Agora pour le Climat : portraits de pancartes engagées

Pour vous aider à porter hauts vos messages, le Boycott citoyen a tenu dimanche un atelier fabrication de pancartes pendant l’Agora pour le climat : faisons de 2019 l’année du climat ! sur la place de la République. Super ambiance, plein de nouveaux slogans… On remet ça au prochain rassemblement ! Merci à tous !

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« Nous avons été 2 millions à signer, soyons 2 millions à marcher cette année »

A 34 ans, Benjamin Ball vit à Argenteuil. Salarié d’une entreprise de communication engagée, il est en train de monter un resto-magasin bio, équitable et zéro déchet. Aujourd’hui, il fait appel aux citoyens qui, comme lui, souhaitent un changement de paradigme.

Quel a été votre déclic ?
Je crois que le chemin s’est fait en moi depuis longtemps, comme une évidence : si on veut affronter les défis qui nous attendent, il faut le faire ensemble, fraternellement. J’ai compris, au fil du temps, qu’on ne peut avoir de justice sociale sans justice écologique, et inversement. La prise en compte des enjeux environnementaux offre des gisements d’emplois colossaux, qu’il s’agisse d’agriculture, d’énergie, ou d’entraide intergénérationnelle. Je lutte donc pour une convergence des luttes qui nous permettra de faire basculer un système obsolète.

Quelle est votre implication dans les mouvements citoyens depuis le mois de septembre ?
Mes actions ont pour objectif d’amplifier l’impact des marches pour le climat sur les réseaux sociaux. Je suis persuadé qu’il faut créer davantage de lien entre les ONG et les citoyens pour donner plus de portée au mouvement. J’ai donc participé, à mon niveau, à l’organisation des marches parisiennes, avec une implication dans le mouvement Citoyens pour le Climat. Je fais aussi partie du mouvement Alternatiba d’Argenteuil, et je suis membre de Il est encore Temps sur les réseaux sociaux.

Quel message souhaitez-vous faire passer en vue de la marche de ce week-end ?
L’Affaire du Siècle a eu un grand succès, en récoltant plus de 2 millions de signatures. Signer, c’est bien, mais ça ne suffit pas : pour faire entendre notre voix, et montrer que nous sommes prêts à relever le défi, nous devons marcher, tous ensemble. Aucun gouvernement ne pourrait rester sans rien faire avec 2 millions de citoyens dans les rues, réclamant la fin de l’inaction. Ce week-end, chacun aura sa place : des rassemblements, mais aussi des agoras encourageant les échanges sont prévus dans toute la France : mobilisons-nous, discutons ensemble, échangeons nos opinions, faisons avancer le débat, et créons du sens, ensemble, autour de ce qu’il se passe en ce moment. Le rendez-vous de ce week-end est crucial, ne le ratons pas ! L’Europe et le monde ont les yeux tournés vers la France et ses mouvements de contestation : c’est le moment ou jamais de donner un signal fort, car nous avons là la possibilité d’embarquer avec nous toutes celles et ceux qui veulent changer de modèle… Et nous sommes légion !

Pour trouver une marche près de chez vous, c’est par ici !

Mone Fousseny, boycotteur citoyen: « Au Mali aussi, la jeunesse s’engage pour le climat ! »

Mone Fousseny est né le 14 mai 1993 à Bamako. Agent de santé, il a découvert le Boycott Citoyen grâce aux réseaux sociaux, et nous suit activement depuis l’Afrique, au Mali.

Quel a été votre déclic ?
Ma prise de conscience remonte à loin : mon oncle était cultivateur et m’a enseigné la beauté et la fragilité de la nature. Au fil du temps, avec les pluies diluviennes de plus en plus fréquentes, et les inondations, j’ai vu l’équilibre de la nature se transformer, et c’est tout naturellement que j’ai voulu m’engager, depuis le plus jeune âge, pour la protéger.
49616275_310188779617856_2561972241449353216_nJ’ai réuni mes frères et sœurs pour qu’ils s’impliquent avec moi, et nous avons réuni autour de nous un groupe de jeunes engagés et motivés pour mieux lutter contre le réchauffement climatique.

