectif, qui dénonce la fabrication et l’utilisation des pesticides ainsi que les instances européennes et françaises qui les ont autorisés, a décidé d’organiser des analyses d’urines afin de détecter la présence de glyphosate chez des habitants de l’Ariège. Les résultats ? Ils sont effrayants : en moyenne, la concentration en glyphosate est quinze fois supérieure au taux maximal autorisé dans l’eau potable.

Dominique Masset, à l’origine de ce collectif et interviewé sur Europe 1, a pris peur en recevant ses propres résultats. Avec son mode de vie, il se pensait plutôt à l’abri du glyphosate et pourtant. « Mon résultat décoiffe. J’étais à 3,35 nanogrammes par millilitre, c’est-à-dire 33,5 fois la dose autorisée dans l’eau potable. Je suis écolo, je mange bio, je ne fume pas, je suis végétarien, je vis dans une petit ville d’Ariège donc je fais partie de ceux qui se posent des questions », confie-t-il. Il en tire la conclusion que l’on « ne peut pas s’en protéger ». « On en respire, il en pleut. Aujourd’hui, on sait que c’est généralisé, qu’il y en a partout, tout le temps. Que l’on habite à la montagne, en forêt, on en a tous. » 

7 premières plaintes, étayées par des analyses d’urines contaminées par cet herbicide le plus commun, avaient déjà été déposées en juin, visant la « mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteinte à l’environnement ». Le parquet de Foix avait décidé de s’en dessaisir au profit du Pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris (TGI). Aujourd’hui, ce sont 53 nouveaux dossiers que les militants du collectif vont déposer  devant le TGI de Foix, sur la base d’analyses réalisées début octobre. Ils envisagent de déposer ainsi une centaine de dossiers par mois « d’ici la fin de l’année », a indiqué Dominique Masset à un journaliste de l’AFP.

Vous aussi, vous voulez agir ? Rejoignez le mouvement, nous sommes plus de 25.000 à vouloir donner plus de poids à nos décisions de consommateurs, et à nos convictions de citoyens… Chaque jour, Boycott Citoyen ajoute une marque à la liste noire des produits dont nous ne voulons plus, au nom de notre avenir. Pour participer à la magie des réseaux sociaux, c’est par ici !

Paul François vs. Monsanto : retour sur la victoire de David contre Goliath

En août dernier, Dewayne Johnson faisait plier Monsanto : malgré son cancer en phase terminale, cet Américain de 46 ans a attaqué en justice Monsanto. Et il a eu raison. Le géant de l’agrochimie a été condamné à lui verser 289 millions de dollars vendredi 10 août pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide à base de glyphosate.

Mais ce n’est pas la première personnes qui arrive à vaincre Monsanto, dans un combat qui ressemble à David contre Goliath…

Paul François refuse de passer pour une icône, qu’elle soit écologiste ou altermondialiste. Sans étiquette, donc. Il n’en reste pas moins le premier en France à avoir fait condamner Monsanto, le géant américain de l’agrochimie. Gravement intoxiqué par le pesticide pour maïs Lasso, il a été indemnisé par la multinationale, reconnue responsable.

Ce jour-là, une brèche grande comme un épi de maïs transgénique a été ouverte dans la responsabilité des fabricants de pesticides. Paul François a d’ailleurs appelé à la création d’un fonds pour indemniser les victimes de pesticides : « la reconnaissance de la responsabilité de Monsanto dans cette affaire est essentielle : les firmes qui mettent sur le marché ces produits doivent comprendre que dorénavant elles ne pourront plus se défausser de leurs responsabilités vis-à-vis des pouvoirs publics ou l’utilisateur et que des comptes leur seront demandés”, voilà ce que disait, Maria Pelletier, présidente de l’ONG Générations futures. Et elle ajoute : “C’est une étape importante pour toutes les autres victimes des pesticides qui espèrent voir enfin confirmée la responsabilité des firmes dans la survenue des maladies qui les touchent. »

En voilà une bonne nouvelle…
Et comme ce n’est pas comme si nous croulions sous les bonnes nouvelles en ce moment, voici la full story pour ceux qui voudraient un peu plus de détail… en deux parties deux sous-parties s’il vous plaît :

Intro : Paul François est céréalier à Bernac, en Charente. En avril 2004, en vérifiant le nettoyage de la cuve d’un pulvérisateur de pesticides pour le maïs Lasso, il inhale une forte dose de vapeurs toxiques. Pris de malaises, il arrive aux urgences en crachant du sang.

Première partie : la lutte contre la maladie

A/ Les symptômes
Après cinq semaines d’arrêt, Paul François reprend son travail mais souffre d’importants problèmes d’élocution, d’absences, de maux de tête violents. Fin novembre 2004, il s’effondre sur le carrelage de sa maison. D’examen en examen, de coma en coma, une importante défaillance au niveau cérébral est trouvée. Depuis, Paul François souffre de troubles neurologiques. Des lésions sont apparues au niveau de son cerveau et il passe une IRM tous les six mois

B/ L’analyse
Aidé de sa famille et à ses frais, Paul François effectue des recherches sur le Lasso. En mai 2005, le coupable est identifié : il s’agit du monochlorobenzène, solvant répertorié comme hautement toxique et entrant à 50 % dans la composition de l’herbicide.

