Rébellion des consommateurs : quittons massivement les banques irresponsables !

Dans le contexte actuel, les banques irresponsables d’un point de vue climatique et social devraient se voir réprimées sévèrement par nos dirigeants. En l’absence d’action de leur part, nous avons le pouvoir, en tant que citoyens consomm’acteurs, de signifier notre désaccord : ensemble, changeons massivement de banque !

Extinction Rebellion a déclaré la Rébellion internationale pour le vivant, et contre les systèmes qui le détruisent : depuis le début de la semaine, des actions pacifiques de blocage sont simultanément organisées dans des dizaines de capitales dans le monde ! En tant que consommateurs et consommatrices, nous pouvons apporter notre contribution et soutenir le mouvement par nos actes d’achat.

Or 33 grandes banques internationales continuent de financer massivement les énergies fossiles : c’est la conclusion du rapport « Banking on climate change 2019 » publié par un collectif d’ONG (Rainforest Action Network, BankTrack, Indigenous Environmental Network, Oil Change International, Sierra Club et Honor the Earth).

Ces banques qui jouent avec notre avenir

Alors que les banques clament leur engagement pour le développement durable, et malgré la signature de l’accord de Paris fin 2015, les grandes banques ont investi quelques 1.700 milliards d’euros dans l’industrie du charbon, du pétrole et du gaz… Une hérésie, quand on sait que les énergies fossiles, responsables de 80 % des émissions de gaz à effet de serre, sont la première cause du changement climatique.

Trois banques américaines (Wells Fargo, Citi et JPMorgan Chase) sont en tête du classement, mais le rapport révèle aussi le rôle prépondérant de grandes banques européennes (HSBC et Barclays), et pointe du doigt des banques françaises :  de 2016 à 2018, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natixis ont investi plus de 125 milliards d’euros dans les énergies fossiles.

Récemment visée par des actions de militants climatiques, Société Générale est aujourd’hui le deuxième financeur mondial de terminaux de gaz naturel liquéfié, à la fois émetteurs de CO2 et responsables d’expropriations massives, notamment au Mozambique.

BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole financent par ailleurs en Guinée l’extension d’une des plus grandes mines de bauxite de la planète, dont l’extraction altère la santé et la sécurité des habitants, détruit l’environnement, réduit la part des terres agricoles des communautés rurales, pollue les rivières et les puits…

Greig Aitken, du réseau international BankTrack, souligne :

Certaines de ces banques avaient pourtant pris des engagements forts, comme par exemple BNP Paribas sur un désengagement vis-à-vis du pétrole de schiste et des sables bitumineux… »

Changer de banque mode d’emploi

Vous souhaitez montrer votre désaccord ? C’est possible, et c’est même très simple : si vous êtes client de BNP Paribas, de la Société Générale, ou du Crédit Agricole, vous pouvez changer de banque en expliquant vos motivations à votre agence dans un petit courrier: vous trouverez tous les argument dont vous avez besoin dans nos articles de boycott concernant BNP Paribas et la Société Générale.

S’il y a peu de banques éthiques, elles ont le mérite d’exister. Les Amis de la Terre ont eu l’excellente idée de créer le site Finance Responsable sur lequel vous trouverez une étude très poussée des 9 plus grandes banques françaises, selon différents critères : environnement, climat, transparence, paradis fiscaux… Autre mine d’information : la Fédération Européenne des Finances et Banques Ethiques et Alternatives (FEBEA), qui rassemble des institutions financières de 15 pays européens avec pour objectif de développer la finance éthique et solidaire en Europe. Finalement, pour étudier le sujet plus en profondeur, n’hésitez pas à télécharger le guide « Climat, comment choisir sa banque ? » des Amis de la Terre.

En France, deux banques se distinguent :