Sentez-vous l’impact environnemental des gros groupes dans votre quotidien ?
Les dégâts des multinationales sont énormes : le manque de transparence, l’établissement de contrats douteux, la fragilisation des sols, la destruction de la flore et de la faune, le non respect du code minier, la contamination des eaux souterraines par le cyanure, la propagation aux hommes et aux animaux… Au Mali, l’Etat exerce un contrôle vraiment insuffisant sur les pratiques des multinationales, et nous, citoyens, qui pâtissons des conséquences.
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L’agriculture au Mali souffre d’une absence totale de vision à long terme : les Maliens manquent de formations et d’informations. Abandonnés par l’Etat, ils sont coincés dans des modèles intensifs dangereux pour la biodiversité, et ne se rendent même pas compte qu’il est possible de choisir une agriculture respectueuse de la terre et de l’environnement… Les traditions respectueuses de la nature perdurent dans les régions reculées, mais aux abords des grandes villes, l’industrialisation et l’utilisation de produits chimiques détruisent la nature.
49730787_357485914832472_1536329970945622016_nAu niveau local, les nombreux dépotoirs d’ordures menacent directement notre santé. Quoi de plus plus normal, alors, que des jeunes d’un pays en détresse comme le Mali et très vulnérable aux conséquence du réchauffement climatique, s’engagent pour changer la donne ?

Comment avez-vous découvert le Boycott Citoyen ?
Notre engagement vient de ce constat vécu sur le terrain, et de l’inaction de nos gouvernants sur le sujet. J’ai découvert le Boycott Citoyen sur Facebook, et cela m’a fait du bien de voir que des gens qui ne se connaissaient pas se mobilisaient ensemble, échangeaient des astuces, des conseils… Alors j’ai décidé de m’y mettre moi aussi. Avec mon groupe, n
ous avons commencé par le boycott de Coca-Cola ; c’est une boisson très consommée au Mali, mais elle est concurrencée par d’autres boissons nationales, et nous avons beaucoup communiqué avec notre entourage pour que chacun change ses habitudes.
Nous avons entamé des campagnes de sensibilisation. Le Boycott Citoyen nous aide à trouver les bons arguments pour convaincre les riverains de l’urgence d’agir, tous ensemble. Les articles nous montrent que nos actions quotidiennes peuvent être facilement revues, et même changées radicalement, pour enclencher le changement. 49786044_273403939997922_9017910246047219712_nCertes, cette transition comportementale exige des sacrifices, mais nous estimons que chacun d’entre nous doit s’y soumettre volontairement. Notre projet, c’est de mettre en place un Caravane de sensibilisation et d’information pour Mieux éduquer la population aux dangers et conséquences du réchauffement climatique

Quel message avez-vous envie de faire passer ?
J’ai envie de dire aux habitants de la planète Terre, sans distinction de race, de couleur ou de religion, que nous sommes tous concernés et responsables face au réchauffement climatique. L’alarme climatique a sonné, et le temps est venu pour nous de tous prendre conscience qu’il est encore temps d’agir au niveau local, dans nos foyers, nos villages, nos villes… Aujourd’hui, tout de suite, nous nous devons de construire un éveil climatique pour les générations futures. Notre planète souffre et a besoin de nous plus que jamais.
Soyons reconnaissant envers elle, et exigeants envers nous, pour qu’elle puisse respirer. Nous souhaitons nous associer à toute les initiatives à l’échelle planétaire, pour lutter ensemble contre le réchauffement climatique et proposer des actions concrètes, à court, moyen et long terme à nos populations. N’hésitez pas à nous proposer des actions communes sur notre page Facebook « Ensemble pour le Climat Bamako »!