Deuxième partie : la lutte pour la justice

A/ La lutte pour faire reconnaître son intoxication comme maladie professionnelle
Après un premier refus de la Mutualité Sociale Agricole (MSA), Paul François fait admettre les conséquences de l’intoxication comme maladie professionnelle par le tribunal des affaires sociales. Décision confirmée par la cour d’appel de Bordeaux en 2010, affirmant la responsabilité de l’herbicide Lasso dans les problèmes de santé de l’agriculteur.

B/ La lutte contre Goliath
En février 2007, Paul François attaque Monsanto, convaincu qu’il connaissait les dangers du Lasso bien avant son interdiction en France (en novembre 2007, tiens tiens). Hé oui parce que pour info, le Lasso a été interdit dès 1985 au Canada, et depuis 1992 au Royaume-Uni et en Belgique. En février 2012, le tribunal de grande instance de Lyon reconnaît Monsanto responsable et condamne la firme à « indemniser entièrement » le céréalier charentais. Et voilà donc que la cour d’appel de Lyon lui donne définitivement raison cette semaine. Le verdict est clair : la multinationale est responsable du préjudice subi suite à l’inhalation du pesticide.

Conclusion :
Aujourd’hui, Paul François veut “remettre du vivant dans le sol”. Aidé de son associé, il œuvre à convertir une centaine d’hectares en agriculture bio.

Verbatim essentiel :
« J’ai vécu et évolué avec la chimie. C’était du pain béni et d’un grand confort, avoue-t-il. On utilisait des produits chimiques mais on produisait plus. Et comme tous, j’en étais fier.”

Source : Le Monde

Cible numéro 7 : Monsanto

Si vous ne le saviez pas encore, vous le deviniez sans doute : la quasi totalité des marques appartient en réalité à une dizaine de grands groupes industriels (pour avoir l’image en grand c’est par ici).

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Si vous ne le saviez pas, vous le deviniez sans doute : la quasi totalité de cette dizaine de grands groupes industriels utilise des produits Monsanto (pour avoir la liste détaillée c’est par ici)

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Si vous ne le saviez pas, vous le deviniez sans doute : Monsanto, c’est pire que le plus pire de tous, puisque c’est le géant de l’agro-alimentaire qui a réussi la prouesse de cumuler la commercialisation, au fil des années et sans le moindre scrupule, de mille et un poisons pour le vivant dans sa globalité, comme par exemple :

  • Le PCB, un polluant chimique très dangereux appelé « polluant organique persistant », car il résiste aux dégradations biologiques naturelles et s’accumule dans les tissus vivants, tout au long de la chaîne alimentaire. Il a été prouvé que Monsanto connaissait sa toxicité bien avant d’arrêter de le commercialiser.
  • l’agent orange, qui a intoxiqué quelques 4,5 millions de Vietnamiens et 270 000 vétérans pendant la guerre du Vietnam. Là encore, Monsanto s’est défossé.
  • les OGM
  • Le Round Up, vendu comme un désherbant qui « laisse le sol propre » tout en étant « biodégradable » et « bon pour l’environnement ». Il contient en fait du glyphosate et sa toxicité n’est plus à prouver (pour une piqûre de rappel, voir l’excellent documentaire de Marie-Dominique Robin sur le sujet).
  • Les semences OGM, dont Monsanto a lancé la commercialisation sans autorisation
  • Le Posilac, une hormone de croissance bovine dangereuse pour les vaches

Le Lasso, un herbicide toxique pour les agriculteurs…Tous ces machins atroces qu’on dirait tout droit sorti d’un cerveau maléfique, c’est tout droit sorti du cerveau maléfique de Monsanto, et c’est expliqué partout et notamment . Et systématiquement, Monsanto a refusé d’admettre ses responsabilités : en mettant en place une campagne de dénigrement visant un toxicologue, en interférant auprès des organismes de réglementation, en tentant d’influencer la communauté scientifique… Globalement, en utilisant toutes les techniques possibles et imaginables révélatrices d’une mauvaise foi caractérisée et d’un irrespect profond pour autrui.
Pour ceux qui trouvent que ça fait assez de lecture comme ça merci , il y a aussi cette vidéo qui explique tout très bien en trois minutes.