  • La NEF : cette coopérative financière offre des solutions d’épargne et de crédit orientées vers des projets ayant une utilité sociale, écologique et/ou culturelle. D’après les Amis de la Terre et le cabinet de conseil Utopies, la Nef est l’établissement qui émet le moins de gaz à effet de serre par euro investi parmi toutes les banques françaises. Le plus ? Vous choisissez vous-même l’orientation de votre épargne parmi 4 secteurs (agriculture biologique ou bio-dynamique, développement social et solidaire, formation art et culture, écologie et environnement). Enfin, cerise sur le gâteau, vous pouvez faire don de tout ou partie de vos intérêts à une association partenaire de la Nef, incluant entre autre Amnesty International, Colibris ou encore Zero Waste France. La NEF ne propose pas encore de compte courant, et donc vous ne pouvez retirer d’argent sur votre compte avec une carte bancaire, mais c’est la banque qui représente la meilleure solution pour ceux qui ont un peu d’argent de côté et des économies à placer.
  • Le Crédit Coopératif : il dispose d’une offre « L’Essentiel Agir », qui propose d’affecter les sommes déposées sur le compte au financement de projets à plus-value sociale et environnementale. Le Crédit Coopératif vous laisse également la possibilité de choisir le domaine d’action que vous souhaitez soutenir : la planète, une société plus juste (aides aux personnes fragiles ou en situation de précarité), ou entreprendre autrement (coopératives, insertion professionnelle, commerce équitable), ou même ces trois à la fois. De plus, chaque fois que vous utilisez votre CB Agir, le Crédit Coopératif verse un don d’au moins 6 centimes d’euro à une association partenaire de votre choix.

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Vous suivez le Boycott Citoyen ? Vous avez initié des changements dans vos modes de consommation grâce aux alternatives proposées ? N’hésitez pas à soutenir nos actions sur Tipeee !

Occupation du siège de la Société Générale : bravo les jeunes !

Peu avant 9h, environ 140 étudiants et activistes de l’association ANVCOP21 sont entrés au siège de la Société générale, à La Défense. L’entrée s’est faite de façon fulgurante, au moment où les salariés entraient dans la banque pour y travailler.Les étudiants se sont placés bras dessus bras dessous dans le grand hall, devant les tourniquets et ont chanté « On est plus chauds que le climat » et « Et un, et deux, et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité ».

En tant que pourvoyeurs de fonds de l’industrie fossile, les banques ont un rôle clé à jouer dans la transition énergétique. Mais loin de montrer l’exemple, elles ignorent les impératifs climatiques et continuent à financer les énergies fossiles les plus polluantes dans le monde. Charbon, sables bitumineux, gaz de schiste, forages en Arctique et en eaux profondes, Société Générale est la première banque française à financer les énergies sales… Elle soutient notamment le développement du terminal d’exportation de gaz de schiste Rio Grande LNG et du gazoduc Rio Bravo Pipeline au Texas, qui contribueraient à émettre autant que 44 centrales à charbon, et menacent les conditions de vie des communautés locales et des peuples autochtones.

Le 8 septembre dernier, plus de 700 activistes des Amis de la Terre et d’ANV-COP21 avaient déjà nettoyé 40 agences locales de Société Générale, appelant la banque à mettre fin à ses soutiens aux énergies fossiles, et à se retirer du projet Rio Grande LNG. Interpellée par les militants et sollicitée par les médias, Société Générale a publié sur son site internet une réponse présentant ses engagements climat : alors que l’Accord de Paris a pour objectif de limiter le réchauffement bien en-deçà de 2°C et de tendre au maximum vers 1,5°C, Société Générale se réfère pour sa politique climat non pas au scénario « Beyond 2°C », mais au scénario « Sustainable Development » de l’Agence Internationale de l’Énergie qui a vocation à suivre une trajectoire 2°C, insuffisant pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Société Générale se défend en mettant en avant ses financements verts, qui ne peuvent constituer une réponse à l’urgence climatique s’ils ne sont pas accompagnés d’une remise en cause de ses financements noirs. Cette stratégie permet à la banque de soutenir le développement de nouvelles infrastructures qui poussent en amont l’extraction d’énergies fossiles, y compris l’ouverture de nouvelles réserves, et impliquent en aval la construction de nouvelles centrales électriques, alors que toute nouvelle infrastructure électrique carbonée construite après 2017 se situe déjà hors budget carbone.

La mobilisation se poursuivra pour dénoncer les activités destructrices de Société Générale : les Amis de la Terre et ANV-COP21 appellent à mener une « opération nettoyage » massive de l’agence centrale parisienne de Société Générale le 14 décembre, jour de la clôture de la COP24, si celle-ci ne revoit pas d’ici-là sa politique.

Vous aussi, vous souhaitez dire à la Société Générale ce que vous pensez d’elle ? Le modèle de courrier se trouve par ici ! Si nous sommes des centaines de milliers à l’envoyer, la banque finira peut-être par comprendre qu’elle doit agir !

Source : le rapport “Société Générale, plein gaz sur les fossiles” publié par les Amis de la Terre en mars 2018.