Mélanie, boycotteuse citoyenne : « il ne s’agit pas seulement de boycotter, mais de le faire savoir ! »

Quel a été votre déclic ?
J’ai 45 ans, je travaille en région parisienne en bibliothèque. Depuis plusieurs années, je suis sensible aux problèmes environnementaux et à la notion de gaspillage et de surconsommation. Le film « Demain » et une conférence sur le zéro déchet ont été des déclics importants pour changer petit à petit certaines habitudes de consommation et le fil d’actu de Lilo m’a permis d’en apprendre davantage sur le sujet. Cependant, mon sentiment d’impuissance grandissait au fur et à mesure que je prenais conscience de l’urgence climatique. On se sent découragé et seul, car, certes, le petit colibri fait sa part mais les grosses industries et les gouvernements ne font pas la leur, et ils alimentent même l’incendie ! Mais, après la Marche pour le climat, j’ai découvert différents mouvements comme Nous voulons des coquelicots et Boycott citoyen qui vont plus loin qu’une pétition à signer ou un boycott à suivre. Il y a l’idée d’une action collective, massive, visible et l’espoir qu’elle puisse faire boule de neige et levier.

Quel a été votre premier boycott citoyen ?
J’ai participé à la première journée sans achat mais comme j’avais oublié de recharger mon pass navigo et que je ne voulais pas utiliser ma carte bleue, je suis allée à pied à mon rendez-vous dentaire (ce qui m’a permis au passage de constater que ce n’était pas tellement plus long qu’en prenant le métro !). Je me rends compte que je vois arriver les journées sans achat comme un défi, et, plutôt que des journées ‘sans’ je les considère comme des journées ‘avec’, avec mon pouvoir de ne pas consommer. Ensuite, les premiers boycott proposés m’ont beaucoup plu par la clarté des informations données dans les articles. J’ai ainsi appris plein de choses sur Coca-Cola (que je n’achetais pas pour certaines de ces raisons) et, depuis, j’ai déjà sensibilisé plusieurs personnes sur ce produit avec les chiffres donnés dans l’article. Ces personnes ne vont peut-être pas arrêter d’en consommer complètement mais elles vont diminuer, c’est sûr, parce qu’une fois que l’on sait pourquoi on fait quelque chose, cela n’est pas un effort, une contrainte ou une privation mais juste une évidence.

Quels défis avez-vous tenu ?
Cela faisait un moment que je me disais qu’il fallait changer de fournisseur d’énergie sans passer à l’acte. Grâce au boycott n°2, j’ai enfin sauté le pas et j’ai changé Engie pour un autre fournisseur de gaz « mieux noté » et, tant qu’à faire, j’ai aussi résilié mon contrat EDF pour Enercoop. Et, bien sûr, je vais me faire un grand plaisir d’écrire à Engie et EDF pour leur signifier brièvement les raisons de mon départ. Enfin, même si je ne suis pas à la BNP, j’ai envoyé un courrier à la direction pour dire pourquoi je ne retirerai plus dans leurs distributeurs et que j’inviterai mes proches à en faire de même et à quitter la BNP. J’avais ouvert un compte au Crédit coopératif en juin dernier mais sans quitter ma banque (guère mieux que la BNP) pour plein de « mauvaises raisons », donc j’ai décidé de vraiment tout transférer au Crédit coopératif pour quitter définitivement l’autre et me fendre d’un beau courrier d’adieu. J’ai imprimé des affichettes pour les coller dans des endroits que j’avais déjà repérés. J’ai aussi fait un long mail à de nombreux contacts (même éloignés) pour leur parler des possibilités d’actions collectives comme Boycott citoyen.

Que voudriez-vous dire aux consommateurs qui hésitent ?
Je sens que quelque chose s’est libéré en moi et désormais je pourrais en parler à mon voisin de métro. Ce que j’aime avec Boycott citoyen, c’est qu’il ne s’agit pas seulement de boycotter mais DE LE FAIRE SAVOIR ! En écrivant aux entreprises, en en parlant autour de nous, avec des arguments simples et de poids, et en l’affichant (merci pour les affichettes !), on a moins l’impression d’être dans l’impuissance, tout seul dans son coin, dans une action individuelle, invisible qui semble dérisoire. Quand je vois l’investissement de ces entreprises pour trouver de nouveaux clients (le démarchage téléphonique d’Engie !), je me dis qu’en perdre, cela ne peut que les embêter sérieusement ! Donc, j’ai envie de dire à toutes les personnes qui ont décidé de participer à un ou plusieurs boycotts (ou tous ceux qui le faisaient déjà sans l’appeler « boycott »), surtout, surtout, faites-le savoir, aux entreprises (ou en collant des affichettes), mais aussi à votre coiffeur, ou n’importe qui. Expliquez pourquoi. Cela prend un peu de temps, d’énergie, mais cela en donne en retour (de l’énergie) !

