Boycott à la surconsommation de Noël épisode 2 : un sapin n’a rien à faire dans un salon

Le compte à rebours a commencé : exit le Black Friday, la prochaine échéance commerciale, c’est Noël. Les calendriers de l’avent sont déjà sortis depuis un moment (parce qu’on les a boycotté, on a eu droit à un atelier créatif d’anthologie), les rues commencent à distiller de la magie de Noël de pacotille, à grands renforts d’éclairages clignotants et de neige artificielle : c’est le signal, le top départ de la plus grande fête annuelle de la surconsommation.

De fait, qui dit Noël dit sapin, guirlandes, déco, liste au papa noël, cadeaux, besoin d’idées cadeaux, galère d’idées cadeaux, rush dans les magasins sans idées cadeaux, achat compulsif de cadeaux n’importe quoi, fermage fort des yeux au moment de composer le code de sa carte bleue, relevé de compte plein de lignes avec, en fin de page, un nombre avec pas assez de chiffres, banquier pas content, joie de Noël en voie de disparition, engloutissage compulsif de chocolat pour faire passer la note, déprime post-engloutissage devant la silhouette irréprochable de la belle-soeur, sourire forcé de la belle-soeur devant son cadeau n’importe quoi, recherche intempestive de magie de Noël perdue, compensation à la Clairette de Die, trou noir.
Evidemment, nous exagérons à peine.

Alors reprenons depuis le début, tranquillement, et tâchons d’éviter l’hécatombe de Noël avant qu’elle ne nous tombe sur le coin du crâne le 26 au matin.

Qui dit Noël dit sapin.

Cas numéro 1 : vous êtes un inconditionnel du sapin

Admettons-le : un sapin, ça n’a rien à faire dans un salon. C’est même une tradition pour le moins bizarre, si l’on y réfléchit un peu. Mais il y a de ces symboles que certains ne sont absolument pas prêts à lâcher, et le sapin de noël en fait partie. Alors avant que ne s’organise une rébellion de la part des organisateurs annuels de concours de beaux sapins, voici quelques conseils destinés à ceux qui ne peuvent envisager les fêtes sans un sapin dans leur salon.
Eliminons d’office les sapins artificiels : déjà parce que vous allez perdre votre concours de beau sapin dans la mesure où c’est moche, et ensuite, accessoirement, parce qu’ils sont tout sauf écolos : souvent fabriqués en Asie à partir de matériaux polluants et gourmands en énergies (PVC, plastique, aluminium…) par une main d’œuvre exploitée au rabais, ils cumulent les aberrations. Pour ceux qui ne se laissent pas émouvoir par la situation des 40 millions de personnes victimes d’esclavage moderne dans le monde, Futura Sciences a fait un super match vrai sapin / faux sapin basé sur des études solides, et en a déduit qu’en ce qui concerne les émissions de CO2, le sapin artificiel ne commence à être intéressant par rapport au sapin naturel qu’au bout de 20 ans. Que ceux qui ont gardé un sapin artificiel plus de 20 ans lèvent le doigt. Et que ceux qui n’ont pas levé le doigt trouvent par ici quelques astuces pour choisir votre sapin de noël à moindres frais pour la planète.

Cas numéro 2 : vous êtes prêts à concevoir que la magie de Noël ne passe pas nécessairement par un sapin dans votre salon
A vrai dire, c’est de loin la solution la plus sage, car il n’y a pas plus bel arbre de Noël qu’un arbre vivant sa vie dans sa forêt, il suffit de le voir pour le savoir. Alors si vous tenez à le déguiser, profitez d’une balade en forêt pour choisir votre sapin méritant, et célébrez-le à votre façon !
Ou alors, rêvons un peu : et si, cette année, on laissait les épicéas vivre tranquillement leur vie d’épicéas qui aiment la neige et le froid et avoir des racines dans une terre mouillée pleine de vers de terre, contrairement à nous autres pauvres humains ?
D’autant que leur laisser la vie sauve, c’est aussi éviter de dépenser une fortune pour un spécimen de 80 centimètres de haut, ne pas jouer à ramasser des épines partout pendant un mois, se passer de voir un petit arbre innocent mourir sous nos yeux, et ne pas participer à un génocide d’épicéas.
Et ce n’est pas tout : en tant que boycotteuses et boycotteurs citoyens, laisser la vie sauve aux petits épicéas permet de commencer à préparer les pouvoirs publics, les grandes surfaces et les lobbies à une nouvelle idée : celle de devoir s’adapter aux enjeux climatiques en réagissant au plus vite, ou de se mettre à dos leurs citoyens qui sont aussi leurs consommateurs. Pour rappel, en cette fin d’année, nous disposons de 6 semaines cruciales pendant lesquelles nous pouvons reprendre le contrôle de notre avenir en envoyant un message fort à nos dirigeants. Or ne pas acheter de sapin de noël, cela ressemble à un début de message fort. Cela ressemble à ne pas piocher dans nos bourses au moment où il est attendu de nous que nous commencions à le faire, à grands renforts de publicités.