Bref, lire un article sur Monsanto, ça vous tue un matin, surtout quand on se rappelle qu’il a été racheté par Bayer, un autre groupe tout aussi monstrueux.. Cela fera l’objet d’un autre matin, il ne faut pas exagérer. A présent, vous allez pouvoir vous faire plaisir. Faites-vous le plaisir de regarder à nouveau l’image ci-dessus et d’imprimer sur votre rétine les différents produits qui s’y trouvent, c’est un bon test de mémoire visuelle, une sorte de Mini Memory en plus utile. Et ce soir, quand vous ferez des courses, faites votre marché : “je prendrai pas de riz Uncle Ben’s, ni de Tropicana, ni de soupe Knorr”, ou bien “ni Fanta, ni ketchup Heinz, ni céréales Frosties”, ou alors “pas de Miel Pop’s, ni de Pringles, ni de Coca-Cola dans mon caddie”, il y a le choix, vous faites votre combo comme vous voulez, c’est ça qui est bien. D’autant que cet exercice de mémoire dispose d’un double effet kiss cool : si vous jouez le jeu, de même que tous les lecteurs de cet article, de même que leurs familles respectives, de même que vos collègues de bureau que vous ne manquez pas, matinalement, de harceler avec votre érudition, hé bien cela s’appellera de l’engagement collectif. Et l’engagement collectif, cela fait peur aux groupes tels que Monsanto, qui comptent sur la bienveillance/tolérance/inertie des Etats et la paresse intellectuelle/fatigue/inertie des gens.

Rejoignez le mouvement, nous sommes plus de 25.000 à vouloir donner plus de poids à nos décisions de consommateurs, et à nos convictions de citoyens… Chaque jour, Boycott Citoyen ajoute une marque à la liste noire des produits dont nous ne voulons plus, au nom de notre avenir. Pour participer à la magie des réseaux sociaux, c’est par ici !

L’agent orange : la toute toute première fois de Monsanto

Ah, l’agent orange, quelle idée diabolique… Entre 1961 et 1971, Monsanto produit ce défoliant, aussi appelé herbicide 2,4,5-T, et qui contient des dioxynes. Peut-être a-t-il une idée précise derrière la tête, peut-être pas. Mais il se trouve que c’est cette substance qui sera massivement déversée par l’aviation américaine au-dessus des forêts vietnamiennes pendant la guerre. Massivement. 80 millions de litres, pour être exact. Et le produit est efficace : durant la guerre, Plus de 4,5 millions de Vietnamiens et 270 000 vétérans américains sont directement affectés par les épandages. Pire, les conséquences se font encore sentir aujourd’hui. Près de 40 ans plus tard, ce produit continue à intoxiquer la population, et les malformations de naissance et les cancers sont récurrents. Merci Monsanto.

En plus d’être méchamment diabolique, Monsanto est diaboliquement de mauvaise foi. Dans les années 1970, des vétérans du Vietnam ouvrent une Class Action contre les producteurs de l’agent orange. Monsanto est l’accusé principal d’un procès en réparation pour empoisonnement inculpant 6 entreprises. Normal. En 1987, les sept producteurs de l’agent orange sont condamnés à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains. Normal. Et que fait Monsanto, pendant le procès ? Monsanto ne s’excuse pas, Monsanto ne reconnaît pas. Monsanto présente des études scientifiques démontrant l’absence de lien entre l’exposition à la dioxine et les cancers dont souffrent les vétérans, pour les débouter de leur action. Merci Monsanto. Il sera démontré dans les années 1990 que ces études étaient biaisées. Qu’elles « souffraient d’erreurs de classification entre les personnes exposées et non exposées à la dioxine, et qu’elles avaient été biaisées dans le but d’obtenir l’effet recherché », expliquera le National Research Council... L’affaire sera relatée en 1990 par Greenpeace dans un rapport intitulé Science for Sale.

On vous a détaillé la première action de Monsanto ? Toutes les suivantes se ressemblent. Les scandales judiciaires ponctuent la vie de Monsanto, le modus operandi restant toujours le même. Quelques exemples ?

Ne leur laissons pas le choix sur le glyphosate

Une semaine après la marche pour le climat, tout juste pile poil, l’Assemblée Nationale ne rougit pas de sauter à pieds joints dans le glyphosate : son interdiction ne sera pas inscrite dans la loi.

Pourtant, cet herbicide introduit par Monsanto dans les années 70 est très néfaste pour la biodiversité puisqu’il détruit toutes les plantes présentes dans un champ, qu’il pollue les eaux, et qu’il provoque des anomalies au niveau des spermatozoïdes et une baisse de la fertilité des animaux. Et pour les hommes ? L’Agence internationale pour la recherche sur le cancer (IARC) a publié en mars 2015 un rapport classant le glyphosate comme « cause probable de cancer chez l’homme »

Malheureusement, c’est l’un des herbicides les plus répandus rien qu’en France, on en utilise chaque année plus de 10 000 tonnes, essentiellement dans l’agriculture. On en retrouve même lors de prélèvements d’urine et de lait maternel sur des personnes vivant en ville, et n’ayant eu a priori aucun contact direct avec cette substance.

Apparemment, ce n’est pas un problème pour nos dirigeants… A croire qu’ils n’ont pas d’enfants à protéger, pas de cerveau pour se projeter, pas de conscience pour se responsabiliser.

On les y oblige ? Boycottons les fruits et légumes produits de façon industriels et vendus en grande surface. Dès les 1er octobre, privons les dirigeants et les lobbies de leurs consommateurs, pour les obliger à nous écouter en tant que citoyens.

Rendez-vous sur l’événement Facebook pour vous tenir informés des alternatives, nous sommes déjà plus de 8000 !

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