Fabian, boycotteur citoyen : « je suis passé chez Enercoop, et j’ai mis Ecosia sur tous mes ordinateurs »

Fabian a 31 ans. Professeur de trompette et directeur artistique d’une salle de spectacle, il a décidé de donner du sens à ses actes de consommateur après la journée sans achat du 1er octobre.

Quand est-ce que vous avez commencé à vous interroger sur votre pouvoir de consommateur ?
Cela faisait un petit moment déjà que je faisais attention pour la nourriture :  je suis président de l’association des commerçants du centre ville de Tourcoing, alors j’évite les grandes surfaces ! J’achetais donc déjà bio et local avec Label Vie et des commerçants de proximité. Mais c’est à peu près tout. Et puis j’ai entendu parler de la journée sans achat du 1er Octobre, et j’ai commencé par ça. Ensuite, j’ai vu que Boycott Citoyen organisait un nouveau boycott chaque jour, alors j’ai été curieux de lire et de suivre ce que je pouvais.

Sur quels terrains avez-vous effectué des changements de consommation ?
J’étais chez EDF et j’ai eu la visite d’Engie chez moi en septembre. Je les ai trouvé très agressifs dans leur démarche de vente (forcing, misérabilisme), alors je me suis renseigné sur les alternatives et je suis passé chez Enercoop. Pour la maison, mais aussi pour la salle de spectacle l’Audito que je gère. La question des dépenses d’énergie est importante : fenêtres, toiture… Nous avons tout fait isoler l’an dernier. Après le changement de mon fournisseur d’énergie, j’ai continué : j’ai suivi pour Google, j’ai mis Ecosia sur tous mes ordinateurs… Mon dernier geste, ce sont des carafes d’eau avec du charbon actif pour éviter les bouteilles d’eau minérale !

Pensez-vous qu’un contre-poids citoyen soit possible ?
Je ne prétends pas changer grand chose, mais désormais, j’essaye de faire attention. On ne peut plus dire qu’on ne sait pas, maintenant : sur internet, on voit bien les problèmes qu’engendrent les déchets plastique et la pollution… Evidemment, je suis loin d’être encore l’écolo parfait ! Je roule en diesel et je n’ai pas les moyens de changer, par exemple… Mais j’ai diminué les trajets en voiture. On fait du vélo avec mes enfants pour se déplacer, et je vais acheter une trottinette avec ma femme pour nos déplacements au centre ville (travail et courses)… Je pense qu’il y a urgence, et que si chacun s’y met, nous pouvons, collectivement, faire avancer les choses. En tout cas, cela ne coûte pas beaucoup d’essayer !

 

 

Igor, boycotteur citoyen : « je cautionnais, par mes achats, des comportements qui ne collaient pas du tout avec mes valeurs »

Quel a été votre déclic de consom’acteur ?
J’ai découvert le Boycott Citoyen sur Facebook… Et ça a changé bien des choses pour moi. J’ai 38 ans, je vis dans le Val d’Oise, et je suis chauffeur PL. Avant le lancement du boycott, je buvais du coca, je mangeais des Danone… En fait, je pensais que manger des produits de marque était bon pour moi ! Victime du marketing, comme tant d’autres… Et puis j’ai réalisé, en lisant les articles de Boycott Citoyen, que je faisais complètement fausse route. J’ai compris qu’en consommant du Nutella je participais à la déforestation de forêts essentielles à notre survie. J’ai compris qu’en buvant du Coca Cola, je privais d’eau courante des populations qui en ont besoin. J’ai compris que surconsommer, c’est prendre à la terre plus que ce qu’elle peut nous donner. Moi qui passe ma vie à me battre contre l’injustice, je cautionnais, par mes achats, des comportements qui ne collaient pas du tout avec mes valeurs ! Alors j’ai décidé de réagir.
Nous avons le pouvoir entre nos petites mains : si on arrête de consommer certaines marques, on arrête, indirectement, de financer des lobbies qui nous empoisonnent avec des produits irrespectueux pour la nature et notre santé.