Alors gardons les cordons de notre bourse bien liés, et ouvrons grandes les vannes de cette créativité qui se cache, parfois très loin, en nous. Inaugurons en fabriquant nos propres sapins, seul ou en famille ! Car c’est exactement ça, la magie de Noël : passer du bon temps avec ses proches quand on en a, ou avec un petit vin chaud quand on n’en a pas (il faut bien compenser), et se fabriquer un Noël sur-mesure, loin des diktats de la consommation.
Ceux qui manqueraient vraiment d’imagination ou de vin chaud peuvent glaner quelques idées sur le magnifique blog Decocrush. Mais des dizaines d’autres blogs proposent des dizaines d’autres idées, et puis dans votre tête s’en cachent probablement d’autres : les vôtres, et donc les plus originales !

A vos marques, prêts, sapins !

 

 

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Depuis le mois d’octobre 2018, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques néfastes (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.). 
Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir. Le Boycott Citoyen a également organisé 10 jours de résistance contre le plastique qui ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes dans plus 40 villes en France en mai 2019. 
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
Sur la page Facebook du Boycott citoyen, la communauté des boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes échangent leurs idées, astuces et bons plans, donnant du poids au mouvement global… Motivant !

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Vous suivez le Boycott Citoyen ? Vous avez initié des changements dans vos modes de consommation grâce aux alternatives proposées ? N’hésitez pas à soutenir nos actions sur Tipeee !

A la Saint Valentin, misons sur des cadeaux immatériels !

Chaque année, la question se pose pour beaucoup : a-t-on besoin de fêter cette fête pour se prouver qu’on s’aime ? Selon la dernière étude menée par le ministère de l’intérieur, 64% des Français fêtent la Saint-Valentin.

Misons sur l’immatériel !

Leur budget est plutôt important, puisque 72% d’entre eux dépensent entre 50€ et 100€. Mais voilà : alors que les ressources de la planète s’amenuisent, et que de nombreux citoyens se sont lancés dans le défi « Rien de Neuf » organisé par Zero Waste France, changer nos réflexes d’achat devient une priorité. La bonne nouvelle ? Il existe un nombre invraisemblable de cadeaux originaux à offrir à la personne élue dès lors que l’on se penche sur la vaste catégorie des cadeaux immatériels. Parce qu’il vaut mieux dépenser son argent de façon utile, et autant que faire ce peu ne pas encombrer les étagères déjà fort peuplées de nos proches avec des machins qui prendront la poussière, voici une liste de cadeaux immatériels qui devraient faire rougir de plaisir votre aimé.e, en fonction de votre budget :

  • Pour un-e curieux-se : un bocal rempli de petits mots à piocher le matin
  • Pour un-e gourmand-e : une réservation pour deux dans un restaurant qui vaut vraiment le détour : un lieu qui propose un petit menu de quelques plats intégralement pensés et cuisinés avec des produits bios et locaux ; un lieu solidaire qui emploie des personnes éloignées de l’emploi; un lieu qui propose des formules originales…
  • Pour un.e débordé.e : un bon pour un massage ou un soin dans un lieu propice à la détente, ou à domicile (oui c’est possible !)
  • Pour un-e mélomane : une ou deux places pour le concert d’un groupe qu’il vénère, ou un groupe que vous souhaitez lui faire découvrir
  • Pour un.e overbooké.e : un-e babysitter pour une soirée à deux
  • Pour un-e fada de mangas / de romans policiers / d’autobiographies : un abonnement à la médiathèque de son quartier
  • Pour un amateur ou une amatrice de bons vins : un cours d’œnologie
  • Pour un-e artiste : un cours d’essai pour une activité créative (dessin, poterie, travail du bois, cuisine, peinture…)
  • Pour un-e coquette : un bon pour une manucure ou une séance chez un coiffeur utilisant des produits non nocifs pour le cuir chevelu et l’environnement
  • Pour un-e grand.e enfant : une journée dans un parc d’attraction
  • Pour un festif ou une festive : une ou deux places pour un festival
  • Pour les amateurs et amatrices de sensations fortes : une soirée en mode Escape Game, un saut en parachute ou en chute libre, ou mieux, une soirée surprise avec yeux bandés inclus, ou un jeu de piste concocté par vos soins
  • Pour les fans de séries : une clé USB avec votre série préférée dessus
  • Pour les sportifs et sportives : un pass pour tester un cours de yoga, de danse, zumba, waterbike, ou tout autre sport près de chez lui ou elle
  • Pour les amateurs d’arts en tous genres : une entrée pour une expo, une invitation pour un ballet, une place pour aller voir un opéra…
  • Pour un.e romantique : un bon pour un petit dej au lit chaque mois
  • Pour un curieux ou une curieuse : un ticket pour une visite guidée à travers sa propre ville, en mode street art, patrimoine ou autre.
  • Pour quelqu’un de vraiment très spécial : un carnet de 12 bons pour l’année, combinant plusieurs de ces cadeaux, ou d’autres que ceux-là qui vous auront inspirés.

 

C’est à la planète que vous voulez déclarer votre flamme pour la Saint-Valentin ? C’est une bonne idée ! Vous trouverez une proposition d’intervention parmi d’autres ici 😉

 

 

En janvier, boycottons les soldes des grandes enseignes

Il y a eu la frénésie du Black Friday en novembre, la grande foire à la surconsommation de Noël en décembre, et nous voici donc, tout naturellement, en janvier. Soit, dans cette société qui ne peut survivre sans nous, consommateurs effrénés, le mois des soldes.

Dans la mesure où nous, boycotteurs citoyens, avons pris l’excellente résolution (pour notre portefeuille et pour la planète) de ne rien acheter de neuf cette année, ce serait une idée un peu saugrenue d’aller courir les magasins moins d’une semaine après s’est fixé ces objectifs louables. Mais les sirènes de consommation nous harcelant à la radio, à la télé, sur les panneaux publicitaires dans la rue, dans les transports, et jusque dans nos boîtes mail et nos boîtes aux lettres, nous ne jetterons pas la première pierre à ceux qui auraient l’impulsion de céder à la tentation, tentés de faire des économies en ces temps difficiles.
C’est la raison pour laquelle aujourd’hui, nous vous proposons une déconstruction de cette tentation en trois temps, sous le haut patronage de WeDemain qui a publié une excellente tribune sur la question, signée des co-fondateurs de la marque durable Loom.

1. Les grandes marques n’ont pas besoin des soldes
A l’origine, les soldes avaient pour objectif d’écouler les stocks de la collection d’hiver avant l’été, et inversement. Mais depuis ces temps reculés, bien des choses ont changé, puisqu’il n’y a plus deux collections par an, mais jusqu’à une toutes les trois semaines. Par ailleurs, les marques produisent en flux tendu et ont donc de moins en moins d’invendus. Comme le souligne Wikipédia, dans son article sur les soldes : « Certaines marques continuent à communiquer sur l’intérêt de leurs soldes, alors qu’elles ont moins de produits invendus qu’auparavant à écouler à cette période ».  Bref, même si elles prétendent le contraire, les marques n’ont plus vraiment besoin de faire des soldes.

2. Les soldes ne permettent pas de faire des affaires
On nous rabâche que les bonnes affaires se multiplient au moment des soldes ? Mauvaise nouvelle : c’est faux.  On a été tellement habitués à acheter en soldes que tout nous semble trop cher le reste du temps. Mais le graphique à retenir, c’est celui-ci :

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3. Les soldes nuisent aux pratiques respectueuses des petites marques
Pour rentrer dans la guerre des soldes et tirer son épingle du jeu, les marques doivent réduire les prix en faisant baisser les coûts de production, ce qui n’est une bonne idée ni pour les petites mains qui fabriquent sans juste rémunération, ni pour la planète dont les ressources s’essoufflent, ni même pour les consommateurs (WeDemain creuse le sujet ici). Autre option : tricher en gonflant artificiellement les prix pour pouvoir les baisser au moment des soldes, en créant des collections de moins bonne qualité spécialement pour les solder. Ce qui n’est guère mieux, vous en conviendrez.
A l’heure des soldes de janvier, nous vous proposons donc de prendre le temps de la réflexion : lorsque le prix d’un vêtement prend en compte le coût social et écologique de sa fabrication, il est logiquement bien plus cher. Sablage des jeanstannage au chrome… Les procédés de fabrication sont néfastes pour les employé-e-s. La question de l’entretien et de la fin de vie des vêtements se pose aussi. A chaque passage en machine, les vêtements synthétiques libèrent des microparticules de plastique. Qui polluent les écosystèmes et représentent un danger pour les animaux marins. Bref, quand vous achetez un tee-shirt à 5 euros et une doudoune à 20 euros, c’est au détriment de ceux qui les confectionnent, et de la planète qui fournit les ressources nécessaires à leur fabrication.

Pour faire de bonnes affaires en respectant les employé.es et la planète, des solutions existent !

Il existe de nombreuses solutions. La première est de réfléchir à l’utilité de l’achat, bien entendu. Vous avez absolument besoin d’un manteau pour votre petit dernier ? Made in France, achats d’occasion, matières écologiques… En matière de mode responsable, les alternatives se multiplient ces dernières années ! Si les marques éthiques coûtent trop cher pour votre budget, misez sur les friperies solidaires, les boutiques vintage, les plateformes de mode d’occasion, ou encore les trocs de fringues, de plus en plus populaires… Cela vous permettra de tenir votre Défi Rien de Neuf au-delà du mois de janvier !