Quels changements avez-vous mis en place dans votre quotidien ?
Aujourd’hui, déjà, je ne bois plus de Coca… Je sais que pour certains c’était un défi facile, mais pour moi ça a été très dur, c’était comme une drogue pour moi ! Aussi, suite à l’article sur BNP Paribas, j’ai changé pour une banque plus responsable, et je fais également attention à ma consommation d’eau, d’électricité…  J’ai changé aussi ma façon de manger en privilégiant des produits bio, avec les moyens du bord évidemment, et français de préférence. J’ai recherché et trouvé des producteurs locaux près de chez moi, Dans les semaines à venir, je vais me renseigner pour trouver près de chez moi un commerce éco-responsable où les produits sont vendus en vrac, sans emballage, parce que je ne veux plus de tout ce plastique qui entoure les aliments… Globalement, j’apprends à devenir plus respectueux de la nature et de ma santé. C’est quelque chose de très nouveau pour moi mais cela m’inspire et me fait du bien !

Quel est le message que vous voudriez faire passer pour convaincre d’autres citoyens ?
Je suis d’origine serbe et là-bas, les boissons sont vendues dans des bouteilles en verre consignées, du coup on rend la bouteille et on paye juste le produit… J’aimerais que ce soit pareil en France, mais malheureusement ce n’est pas le cas. Jusque-là, je buvais de l’eau en bouteille, mais maintenant que je sais que 2,19 milliards de bouteilles d’Evian consommées chaque année, et qu’une bonne partie d’entre elles ne sont pas recyclées, j’ai décidé de simplement filtrer l’eau de mon robinet… Puisque nous avons la chance d’avoir de l’eau potable chez nous, n’achetons plus de bouteilles d’eau en plastique ! J’ai envie de dire aux consommateurs qui ne sont pas encore sensibilisés que j’étais comme eux il y a deux mois, et qu’aujourd’hui je comprends que mes choix de consommation ont un impact… Je me sens beaucoup plus en harmonie avec moi-même et avec la nature, alors n’ayez pas peur d’essayer !

Nathalie, boycotteuse citoyenne : « collectivement, en tant que consommateurs et citoyens, nous avons un pouvoir et nous nous devons de l’utiliser ! »

Nathalie a 38 ans. Professeure des écoles dans l’Yonne, elle a relevé le défi de Boycott Citoyen, et en parle autour d’elle pour convertir son entourage.

Quel a été votre déclic en tant que citoyenne ?
Cela fait longtemps que je suis sensibilisée. J’avais 25 ans, je crois, quand j’ai regardé un reportage d’Envoyé Spécial sur Coca-Cola et la manière dont l’entreprise pompe l’eau des pays pauvres. Cela m’a fait un choc, j’ai réalisé que Coca-Cola, ce n’était pas que le soda, mais une quantité effroyable de marques ! J’ai pris conscience du poids que font peser quelques grosses entreprises sur l’environnement, et peu à peu, j’ai commencé à changer mes habitudes. Aujourd’hui, en tant que Professeure des écoles, j’ai à cœur de sensibiliser mes élèves… qui sont en maternelle ! J’aborde les sujets simplement, j’explique les alternatives… Et quand une maman rapporte une bouteille de Coca-Cola à l’école pour une fête, je refuse en expliquant pourquoi !

Comment avez-vous découvert Boycott Citoyen ?
C’est une amie qui m’a fait découvrir le mouvement sur Facebook. J’ai trouvé que cela correspondait bien à mes convictions, et cela me motive de relever les défis proposés. Dans la plupart des cas, je boycotte déjà les marques ciblées… Mais pas toujours : suite à la publication de l’article sur Engie, je me suis fixée comme objectif de changer de fournisseur d’électricité ce mois-ci ! Par ailleurs, les articles m’apportent des informations précieuses. Par exemple, je ne savais pas que Nestlé possédait en partie des marques cosmétiques comme l’Oréal ! Et quand j’ai annoncé à mon conjoint que Les Deux Vaches, marque qu’il affectionne particulièrement, appartenait à Danone, il a eu du mal à me croire ! Outre les compléments d’info que cela me procure, le Boycott Citoyen permet de renvoyer à quelque chose de tangible dans les discussions, de donner des arguments à mes interlocuteurs… De fait, on a parfois l’impression d’être minoritaire, et on peut se sentir isolé dans ses choix de consommation responsable… On se demande parfois à quoi ça sert, de boycotter McDonald’s tout seule dans son coin ! Avec des initiatives comme le Boycott Citoyen, on réalise que ce n’est pas le cas : collectivement, en tant que consommateurs et citoyens, nous avons un pouvoir et nous nous devons de l’utiliser ! C’est rassurant de voir que l’on détient les moyens d’agir, collectivement.

Que voudriez-vous dire aux consommateurs qui hésitent ?
Je suis persuadée que notre bulletin de vote, c’est avant tout notre portefeuille. Cela peut faire peur à certains, de changer leurs habitudes de consommation. J’ai envie de leur dire que ce n’est pas si compliqué. Certes, au début, on ne sait pas où aller, on n’a pas de repères… mais avec Internet, c’est facile de se renseigner, et une fois qu’on a mis un pied dedans, cela devient très naturel ! D’autres personnes pensent qu’ils n’ont pas les moyens de consommer mieux, et là encore, c’est juste une impression. Depuis l’épisode du Rana Plaza, je n’achète plus de vêtement chez H&M et autres enseignes de fast fashion, mais je ne dépense pas plus pour autant : je privilégie les vêtements de deuxième main, en allant sur le Bon Coin, dans des vide-greniers, des bourses aux vêtements, des vide-dressings… Il y a toujours de quoi se faire plaisir !

 

Sarah, boycotteuse citoyenne : « en à peine un mois, ma vie a changé du tout au tout ! »

Bretonne, maman de deux enfants et enceinte de son troisième, Sarah a engagé toute sa famille dans un changement complet de ses habitudes de consommation. Le temps qu’il lui a fallu ? Moins d’un mois, soit depuis la vidéo d’Aurélien Barrau et le lancement du Boycott Citoyen. Portrait d’une boycotteuse heureuse, positive et déterminée.

Quel a été votre déclic en tant que citoyenne ?
La vidéo alarmante d’Aurélien Barrau a été un choc : il fallait que je me bouge à mon niveau pour faire quelque chose ! Et puis je suis tombée sur la page « Boycott Citoyen », en même temps que la page « Il est encore temps » et « Nous voulons des coquelicots ». Je ne suis pas très politique d’ordinaire, mais il semblerait que nous n’ayons plus d’autres choix que d’être engagés et de nous rassembler. Ce qui m’a tout de suite plu avec Boycott Citoyen, c’est que les articles nous permettent de percer à jour les mauvais côtés de certaines marques et d’éveiller les consommateurs à leur pouvoir d’action par le boycott. Alors j’ai décidé de m’y mettre ! Il y a un mois, j’ai décidé de ne plus aller au supermarché du tout et de privilégier au maximum une consommation responsable. J’ai donc commencé à aller acheter mes fruits et légumes chez le producteur bio local (et quel délice, tous ces fruits et légumes !) Et pour le reste je trouve tout a la Biocoop.

Changer votre façon de consommer, cela vous a paru difficile ?
Ayant de faible revenus, j’ai dû modifier ma façon de consommer. Je privilégie les produits de première nécessité. J’achetais déjà beaucoup de produits bios, mais aussi des articles industriels, et notamment des biscuits. Désormais, je n’achète plus de gâteaux pour les enfants mais du pain complet à la coupe que je congèle, avec des gros pots de confitures, des céréales en vrac… De même, j’achète désormais de la farine complète et locale et du sucre en vrac, et nous faisons nos propres gâteaux avec les enfants. Nous achetons des pâtes et du riz en vrac également pour limiter les déchets mais aussi pour le coût qui est moindre… En fait, je crois que je me suis prise au jeu : je suis passé aux serviettes hygiéniques lavables, je prévois les couches lavables pour mon dernier né, je n’utilise plus de coton mais des lingettes microfibres lavables, plus de coton tiges non plus… En à peine un mois, ma vie a changé du tout au tout. Finalement, la transition a été plus simple et bien plus rapide que je le pensais… Et financièrement je m’y retrouve aussi !

Y a-t-il des boycotts citoyens qui vous ont semblé plus difficiles que d’autres ?
Non, pas tant que ça ! Nespresso, je boycottais déjà depuis longtemps, et Coca Cola et les produits laitiers de Danone aussi. Nous avons changé de banque suite à l’article de Boycott Citoyen sur BNP Paribas, et puis je suis passée sur Ecosia et Lilo, et j’alterne entre ces deux moteurs de recherche plus responsables que Google. J’achetais chez H&M, mais maintenant c’est terminé ! On a même réussi à arrêter complètement le McDo, ce qui n’était pas gagné avec nos enfants ! Mais on leur a expliqué que ce n’est pas bon pour leur santé ni pour la planète, et on se fait des burger végétariens et des frites maison pour compenser… C’est tellement meilleur !

Quelles astuces et adresses aimeriez-vous partager avec d’autres boycotteurs ?
La page « Partager c’est sympa » de Vincent Verza m’a donné plein d’idées pour mes recherches perso, mais étant en milieu rural, je n’ai pas eu de mal à trouver des producteurs. Juste a suivre les panneaux ! Le site « Il est encore temps » donne aussi plein d’astuces et de moyens d’actions à mettre en place, des listing d’AMAP etc… Et il y a des Biocoop dans toutes les villes maintenant !

Avez-vous un message à faire passer à d’autres consommateurs ?
J’aimerais leur dire que moi aussi, j’ai longtemps eu peur de modifier mes habitudes de consommation (par exemple j’ai mis très longtemps avant de me décider a ne plus acheter de viande, ni de lait de vache etc.), mais finalement tout est question de motivation. Ce n’est pas si difficile qu’on le pense ! Nous avons tous en nous des ressources cachées et de fortes capacités d’adaptation, la transition peut être facile et rapide ! Tout est question de valeur : quand on sait pourquoi on fait les choses et qu’on a conscience de notre impact positif, alors c’est plus simple et cela se fait même dans la joie !

Paul François vs. Monsanto : retour sur la victoire de David contre Goliath

En août dernier, Dewayne Johnson faisait plier Monsanto : malgré son cancer en phase terminale, cet Américain de 46 ans a attaqué en justice Monsanto. Et il a eu raison. Le géant de l’agrochimie a été condamné à lui verser 289 millions de dollars vendredi 10 août pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide à base de glyphosate.

Mais ce n’est pas la première personnes qui arrive à vaincre Monsanto, dans un combat qui ressemble à David contre Goliath…

Paul François refuse de passer pour une icône, qu’elle soit écologiste ou altermondialiste. Sans étiquette, donc. Il n’en reste pas moins le premier en France à avoir fait condamner Monsanto, le géant américain de l’agrochimie. Gravement intoxiqué par le pesticide pour maïs Lasso, il a été indemnisé par la multinationale, reconnue responsable.

Ce jour-là, une brèche grande comme un épi de maïs transgénique a été ouverte dans la responsabilité des fabricants de pesticides. Paul François a d’ailleurs appelé à la création d’un fonds pour indemniser les victimes de pesticides : « la reconnaissance de la responsabilité de Monsanto dans cette affaire est essentielle : les firmes qui mettent sur le marché ces produits doivent comprendre que dorénavant elles ne pourront plus se défausser de leurs responsabilités vis-à-vis des pouvoirs publics ou l’utilisateur et que des comptes leur seront demandés”, voilà ce que disait, Maria Pelletier, présidente de l’ONG Générations futures. Et elle ajoute : “C’est une étape importante pour toutes les autres victimes des pesticides qui espèrent voir enfin confirmée la responsabilité des firmes dans la survenue des maladies qui les touchent. »

En voilà une bonne nouvelle…
Et comme ce n’est pas comme si nous croulions sous les bonnes nouvelles en ce moment, voici la full story pour ceux qui voudraient un peu plus de détail… en deux parties deux sous-parties s’il vous plaît :

Intro : Paul François est céréalier à Bernac, en Charente. En avril 2004, en vérifiant le nettoyage de la cuve d’un pulvérisateur de pesticides pour le maïs Lasso, il inhale une forte dose de vapeurs toxiques. Pris de malaises, il arrive aux urgences en crachant du sang.

Première partie : la lutte contre la maladie

A/ Les symptômes
Après cinq semaines d’arrêt, Paul François reprend son travail mais souffre d’importants problèmes d’élocution, d’absences, de maux de tête violents. Fin novembre 2004, il s’effondre sur le carrelage de sa maison. D’examen en examen, de coma en coma, une importante défaillance au niveau cérébral est trouvée. Depuis, Paul François souffre de troubles neurologiques. Des lésions sont apparues au niveau de son cerveau et il passe une IRM tous les six mois

B/ L’analyse
Aidé de sa famille et à ses frais, Paul François effectue des recherches sur le Lasso. En mai 2005, le coupable est identifié : il s’agit du monochlorobenzène, solvant répertorié comme hautement toxique et entrant à 50 % dans la composition de l’herbicide.

Deuxième partie : la lutte pour la justice

A/ La lutte pour faire reconnaître son intoxication comme maladie professionnelle
Après un premier refus de la Mutualité Sociale Agricole (MSA), Paul François fait admettre les conséquences de l’intoxication comme maladie professionnelle par le tribunal des affaires sociales. Décision confirmée par la cour d’appel de Bordeaux en 2010, affirmant la responsabilité de l’herbicide Lasso dans les problèmes de santé de l’agriculteur.

B/ La lutte contre Goliath
En février 2007, Paul François attaque Monsanto, convaincu qu’il connaissait les dangers du Lasso bien avant son interdiction en France (en novembre 2007, tiens tiens). Hé oui parce que pour info, le Lasso a été interdit dès 1985 au Canada, et depuis 1992 au Royaume-Uni et en Belgique. En février 2012, le tribunal de grande instance de Lyon reconnaît Monsanto responsable et condamne la firme à « indemniser entièrement » le céréalier charentais. Et voilà donc que la cour d’appel de Lyon lui donne définitivement raison cette semaine. Le verdict est clair : la multinationale est responsable du préjudice subi suite à l’inhalation du pesticide.

Conclusion :
Aujourd’hui, Paul François veut “remettre du vivant dans le sol”. Aidé de son associé, il œuvre à convertir une centaine d’hectares en agriculture bio.

Verbatim essentiel :
« J’ai vécu et évolué avec la chimie. C’était du pain béni et d’un grand confort, avoue-t-il. On utilisait des produits chimiques mais on produisait plus. Et comme tous, j’en étais fier.”

Source : Le Monde

11 minutes et 48 secondes

11 minutes et 48 secondes : c’est le temps qu’il faut à l’exceptionnel astrophysicien Aurélien Barrau pour mettre les points sur les i, le doigt où ça fait mal, et la cerise sur le gâteau.
11 minutes et 48 secondes : c’est le temps qu’il faudrait que chacun d’entre nous prenne pour l’écouter aujourd’hui, et prendre la mesure de ce tournant que l’humanité est en train de prendre, à dessein. Non, ce tournant n’est pas facile à gérer. Oui, c’est le plus gros challenge que le genre humain ait jamais eu à relever. Non, ce n’est pas impossible.

La seule solution que nous ayons face à ce qui nous attend ? Faire comprendre à nos dirigeants qu’ils n’ont pas d’autre choix que de guider le peuple dans ce virage charnière, à moins d’assumer d’être les plus gros lâches que la terre ait jamais porté. Il va donc falloir harceler le politique. Partout. Très sévèrement.
Le 1er octobre, boycottons le système qui nous est proposé, pour montrer au politique qu’on l’attend à ce tournant.
Rendez-vous sur l’événement : https://www.facebook.com/events/726419034373203/

11 minutes et 48 secondes, c’est le 5ème de votre pause dej : casez ce temps dans votre journée, vous ne le regretterez pas ❤